Bergson "La perception du changement" plan analytique

Publié le par Bégnana

L’édition utilisée est :

Bergson, La perception du changement, avant-propos par Frédéric Worms, présentation et dossier critique par Arnaud Bouaniche, PUF « Quadrige », janvier 2011.

Pour la pagination, j’ai ajouté celle de :

Bergson, La pensée et le mouvant, P.U.F. (1938), chapitre V La perception du changement, p.143-176).

 

 

Plan

 

Première conférence (26 mai 1911)

Introduction

(« Mes premières paroles seront (…) à l’intuition du changement. » p.5-7 ; p.143-145)

1. Bergson remercie pour son accueil l’université d’Oxford dont il loue à la fois le travail de transmission de la pensée de l’antiquité, de renouvellement de son interprétation et sa modernité. Il annonce que c’est du problème du changement qu’il va traiter.

(« Mes premières paroles (…) celui du changement. » p.5-6 ; p.143-144)

2. Bergson explique que la question du changement est capitale pour dissoudre les faux problèmes philosophiques et pour constituer une philosophie qui soit une œuvre commune. (« Je l’ai choisi (…) sur laquelle tous pourront s’entendre. » p.6-7 ; p.144-145)

3. Pour le montrer, il annonce qu’il va présenter deux ou trois points d’accord.

(« C’est pourquoi je voudrais fixer (…) du changement. » p.7 ; p.145)

A. Les trois points d’accord.

(« Voici d’abord un point sur lequel tout le monde (…) Elles lutteront indéfiniment entre elles. » p.7-9, p.145-147)

1. Premier point d’accord. On ne conçoit ou on ne raisonne que parce que la perception est limitée. Elle est la seule source de vérité.

(« Voici d’abord (…) Donc, pas de difficulté sur le premier point. » p.7-8 ; p.145-146)

2. Deuxième point d’accord. C’est l’insuffisance de la perception qui est à l’origine de la philosophie dans sa dimension conceptuelle et de recherche de l’intelligible.

(« Il n’y en aura pas davantage sur le second (…) Sur le deuxième point, nous pourrons donc nous mettre d’accord. » p.8-9 ; p.146-147)

3. Troisième point d’accord lié au second. Il ne peut pas y avoir une philosophie comme il y a une science mais plusieurs parce que chaque philosophie s’appuie sur un aspect du qualitatif de l’expérience et non sur le quantitatif.

(« J’arrive alors au troisième (…) entre elles. » p.9 ; p.147)

B. Il faut donc réformer la philosophie par un retour à la perception.

(« Voici alors la question qui se pose (…) dans une direction commune. » p.9-11 ; p.147-149)

1. Le problème de la réforme de la philosophie : faut-il en rester à une philosophie purement conceptuelle et donc à la diversité des philosophies ou faut-il revenir à la perception et obtenir son élargissement ?

(« Voici alors (…) qu’elle se dilate et s’étende ? » p.9-10 ; p.147-148)

2. La méthode traditionnelle de la philosophie, à savoir, compléter la perception sur la base d’une conception qui la mutile est contraire à son but. Elle conduit à la multiplication des philosophies.

(« Je disais (…) autres. » p.10 ; p.148)

3. En approfondissant la perception, on ne peut que constituer une philosophie à laquelle tous collaborent.

(« Mais supposez qu’au lieu de vouloir (…) direction commune. » p.10-11 ; p.148-149)

C. Bergson montre que cette réforme est possible parce que l’élargissement de la perception qui la conditionne est elle-même possible.

(« On dira que cet élargissement est impossible. (…) notre seconde conférence. » p.11-19 ; p.149-157)

1. Bergson formule l’objection à la possibilité d’élargir la perception : on ne peut percevoir plus que ce qu’on perçoit.

