Bergson - Biographie

Publié le par Bégnana

   

Henri Bergson est né le 18 octobre 1859 à Paris. Son père était un musicien et compositeur juif polonais exilé et sa mère une juive anglaise qui ne lui parla qu’en anglais. Il fut élevé dans la tradition juive. Après un séjour en Angleterre, il revient en France vers neuf ans où il fit ses études. À partir de 1868, il est élève au lycée Condorcet. En 1875, il obtient le premier prix de Rhétorique au Concours général. En 1876, il obtient le premier prix de philosophie au Concours général. En 1877, il obtient le premier prix de mathématiques au Concours général. Il fut donc aussi brillant en science qu’en lettres. Il s’engagea dans la section « Lettres » de l’École Normale Supérieure. Il y entre premier en 1878 dans la même promotion que Jean Jaurès (1859-1914), second.

Il devient agrégé de philosophie en 1881 (troisième derrière Jaurès second). Il est professeur au lycée d’Angers. En 1882, il est professeur de littérature à l’École supérieure de jeunes filles d’Angers. En 1883, il est professeur au lycée de Clermont Ferrand. Il publie James Sully. Les illusions des sens et de l’esprit. En 1884, il est chargé de conférence à l’Université de Clermont Ferrand. Il donne des Extraits de Lucrèce. Il soutient ses deux thèses de doctorat en 1889. Sa thèse principale, soutenue le 27 décembre 1889 était intitulée : Essai sur les données immédiates de la conscience. Sa thèse latine était consacrée à Aristote. Elle était intitulée Quid Aristoteles de loco senserit.

Il se maria en 1891. Marcel Proust (1871-1922) était son garçon d’honneur. Il eut une fille, Jeanne, handicapée ; elle ne parlait pas et n’entendait pas. En 1893 il est professeur au lycée Henri-IV.

Il publie en 1896 son deuxième ouvrage important, Matière et mémoire, essai sur les rapports du corps à l’esprit. Il obtint un poste de maître de conférence à l’École Normale Supérieure en 1898. En 1900, il obtient la chaire de philosophie grecque et latine au Collège de France. Il publie son essai sur Le rire dont le succès ne s’est jamais démenti. Ses cours connurent un grand succès. Charles Péguy (1873-1914), Jacques Maritain (1882-1973) et bien d’autres, vinrent l’écouter. En 1901, il devient membre de l’Académie des sciences morales et politiques. En 1904, il quitte sa première chaire au Collège de France pour occuper celle de philosophie moderne. Il publie son troisième grand ouvrage, L’évolution créatrice en 1907. Il est fait officier de la légion d’honneur.

En 1911, il obtient le Titre de docteur ès sciences de l’Université d’oxford. En 1913, il donne des cours à l’université Columbia de New York. L’année suivante, il donne les Gifford Lectures à Edimbourg.

Il fut élu à l’Académie française le 12 février 1914 mais ne fut reçu qu’après la première guerre mondiale le 24 janvier 1918. Durant celle-ci, il eut une activité diplomatique secrète en Espagne et surtout aux Etats-Unis. Il participa à la mission chargée de convaincre le président Woodrow Wilson (1856-1924 ; deux mandats de 1913 à 1921) de faire entrer en guerre les Etats-Unis contre les puissances de l’axe. Son patriotisme anti-allemand fut intransigeant. Il fut aussi un professeur invité à Columbia, aux Etats-Unis et à Oxford, en Angleterre.

En 1919, il publie L’énergie spirituelle, un recueil de différents articles publiés dans diverses revues. Il est fait Commandeur de la légion d’honneur.

En 1921, il quitte sa chaire de philosophie moderne au Collège de France. En 1922, il publie Durée et simultanéité, ouvrage où il critiquait la conception du temps de la théorie de la relativité d’Einstein. Il rejeta ultérieurement ce livre. En 1923 il est fait Grand officier de la légion d’honneur.

Il obtient le prix Nobel de littérature en 1928. En 1930, il est fait Grand-croix de la Légion d’honneur.

En 1932, il publie Les deux sources de la morale et de la religion et en 1934, La pensée et le mouvant, un recueil d’articles.

Attiré par le catholicisme, il renonce néanmoins à se convertir, en raison de la montée de l’intolérance et des persécutions antisémites. « Je serais converti, écrit-il en 1937, si je n’avais vu se préparer depuis des années la formidable vague d’antisémitisme qui va déferler sur le monde. J’ai voulu rester parmi ceux qui seront demain persécutés. »

Ayant refusé tout traitement de faveur, il meurt à Paris le 3 janvier 1941. Paul Valéry (1871-1945) prononcera son éloge funèbre le 9 janvier devant quelques dizaines de personnes pendant que la France subira la domination de son collègue de l’Académie française, le maréchal Pétain (1856-1951).

 

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