Platon, La République - Plan analytique du livre I

Publié le par Bégnana

L’édition utilisée est :

Platon, La République, traduction et présentation par Georges Leroux, Paris, GF Flammarion, 2002, n°653.

Pour les références au texte, je mets entre parenthèses et en gras le nom du personnage qui parle lorsque ce n’est pas Socrate puisqu’il est le narrateur qui rapporte le dialogue.

 

 

 

Plan du livre I : Prologue : les apories des conceptions traditionnelles de la justice et d’une conception sophistique qui la radicalise.

 

Préambule : Céphale ou les conceptions traditionnelles de la justice.

(« J’étais descendu hier au Pirée (…) et il s’en alla aussitôt pour sacrifier les offrandes. » 327a-331d)

1) Socrate et Glaucon, qui sont au Pirée pour une fête religieuse (la fête des Bendities ou de Bendis du nom d’Artémis en Thrace), sont invités chez Céphale par Polémarque, Adimante, Nicératos et d’autres à rester chez Céphale pour la soirée.

(« J’étais descendu (…) c’est ce qui s’impose » 327a-328b)

2) Entretien avec Céphale.

(« Nous prîmes donc la direction de la maison de Polémarque (…) pour sacrifier les offrandes. » 328b-331d)

a) L’arrivée chez Céphale.

(« Nous prîmes (…) quelques sièges étaient disposés là, en cercle. » 328b-c)

b) Céphale serein face à la vieillesse.

(« Aussitôt qu’il m’aperçut (…) [Céphale] qui se révèlera pénible pour eux. 328c-329d)

c) Considérations de Céphale sur la richesse, la crainte de la mort, la justice.

(« Et moi, subjugué par son propos (…) sacrifier des offrandes. » 329d-331d)

a) la richesse.

(« Je pense bien, Céphale (…) [Céphale] – Tu dis vrai dit-il. » 329d-330c.

b) la crainte de la mort et la justice.

(« – Tout à fait, dis-je (…) [Céphale] la richesse n’est pas le moindre pour un homme réfléchi. » 330c-331b)

g) Céphale abandonne dès le début le débat sur la justice qu’initie Socrate.

(« – Tu parles très bien, Céphale, dis-je. (…) des offrandes. » 331b-d)

 

I. Entretien avec Polémarque : critique de la conception poétique de la justice.

(« Dis-nous donc, repris-je (…) comment pourrait-on les exprimer autrement ? » 331d-336a)

1) La justice selon Simonide (de Céos ~556-468) consiste à « rendre à chacun ce qu’on lui doit » (331e).

(« Dis-nous donc, repris-je (…) [Polémarque] – C’est vrai, dit-il. » 331d-332a)

2) Reformulation de la conception de Simonide : la justice consiste pour les amis à « faire du bien à leurs amis, en aucun cas de leur faire du mal » (332a) autrement dit « la justice rend aux amis et aux ennemis respectivement des biens et des maux » (332d).

(« Alors Simonide veut donc dire autre chose (…) [Polémarque] – Il me semble. » 332a-332d)

3) Première critique de la conception poétique de la justice. Recherche du domaine de la justice.

(« Or, qui est le plus en mesure de faire du bien à ses amis (…) [Polémarque] mais je ne sais plus, moi, ce que je disais. » 332d-334b)

 

a) La guerre n’est pas le seul domaine de la justice.

(« Or, qui est le plus (…) [Polémarque] – Elle est utile. » 332d-333a)

b) Les contrats ne sont pas le seul domaine de la justice. Sinon elle n’est utile que pour les choses inutiles.

(« – Et l’agriculture également (…) si elle ne présente d’utilité que pour les choses inutiles. » 333a-e)

4) Deuxième critique de la conception poétique de la justice : La conception de Simonide et d’Homère implique de valoriser le mal : l’homme juste est tout aussi capable d’être le plus injuste.

(« (…) Mais examinons la situation suivante. (…) [Polémarque] mais je ne sais plus, moi, ce que je disais. » 333e-334b)

5) Troisième critique de la conception poétique de la justice : qui sont les amis ?

(« [Polémarque] (…) Pourtant, la justice m’apparaît toujours, à moi (…) comment pourrait-on les exprimer autrement ? » 334b-336a)

a) Les amis apparents.

(« [Polémarque] Pourtant, (…) [Polémarque] Voilà bien, dit-il comment les choses se passent. » 334b-e)

b) Les amis réels. L’homme juste ne peut faire de mal à qui que ce soit.