(« On dira (…) voilà l’objection. » p.11 ; p.149)

2. La thèse : l’élargissement de la perception est possible parce qu’elle est réelle chez les artistes.

(« Elle est réfutée (…) Ce sont les artistes. » p.11 ; p.149)

3. Analyse de l’art.

(« À quoi vise l’art, sinon à nous montrer (…) qu’il perçoit un plus grand nombre de choses. » p.11-15 ; p.149-153)

a. L’art montre la réalité et donc la possibilité de l’élargissement de la perception.

(« À quoi (…) facultés de percevoir est possible. » p.11-12 ; p.149-150)

(1) La thèse : l’art vise à nous montrer ce que nous ne percevons pas habituellement.

(« À quoi (…) et notre conscience ? » p.11 ; p.149)

(2) Le romancier et le poète, révélateur de l’intuition de nous-mêmes.

(« Le poète et le romancier (…) poète est ce révélateur. » p.11-12 ; p.149-150)

(3) Les grands peintres comme Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) et Joseph Mallord William Turner (1775-1851) nous montrent ce que nous ne voyons pas habituellement.

(« Mais nulle part la fonction de l’artiste (…) y a vu lui-même. » p.12 ; p.150)

(4) Bergson en déduit que l’art montre la possibilité d’élargir les capacités perceptives.

(« L’art suffirait (…) est possible. » p.12 ; p.150)

b. Comment l’élargissement a lieu en art ? C’est la perception ordinaire qui est un rétrécissement.

(« Mais comment s’opère-t-elle ? (…) qu’il perçoit un plus grand nombre de choses. » p.12-15 ; p.150-153)

(1) Position du problème : comment l’artiste, un distrait, un idéaliste peut-il permettre de mieux voir.

(« Remarquons (…) arrive-t-il à y voir plus de choses ? » p.13 ; p.151)

(2) La perception ordinaire est une limitation.

(« On ne le comprendrait pas (…) de ce qu’il a un intérêt matériel à ne pas voir. » p.13 ; p.151)

(3) La vie exige que la perception sélectionne uniquement ce qui est utile : c’est le rôle du cerveau.

(« Avant de philosopher, il faut vivre (…) de savoir à quelle catégorie il appartient. » p.14 ; p.152)

(4) L’artiste est l’homme pour lequel la nature a oublié cette capacité restrictive : il voit pour voir. C’est la raison pour laquelle, distrait, il voit mieux que les autres.

(« Mais, de loin en loin (…) nombre de choses. » p.14-15 ; p.152)

4. L’élargissement de la perception en philosophie.

(« Eh bien, ce que la nature (…) notre entourage, notre seconde conférence. » p.15-19 ; p.153-157)

a. Le problème.

(« Eh bien (…) Cette conversion de l’attention serait la philosophie même. » p.15 ; p.153)

b. La conversion comme attitude philosophique est ancienne. Plotin (204-270) – Platon (428-347 av. J.-C.) l’ont conçu comme conversion vers le suprasensible.

(« Au premier abord (…) monde extérieur et de nous-mêmes. » p.15-16 ; p.153-154)

c. La critique kantienne a légitimement contesté l’idée de facultés transcendantes de l’esprit appelées par l’idée d’une conversion au suprasensible.

(« Et c’est justement parce qu’il contestait (…) lui tourner le dos. » p.16-17 ; p.154-155)

d. Bilan de l’opposition entre métaphysique du suprasensible et critique de la métaphysique.

(« Pourquoi la jugea-t-il impossible ? (…) la métaphysique impossible ? » p.17 ; p.155)

e. La question du mouvement et du changement.

(« Ils l’ont cru, parce qu’ils se sont imaginés (…) seconde conférence. » p.17-19 ; p.155-157)

(1) Erreur de la tradition sur la perception.

(« Ils l’ont cru (…) avec Kant, nient la possibilité de la métaphysique. » p.17-18 ; p.155-156)

(2) Naissance de la métaphysique chez les Éléates.

(« La métaphysique est née (…) ne trouvait d’ailleurs aucune trace chez l’homme. » p.18 ; p.156)

(3) Le programme : repenser le changement afin d’établir la métaphysique sur la perception.

