Platon, "Cratyle" - Plan analytique

Publié le par Bégnana

Platon, Cratyle, traduction Émile Chambry (1864-1938)

in Platon, Protagoras – Euthydème – Gorgias – Ménexène – Ménon – Cratyle, Paris, GF Flammarion, 1967, n°146

 

Prologue. Le débat entre Cratyle et Hermogène : la justesse des noms est-elle naturelle ou conventionnelle ?

(« Hermogène : Voilà Socrate (…) Socrate : (…) si c’est toi qui a raison, ou si c’est Cratyle. » pp.391-392)

1. Présentation du problème par Hermogène.

(« Hermogène : Voilà Socrate (…) si tu veux bien le dire. » p.391)

2. Socrate avoue son ignorance et propose d’examiner la question.

(« Socrate : Fils d’Hipponicos, Hermogène, c’est un vieux dicton que les belles choses sont difficiles (…) si c’est toi qui as raison, ou si c’est Cratyle. » pp.391-392)

 

Première partie : réfutation du conventionnalisme d’Hermogène.

(« Hermogène : Pour moi, Socrate (…) je ne vois pas le moyen de contester ce que tu avances. » pp.392-404)

1. La thèse d’Hermogène :

(« Hermogène : Pour moi (…) C’est mon avis. » pp.392-393)

a) La justesse du nom est une convention ou un accord.

(« Hermogène : Pour moi (…) de n’importe quel autre. » p.392)

b) L’explicitation menée par Socrate : un conventionnalisme individualiste.

(« Socrate : Tu pourrais bien être dans le vrai, Hermogène (…) Hermogène : C’est mon avis. » pp.392-393)

2. Socrate montre qu’il y a pour chaque chose un nom vrai et un nom faux sans persuader Hermogène.

(« Socrate : Allons, réponds à la question que voici (…) Hermogène : (…) ces noms varient de Grecs à Grecs et de Grecs à barbares. » pp.393-394)

3. Socrate réfute deux thèses sophistiques.

(« Socrate : Eh bien, voyons, Hermogène (…) Hermogène : Il me semble qu’il en est ainsi Socrate. » pp.394-396)

a) Réfutation du relativisme de Protagoras (l’homme n’est pas « la mesure de toute chose » ; chaque chose a une essence)

(« Socrate : Eh bien, voyons, Hermogène (…) Hermogène : C’est juste. » pp.394-395)

b) Réfutation du confusionnisme d’Euthydème (toutes les choses ne sont pas les mêmes).

(« Socrate : Mais tu n’admets pas non plus (…) Hermogène : Il me semble qu’il en est ainsi Socrate. » pp.395-396)

4. Les actions (praxis) sont des êtres et ont donc une essence déterminée qu’il faut suivre pour les réussir.

(« Socrate : Maintenant se peut-il que les êtres soient de cette nature sans qu’il en soit de même de leurs actions ? (…) Hermogène : Certainement. » pp.396-397)

5. Parler et nommer sont des actions qu’il faut effectuer selon leur nature.

(« Socrate : Et maintenant (…) Hermogène : Il me le semble. » p.397)

6. Le nom est l’instrument à l’aide duquel on nomme. Il est un « instrument (organon) propre à enseigner et à distinguer la réalité (tès ousias) » (388b c).

(« Socrate : Voyons donc. (…) Hermogène : Oui. » pp.398-399)

7. Le technicien qui établit les noms est le législateur.

(« Socrate : Or la navette est un instrument de tissage (…) Hermogène : Il le semble. » pp.399-401)

8. Pour faire le nom, le législateur doit se régler sur l’idée du nom quelles que soient les syllabes.

(« Socrate : Et maintenant, allons, examine sur quoi le législateur fixe les yeux (…) Hermogène : Certainement. » pp.401-402)

9. L’ouvrage du législateur pourra être juger par le seul dialecticien.

(« Socrate : Et maintenant quel est celui (…) Hermogène : C’est juste. » pp.402-403)

10. Socrate donne raison à Cratyle : la justesse des noms est naturelle.

(« Socrate : Il y a donc des chances, Hermogène (…) Hermogène : (…) ce que tu avances. » pp.403-404

 

Deuxième partie : étymologies ou comment comprendre en quoi consiste la justesse des noms.

