Biographie de Jan Patočka

Publié le par Bégnana Patrice

 

Le philosophe Jan Patočka est né le 1er juin 1907 à Turnov, en Bohème. Son père était un philologue classique. Il fait ses études au Gymnase (lycée) moderne de Prague. Son père lui apprend le grec. Il étudie à l’université Charles, à Prague, la philologie slave, la romanistique et la philosophie.

Grâce à une bourse, il part en France en 1928-1929. Il suit à la Sorbonne les cours de Jacques Brunschvicg (1869-1944). Il écoute Pierre Janet (1859-1947) et entend Édouard Le Roy (1870-1954), disciple et successeur de Bergson (1859-1941) au Collège de France. Il rencontre le futur historien des sciences Alexandre Koyré (1892-1954) qui donne des cours à l’École des Hautes Études. Il assiste aux Conférences de Paris d’Edmund Husserl (1859-1938) l’École des Hautes Études. Elles seront publiées sous le titre de Méditations cartésiennes.

Il revient à Prague. Il passe ses examens d’État et les rigorosa. Il soutient sa thèse de doctorat sur le concept d’évidence.

En 1932-1933, grâce à une bourse de la Fondation Humboldt il part étudier à Berlin et à Fribourg-en-Brisgau. Il participe aux séminaires de Nikolaï Hartmann (1882-1950) et de Martin Heidegger (1889-1976). Il fait la connaissance personnelle d’Edmund Husserl et d’Eugen Fink (1905-1975), alors son assistant. Dans le même temps, il étudie la philosophie antique et la philosophie allemande classique.

En 1937, il soutient à Prague, sa thèse d’habilitation, Le monde naturel comme problème philosophique. Après la fermeture des universités tchèques, en 1939, il enseigne dans différents lycées de Prague jusqu’en 1944.

Après la guerre finie, il revient à la faculté de philosophie de Prague. En 1950, il doit quitter la Faculté. Il est employé de la Bibliothèque Masaryk. En 1954, après la dissolution de la Bibliothèque, il est affecté à l’Institut de recherches pédagogiques du ministère de l’Instruction à Prague. En 1956, il se retrouve à l’Institut pédagogique de l’Académie des sciences. En 1958, il est affecté à l’Institut de philosophie de l’Académie, où il reste jusqu’à l’automne 1965.

À l’automne 1964, il donne une série de conférences à Louvain. Il enseigne un semestre comme enseignant-invité à Mayence en 1964-1965. En 1967-1968, il est enseignant-invité à Cologne.

En 1968, il devient, après avoir fait une demande dès 1945, professeur ordinaire à la Faculté de philosophie de Prague.

En 1971, il est expulsé de l’université.

En 1977, il signe la Charte 77 et devient, avec Jiří Hájek (1913-1993) et Václav Havel (1936-2011), l’un de ses premiers porte-paroles. Il meurt d’une hémorragie cérébrale le 13 mars, à la suite de nombreux interrogatoires subis par la police d’Etat.

 

Œuvres en français.

Le Monde naturel comme problème philosophique, traduit par Jaromír Daněk et Henri Declève, La Haye, Martinus Nijhoff, 1976 ; Essais hérétiques sur la philosophie de l’histoire, traduit par Erika Abrams, Verdier, 1981 ; Platon et l’Europe, traduit par Erika Abrams, Lagrasse, Verdier, 1983 ; La Crise du sens, tome 1, Comte, Masaryk, Husserl, traduit par Erika Abrams, Bruxelles, Ousia, 1985 ; La Crise du sens, tome 2, Comte, Masaryk et l’action, traduit par Erika Abrams, Bruxelles, Ousia, 1986 ; Le Monde naturel et le mouvement de l’existence humaine, édité et traduit par Erika Abrams, Dordrecht, Kluwer Academic Publishers, 1988 ; Qu’est-ce que la phénoménologie ?, édité et traduit par Erika Abrams, J. Millon, 1988 ; L’Écrivain, son « objet », édité et traduit par Erika Abrams, P.O.L, 1990 ; L’Art et le Temps, édité et traduit par Erika Abrams, P.O.L, 1990 ; Liberté et sacrifice. Écrits politiques, édité et traduit par Erika Abrams, J. Millon, 1990 ; L’Idée de l’Europe en Bohême, édité et traduit par Erika Abrams, J. Millon, 1991 ; Papiers phénoménologiques, édité et traduit par Erika Abrams, J. Millon, 1995 ; Conférences de Louvain, sur la contribution de la Bohême à l’idéal de la science moderne, texte établi par Valérie Löwit et Filip Karfík, Bruxelles, Ousia, 2001 ; L’Europe après l’Europe, édité par Erika Abrams, traduit par Erika Abrams et Marc B. de Launay, Lagrasse, Verdier, 2007 ; Aristote, ses devanciers, ses successeurs, traduit par Erika Abrams, Vrin, 2011 ; Éternité et historicité, traduit par Erika Abrams, Verdier, 2011.

 

 

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