(« [Polémarque] (…) Mais modifions l’argument (…) les exprimer autrement ? »334e-336a)

 

II. Entretien avec Thrasymaque. Critique d’une conception sophistique de la justice entendue comme l’« intérêt du plus fort » (338c) qui dévoile le fond des conceptions traditionnelles et position du problème général : faut-il vivre selon la justice ou selon l’injustice ?

(« Or Thrasymaque s’était élancé à plusieurs reprises (…) si celui qui la possède est malheureux ou heureux. » 336b-354c)

1) Préambule : la colère de Thrasymaque. Socrate ironiste.

(« Or Thrasymaque (…) tu vas bien parler. » 336b-338c)

a) Portrait préalable de Thrasymaque.

(« Or Thrasymaque (…) s’écria : » 336b)

b) Thrasymaque demande à Socrate de répondre en excluant certaines réponses et de ne pas se contenter d’interroger les autres. Socrate répond qu’ignorant, il préférerait savoir sur la question si importante de la justice.

(« [Thrasymaque] Qu’est-ce donc, dit-il, que ce bavardage (…) bien plus en tous cas que de la dureté. » 336b-337a)

c) Thrasymaque dénonce la célèbre ironie de Socrate. Celui-ci dénonce l’exclusion de certaines réponses parmi lesquelles se trouve peut-être la bonne réponse.

(« [Thrasymaque] Ô Héraklès, voilà bien la fameuse ironie dont Socrate a l’habitude (…) de me trouver de cet avis. » 337a-c)

d) Thrasymaque se fait prier pour parler.

(« [Thrasymaque] Mais alors, dit-il, si je vous montre (…) tu vas bien parler. » 337c-338c)

2) La définition de Thrasymaque « le juste n’est rien d’autre que l’intérêt du plus fort » (338c). Poussé par Socrate, Thrasymaque précise son sens : dans toutes les cités – tyrannie, démocratie ou aristocratie – le juste est défini par les gouvernants. Il consiste donc à obéir aux lois.

(« [Thrasymaque] – Prête donc l’oreille, dit-il. (…) [Thrasymaque] l’intérêt du plus fort. » 338c-339a)

3) Première réfutation de la définition de Thrasymaque. Les forts se trompent parfois. Conséquence : être juste étant obéir aux lois, les gouvernés sont justes en ne réalisant pas l’intérêt du plus fort, c’est-à-dire des gouvernants. D’autres intervenants discutent le dialogue entre Socrate et Thrasymaque.

(«  – Maintenant, dis-je, j’ai compris ce que tu veux dire (…) eh bien, nous l’admettons. » 339a-340c)

a) La réfutation. En ce trompant dans ce qu’ils ordonnent, les forts n’agissent pas dans leur intérêt. Donc la justice n’est pas nécessairement l’intérêt du plus fort.

(«  – Maintenant, dis-je, j’ai compris (…) imposé aux plus faibles. » 339a-e)

b) Socrate reçoit l’approbation de Polémarque tandis que Clitophon tente d’interpréter de façon relativiste à la manière de Protagoras (~485-423 av. J.-C.) la thèse de Thrasymaque.

(« [Polémarque] – Oui, par Zeus, Socrate (…) eh bien, nous l’admettons. » 339e-340c)

4) Reprise de la discussion avec Thrasymaque qui refuse la réinterprétation de Clitophon. Le plus fort ne se trompe pas selon Thrasymaque car sinon il ne serait pas le plus fort. La définition de la justice comme « intérêt du plus fort » est maintenue.

(« Mais dis-moi, Thrasymaque (…) avec ce genre de choses, dis-je. » 340c-341c)

5) Deuxième réfutation de la définition de la justice comme « intérêt du plus fort » par l’analyse de l’art (technè) et de son intérêt : il est celui du faible, c’est-à-dire de celui pour qui il s’exerce.

(« (…) Dis-moi plutôt : le médecin (…) notre définition du juste s’était muée en position contraire. » 341c-343a)

a) Socrate montre par induction à partir de la médecine, du pilotage nautique, de l’art hippique, que chaque art n’examine que ce qui est l’intérêt de son objet.

(« (…) Dis-moi plutôt : le médecin (…) non sans avoir tenté de s’y opposer. » 341c-342d)

b) Socrate montre par induction à partir de la médecine et du pilotage nautique qu’aucun homme n’exerce une fonction d’autorité pour lui.

(« (…) Lorsqu’il eut concédé (…) notre définition du juste s’était muée en position contraire. » 342d-343a)

6) Le discours de Thrasymaque. L’injustice apporte le bonheur. Ce qui confirme la définition du juste comme « intérêt du plus fort ».

(« (…) Thrasymaque, au lieu de répondre, demanda (…) [Thrasymaque] l’injuste constitue pour soi-même avantage et profit. » 343a-344c)

7) La question de « la règle de l’existence entière ». Reprise du dialogue.