(« Hermogène : (…) Cependant j’ai peine à y acquiescer (…) Socrate : (…) à moins que Cratyle ici présent n’ait quelque autre avis à ouvrir. » pp.404-453)

1. L’examen de cette justesse des noms est nécessaire pour la comprendre.

(« Hermogène : (…) Cependant j’ai peine (…) Socrate : Eh bien, examine. » p.404)

2. Hermogène refuse la proposition de Socrate d’interroger les sophistes sur la justesse des noms, notamment Protagoras.

(« Socrate : Le moyen le plus sûr de faire cet examen (…) Hermogène : (…) par une telle vérité. » pp.404-405)

3. Homère et les poètes vont servir de guide. Première idée : le nom juste dépend de la généalogie.

(« Socrate : Et bien, s’ils ne te satisfont pas non plus (…) Hermogène : (…) rendre des oracles à la façon des inspirés. » p.405-411)

4. Sous l’inspiration d’Euthyphron, Socrate examine les étymologies des différentes réalités : dieux, démons, héros, homme, âme, corps.

(« Socrate : Oui, Hermogène, et c’est surtout à Euthyphron de Prospalte que j’attribue cette science qui vient de m’échoir. (…) y changer une seule lettre. » pp.411-417)

5. Hermogène amène Socrate à examiner dans le détail les noms des différentes réalités.

(« Hermogène : Ces mots me paraissent suffisamment éclaircis, Socrate. (…) Socrate : Oui, plausible effectivement. » pp.417-445)

a) Les noms de chaque dieu.

(« Hermogène : Ces mots me paraissent (…) Socrate : Tout à l’heure, tu en verras bien d’autres. » pp.417-431)

a) Les Olympiens.

(« Hermogène : Ces mots me paraissent (…) Socrate : (…) laissons là les dieux. » pp.417-428)

b) Les astres et les phénomènes naturels.

(« Hermogène : Ces dieux-là, oui, Socrate, si tu veux. (…) Socrate : Tout à l’heure, tu en verras bien d’autres. » pp.428-431)

b) Les notions.

(« Hermogène : Après cette classe de mots (…) Socrate : Oui, plausible effectivement. » pp.431-445)

6. Examen des éléments primitifs.

(« Socrate : (…) Cependant je crois qu’en ce débat il n’y a point de place pour les défaites (…) à moins que Cratyle ici présent n’ait quelque autre avis à ouvrir. » pp.445-453)

a) Le nom doit imiter l’essence de la chose, les éléments aussi : là réside la justesse naturelle des noms.

(« Socrate : (…) Cependant je crois (…) Hermogène : C’est, ma foi, bien possible, Socrate. » pp.445-450)

b) Malgré son ignorance affichée, Socrate procède à l’examen de quelques lettres.

(« Socrate : Eh bien, te crois-tu capable de faire ces distinctions ? Moi, non. (…) quelque autre avis à ouvrir. » pp.450-453)

 

Troisième partie : réfutation du naturalisme de Cratyle.

(« Hermogène : Véritablement, Socrate, Cratyle me jette souvent dans une grande perplexité, comme je le disais au début. (…) Socrate : (…) aucune ressemblance avec le flux et le mouvement. » pp.453-472)

1. Préambule. Cratyle approuve Socrate qui doute de son savoir étymologique.

(« Hermogène : Véritablement, Socrate (…) Cratyle : (…) tu héberges depuis longtemps quelque autre Muse sans que tu t’en doutes. » pp.453-454)

2. Rappel des éléments de la thèse naturaliste.

(« Socrate : Mon bon Cratyle, moi aussi, je m’étonne de mon savoir et je m’en méfie (…) Cratyle : (…) ceux dont tu parlais au début, les législateurs. » p.454)

3. Selon Cratyle les législateurs ne se trompent pas et les noms sont toujours justes à la différence des autres arts.

(« Socrate : Maintenant affirmerons-nous que cet art se comporte chez les hommes comme les autres arts, ou qu’il en est autrement ? (…) Cratyle : (…) en le frappant. » pp.455-457)

a) La peinture.

(« Socrate : Maintenant (…) Cratyle : Oui. » p.455)

b) Selon Cratyle, tous les noms sont justes.

(« Socrate : Et les ouvrages que nous livrent les législateurs (…) Cratyle : (…) qui a précisément le caractère que ce nom désigne. » pp.455-456)

c) Pour Cratyle, dire faux est impossible.

(« Socrate : Ne ment-on pas non plus [retraduire : « Ne dit-on pas faux non plus » ] (…) Cratyle : (…) comme s’il agitait un vase d’airain en le frappant. » pp.456-457)

4. Socrate montre à Cratyle que les noms comme imitations peuvent être vrais ou faux.

(« Socrate : Voyons donc, Cratyle (…) Cratyle : C’est exact. » pp.457-460)

a) Les noms sont comme les peintures, des imitations, donc vraies ou faux pour Socrate. Cratyle le nie pour les noms.

