Platon - Biographie

Publié le par Bégnana

Platon avant Socrate.

Platon est né dans une grande famille athénienne entre 428 et 426 av. J.-C. Il s’appelait Aristoclès. Platon est un surnom ; “platos” signifie “largeur” en grec. Est-ce la largeur de son front ou de ses épaules ?

Platon a reçu une éducation soignée, celle de tous les jeunes athéniens nobles. Il a appris à lire et à écrire avec les grands poètes comme Homère (ix° av. J.-C.) et Hésiode (viii° av. J.-C.). Il a appris également la musique au sens large et la gymnastique.

Fut-il le disciple de Cratyle (v° av. J.-C.), lui-même élève d’Héraclite dit l’Obscur (~541-~480 av. J.-C.), comme Aristote son élève l’a soutenu ? C’est possible.

Toujours est-il qu’il se destine à la politique et au théâtre, deux activités qui ne s’opposaient nullement comme l’a montré Sophocle (496-406 av. J.-C.).

Comme tout jeune athénien il a dû faire son éphébie, c’est-à-dire son service militaire.

 

Platon avec Socrate.

On place sa rencontre avec Socrate (~469-399 av. J.-C.) vers sa vingtième année, soit entre 408 et 406. Une tradition veut qu’il ait alors brûlé alors toutes les tragédies qu’il avait écrites.

Un passage de l’Apologie de Socrate peut être considéré comme autobiographique. Platon y fait dire à Socrate qu’il est imité par de jeune gens riches dans son interrogation des prétendus sages.

« … beaucoup de jeunes gens, qui ont du loisir, et qui appartiennent à de riches familles, s’attachent à moi, et prennent un grand plaisir à voir de quelle manière j’éprouve les hommes ; eux-mêmes ensuite tâchent de m’imiter, et se mettent à éprouver ceux qu’ils rencontrent ; et je ne doute pas qu’ils ne trouvent une abondante moisson ; car il ne manque pas de gens qui croient tout savoir, quoiqu’ils ne sachent rien, ou très-peu de chose. Tous ceux qu’ils convainquent ainsi d’ignorance s’en prennent à moi, et non pas à eux, et vont disant qu’il y a un certain Socrate, qui est une vraie peste pour les jeunes gens… » Platon, Apologie de Socrate, 23c-d.

Il assiste au procès de son maître en 399 avant J.-C. L’acte d’accusation est ainsi libellé :

« Socrate est coupable en ce qu’il corrompt les jeunes gens, ne reconnaît pas la religion de la cité et met à la place des extravagances démoniques » Platon, Apologie de Socrate, 24b-c, traduction Cousin modifiée.

Ou bien Socrate si on en croit son autre disciple Xénophon (430-355 av. J.-C.), il était

« accusé par ses adversaires de ne pas reconnaître les mêmes dieux que l’État, d’introduire des divinités nouvelles et de corrompre la jeunesse » Xénophon, Apologie de Socrate, 10, traduction Chambry.

Platon est prêt à participer au paiement de l’amende (cf. Apologie de Socrate, 34a). Mais Socrate est condamné à mort et boit la ciguë quelques temps après. Platon est absent au moment de la mort du maître car il est malade (cf. Phédon, 59 b).

Platon après Socrate.

Il s’exile par crainte d’être également accusé comme élève de Socrate dans la ville voisine d’Athènes, Mégare, vraisemblablement dans l’école du philosophe Euclide de Mégare (~450-~380 av. J.-C.). Peut-être est-il rentré à Athènes au bout de trois ans.

Ensuite, il voyage. Peut-être est-il allé en Égypte. Le voyage en grande Grèce, c’est-à-dire dans le sud de l’actuelle Italie pour rendre visite au tyran de Tarente, le pythagoricien Archytas (~435-347 av. J.-C.), est plus sûr.

En 388, il tente de convertir à la philosophie le tyran de Syracuse, Denys 1er l’Ancien (431-367 av. J.-C.) mais sans succès. Il devient ami de Dion (408-354), le beau-frère du tyran. Sur le chemin du retour à Égine alors en guerre avec Athènes, il aurait été vendu comme esclave, puis racheté par un de ses amis nommé Annicéris.