(« Après ces paroles, Thrasymaque avait dans l’idée de s’en aller (…) Par Zeus, dis-je, n’en fais rien ! » 344c-345b)

8) Nouvelle réfutation de Thrasymaque. Distinction entre les arts et le salaire. Le gouvernant mérite un salaire ou s’il refuse de gouverner, il doit être puni.

(« (…) Tiens-toi plutôt d’abord aux choses que tu as dites (…) prévoir une punition s’ils le refusent. » 345b-347a)

a) Socrate reprend l’exemple du berger pour montrer que son art consiste à prendre soin des moutons tout comme les gouvernants prennent soin des gouvernés.

(« (…) Tiens-toi plutôt (…) ou dans la sphère privée. » 345b-e)

b) Socrate distingue les arts de l’art de gagner un salaire qui vient récompenser ceux qui prennent soin des autres.

(« (…) Mais toi, penses-tu que ceux qui gouvernent dans les cités (…) [Thrasymaque] – Je crois bien » 345e-346e)

c) Socrate en conclut que nul ne gouverne de son plein gré. Il faut donc donner un salaire à ceux qui gouvernent ou leur infliger une punition s’ils refusent.

(« – Dès lors, Thrasymaque, une chose est évidente (…) s’ils le refusent. » 346e-347a)

 

9) Intervention de Glaucon.

(« (Glaucon) – Que veux-tu dire par là, Socrate ? (…) (Glaucon) – Celle-ci, la dernière. » 347a-348b)

a) Socrate explique à Glaucon qui intervient étonné quelle punition revient à ceux qui, compétents, refusent de gouverner.

(« (Glaucon) – Que veux-tu dire par là, Socrate ? (…) nous pourrons en poursuivre l’examen à une autre occasion. » 347a-347e)

b) Socrate précise à Glaucon comment la question du juste et de l’injuste doit être préalablement résolue par le dialogue et non par la dispute sophistique ou rhétorique.

(« (…) De beaucoup plus important (…) (Glaucon) – Celle-ci, la dernière. » 347e-348b)

10) Thrasymaque range l’injustice avec la sagesse et la prudence. Il va à l’encontre des opinions communes selon laquelle la justice est une vertu et l’injustice est un vice. Pour Thrasymaque la justice est « l’ingénuité d’une bonne nature » et l’injustice est « un discernement judicieux » (348d).

(« Eh bien, allons-y, Thrasymaque (…) – Peu m’importe en effet, dis-je. » 348b-349b)

11) Réfutation de l’équivalence injustice, bonté, sagesse.

(« (…) Mais essaie de ton côté de répondre (…) l’injustice vice et ignorance, je repris : » 349b-350d)

a) Socrate établit que l’homme juste ne cherche pas à l’emporter sur le juste mais seulement sur l’injuste alors que l’injuste cherche à l’emporter sur le juste et l’injuste.

(« Mais essaie de ton côté (…) [Thrasymaque] – Tu le formules superbement, dit-il. » 349b-d)

b) Socrate établit que l’homme sage et bon ne cherche pas à l’emporter sur son semblable.

(« Or, l’injuste, dis-je, est sage et bon (…) [Thrasymaque] – Il semble. » 349d-350b)

c) Conclusion : l’homme injuste n’est ni sage ni bon. C’est l’homme juste qui l’est.

(« Or justement Thrasymaque (…) je repris : » 350b-350d)

12) Digression : Thrasymaque veut discourir. Socrate va continuer à l’interroger. Thrasymaque refuse de répondre autrement que par politesse.

(« Entendu, ce point est établi pour nous (…) [Thrasymaque] – Eh bien, interroge. » 350d-e)

13) Réfutation de l’idée que l’injustice est une puissance. Argument : dans les groupes, l’injustice produit l’impuissance due aux dissensions. Même les criminels respectent la justice entre eux. Il en va de même pour les individus.

(« Je te poserai donc la même question que tout à l’heure (…) la perspective que tu as posée au point de départ. » 350e-352d)

14) Les justes sont plus heureux. Analyse de la fonction propre de l’âme. Son excellence ou vertu (arètè) est la justice.

(« Il faut maintenant si les justes vivent une existence mineure (…) [Thrasymaque] – Que cela soit pour toi, Socrate, ton festin des Bendidies. » 352d-354a)

15) Conclusion : limite de la réfutation de Thrasymaque. La justice reste inconnue.

(« C’est grâce à toi, Thrasymaque (…) heureux. » 354a-c)

 

 

Publié dans Oeuvres

Commenter cet article