(« Socrate : Voyons donc (…) Cratyle : (…) les noms, qui doivent toujours être assignés correctement. » pp.457-458)

b) Socrate précise à Cratyle, qui le concède, comment un nom peut être faussement attribué. C’est vrai pour la proposition, c’est-à-dire un nom plus un prédicat, et pour les noms primitifs.

(« Socrate : Que veux-tu dire ? (…) Cratyle : C’est exact. » pp.458-460)

5. Socrate réfute l’objection de Cratyle selon laquelle un nom devient autre dès qu’une lettre est changée. Les deux Cratyle.

(« Cratyle : (…) Mais tu le vois, Socrate (…) Cratyle : (…) je l’admets. » pp.460-461)

a) L’objection de Cratyle.

(« Cratyle : (…) Mais tu le vois (…) Comment cela ? » p.460

b) Justesse quantitative et justesse qualitative.

(« Socrate : Il se peut que tous les noms (…) Cratyle : Tu dis vrai. » pp.460-461)

c) Le nom (onoma), la phrase (logos) et le discours (logos) imitent qualitativement et non quantitativement.

(« Socrate : Admets donc hardiment (…) Cratyle : (…) je l’admets. » p.461)

6. Socrate montre qu’un nom est bien établi lorsque ce sont les lettres qui ressemblent à l’essence de l’objet qui sont utilisées, thèse meilleure que la thèse conventionnaliste.

(« Socrate : (…) Puis donc que nous sommes d’accord (…) Cratyle : Oui. » pp.461-463)

7. Socrate, à partir d’un exemple, montre que l’usage et la convention interviennent dans la justesse des noms.

(« Socrate : Prends donc part à présent, toi aussi, à la recherche (…) consisterait dans le contraire. » pp.463-465)

a) L’exemple de sklèrotès. Le r, le s et le l.

(« Socrate : Prends donc (…) ne comprends-tu pas ce que je dis ? » pp.463-464)

b) Usage et convention participent à la monstration (ou représentation ou indication) de la chose.

(« Cratyle : Oui, grâce à l’usage, très cher ami. (…) Socrate : (…) le contraire. » pp.464-465)

8. Socrate réfute l’idée qu’on apprend par les noms.

(« Socrate : (…) Maintenant réponds encore à cette question-ci (…) Cratyle : Il me le semble, Socrate. » pp.465-471)

a) Exposé de la thèse de Cratyle : on apprend par les noms.

(« Socrate : (…) Maintenant (…) Cratyle : (…) la même méthode et de la même façon. » pp.465-466)

b) Socrate fait remarquer que c’est le principe qui est fondamental et la cohérence.

(« Socrate : Voyons, Cratyle, réfléchissons. (…) je serais surpris que les noms eux-mêmes fussent d’accord entre eux. » pp.466-467)

c) Les noms sont en désaccord sur l’essence des choses : pour certains elle est mouvement, pour d’autres elle est stable.

(« Socrate : (…) Reprenons en effet l’examen de ceux que nous avons passés en revue précédemment. (…) Cratyle : Ce ne serait pas raisonnable. » pp.467-468)

d) Le cercle vicieux de la thèse de Cratyle.

(« Socrate : Non, pas du tout, mon ami. (…) s’il est vrai qu’il est impossible d’apprendre les choses autrement que par les noms ? » pp.468-469)

e) Le recours théologique est inutile.

(« Cratyle : À mon avis, Socrate, ce qu’on peut dire de plus vrai en cette matière (…) Je suis de cet avis. » pp.469-470)

f) Il faut apprendre les choses directement et non par les noms, c’est-à-dire par leurs images.

(« Socrate : Il est donc possible, ce semble, Cratyle, d’apprendre les choses sans l’aide des noms (…) Cratyle : Il me le semble, Socrate. » pp.470-471)

9. La rêverie de Socrate : les choses en soi.

(« Socrate : Maintenant prenons garde encore de nous laisser abuser par cette multitude de nom de même tendance. (…) je ne vois pas que les choses dont nous parlons en ce moment aient aucune ressemblance avec le flux et le mouvement. » pp.471-472)

 

Conclusion. La question ontologique requiert de ne pas s’en tenir aux mots.

(« Socrate : (…) En est-il ainsi (…) Cratyle : (…) tâche d’y réfléchir encore. » pp.472-473)

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