Vers 387, il achète un domaine doté d’un gymnase et d’un parc situé près du héros Académos à Athènes. Il en fait une école ou plutôt une sorte d’université que l’on nomme l’Académie. On y trouve des salles de cours, des logements pour les étudiants qui affluent de la Grèce entière, une bibliothèque. Elle fermera une première fois en 86 av. J.-C. lorsque Sulla pillera Athènes. Elle rouvrira et connaîtra un dernier éclat avec le néoplatonisme. Sa fermeture définitive aura lieu en 529 après J.-C. lorsque l’empereur Justinien (483-565) interdira aux non chrétiens l’enseignement de la philosophie. Cette très longue durée explique en partie la remarquable conservation des œuvres de Platon.

En 367 à la demande de son ami Dion pour former le successeur de Denys l’ancien, son fils, Denys II le Jeune (397-342 av. J.-C.), il retourne en Sicile. Disciple peu enclin à suivre les prescriptions pratiques de la philosophie platonicienne, Denys le Jeune exile bientôt Dion et relâche Platon qui était devenu prisonnier.

Il revient une troisième fois en 361 pour aider Dion qui avait été exilé. Ses relations avec Denys le Jeune se tendent rapidement. Il faut l’intervention d’Archytas de Tarente pour qu’il soit libéré. À cette occasion, il se serait procuré les manuscrits du pythagoricien Philolaos pour une forte somme.

Si la Lettre VII qui nous a été conservé sous son nom est authentique, ces différentes tentatives ne sont pas étrangères à sa philosophie, bien au contraire. Platon a voulu ne pas se contenter de discours. Il lui fallait aussi montrer que la philosophie pouvait avoir des effets réels.

De retour à Athènes, il continue son enseignement jusqu’à sa mort vers 347 av. J.-C.

 

Ses œuvres.

Il est assez difficile de classer chronologiquement les œuvres de Platon. Toutefois, on peut proposer un classement en gros en utilisant comme critère ce qu’on pense être l’enseignement de Socrate à partir de l’Apologie de Socrate de Platon lui-même. En effet, celui-ci y déclare ne rien savoir si ce n’est qu’il ne croit pas savoir ce qu’il ne sait pas. Dès lors, les dialogues aporétiques, c’est-à-dire qui ne donnent pas de solution au problème posé ont des chances d’être premiers.

À ce critère, il faut ajouter les indications que nous pouvons avoir et qui sont sûrs concernant la composition des dialogues lorsqu’il y a des indications aux événements qui donnent une date en deçà de laquelle le texte n’a pu être écrit.

Enfin, Platon a introduit progressivement la notion d’Idées ou de Formes qui sont étrangères à nombre de dialogues. Ce critère permet de regrouper les dialogues où il élabore sa doctrine.

D’où l’ordre suivant (les titres sont suivis du thème qui a été ajouté après la mort de Platon) :

Les dialogues socratiques : Apologie de Socrate, Criton sur le devoir, Premier Alcibiade sur la nature de l’homme, Hippias mineur sur le mensonge, Hippias majeur sur le beau, Euthyphron sur la piété, Lachès sur le courage, Charmide sur la sagesse, Lysis sur l’amitié, Ion sur l’Iliade, Protagoras sur les sophistes, Euthydème sur l’éristique, Ménexène sur l’oraison funèbre.

Les dialogues intermédiaires :

Gorgias sur le rhétorique, Ménon sur la vertu, Le Banquet sur l’amour.

Les dialogues comprenant explicitement la théorie des Idées ou des Formes qui appartient en propre à Platon et qui lui sert à résoudre des problèmes :

Cratyle sur la justesse des noms, Phédon sur l’âme, La République sur la justice, Phèdre sur la beauté.

Les dialogues de la maturité :

Théétète sur la science, Parménide sur les idées, Le politique sur la royauté, Le sophiste sur l’être, Timée sur la nature, Critias sur l’Atlantide (inachevé), Le Philèbe sur le plaisir,.

Le dernier ouvrage :

Les lois sur la législation.

Dialogues douteux ou considérés comme inauthentiques :

Second Alcibiade sur la prière, Épinomis.

Hipparque sur l’homme avide de gagner, Du Juste, De la Vertu, Démodocos sur la délibération, Sisyphe sur la délibération, Eryxias sur la richesse, Axiochos sur la mort, Les Rivaux sur l’amour du savoir, Théagès sur le savoir, Minos sur la loi, Clitophon, Définitions.

Treize Lettres nous ont été conservées. Peut-être sont-elles toutes inauthentiques. La Lettre VII donne des indications qui méritent le détour.

 

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