(« Mais si nous pouvions établir (…) notre seconde conférence. » p.18-19 ; p.156-157)

 

Deuxième conférence (27 mai 1911)

 

Préambule.

(« Vous m’avez prêté hier une attention (…) changement et de la mobilité. » p.19 ; p.157-158)

A. Premier résultat : le mouvement comme le changement sont indivisibles.

(« Voici un premier résultat (…) mouvement : il aura un sentiment d’absolue indivisibilité. » p.19-25 ; p.158-163)

1. La thèse.

(« Voici (…) absolument indivisibles. » p.19-20 ; p.158)

2. Le mouvement.

(« Commençons par le mouvement (…) nos doigts quand nous croirons le tenir. » p.20-23 ; p.158-162)

a. Analyse du mouvement comme réalité simple et indivisible.

(« Commençons (…) yeux à ce qu’il y a de plus vivant dans le réel. » p.20-22 ; p.158-160)

(1) Le mouvement est une réalité simple.

(« Commençons (…) et nous devons le déclarer indivisible. » p.20 ; p.158)

(2) La divisibilité du mouvement n’est qu’apparente.

(« Il est vrai que (…) il est indécomposable. » p.20-21 ; p.158-159)

(3) C’est rétrospectivement que nous décelons des positions stables et nous avons un intérêt pour la stabilité.

(« Seulement, une fois le trajet effectué (…) mieux nous croirons le comprendre. » p.21 ; p.159)

(4) Seul le mouvement existe. Le repos n’est que coïncidence de mouvements.

(« À vrai dire (…) assis dans l’autre. » p.21 ; p.159)

(5) Le repos intéresse notre action.

(« Mais une situation de ce genre (…) dans le réel. » p.21-22 ; p.159-160)

b. Zénon d’Élée (~480-~420 av. J.-C.).

(« Je n’ai pas besoin (…) et immobilité. » » p.22-23 ; p.160-161)

(1) Les arguments de Zénon. Achille et la tortue.

(« Je n’ai pas besoin (…) de suite indéfiniment. » p.22 ; p.160)

(2) Les réfutations habituelles sont insuffisantes.

(« Les philosophes (…) définitives. » p.22 ; p.160)

(3) La prosopopée d’Achille est la seule réfutation acceptable de l’argument de Zénon.

(« Il y aurait eu pourtant (…) mouvement et immobilité. » » p.22-23 ; p.160-161)

c. Notre méthode habituelle est la source des thèses éléates, elle montre une peur du mouvement.

(« Mais en cela consiste précisément (…) le tenir. » p.23 ; p.161-162)

3. Le changement.

(« J’ai parlé du mouvement (…) mouvement : il aura un sentiment d’absolue indivisibilité. » p.24-25 ; p.162-163)

a. Le changement aussi est indivisible. Nous le considérons naturellement comme une série d’états.

(« J’ai parlé (…) C’est naturel encore. » p.24 ; p.162)

b. Pour que le changement du moi puisse agir sur le changement dans les choses il faut qu’ils soient synchrones.

(« Si le changement est continuel (…) et que notre propre personne est mobilité encore. » p.24 ; p.162)

c. La perception est constituée de telle façon que la synchronie des changements dans le moi et dans les choses fasse apparaître l’apparence d’états.

(« Mais tout le mécanisme de notre perception des choses (…) recompose avec eux le changement. » p.24-25 ; p.162-163)

d. Le découpage en états du changement favorise l’action mais conduit dans la théorie à des difficultés insolubles.

(« Rien de plus naturel (…) les yeux à la réalité vraie. » p.25 ; p.163)

e. Bergson s’adresse à son destinataire : il peut faire en lui l’expérience de l’indivisibilité absolue du changement.

(« Je n’insisterai pas davantage (…) d’absolue indivisibilité. » p.25 ; p.163)

B. Deuxième résultat : le changement est la substance.

(« J’arrive alors au second point (…) des mobilités. » p.25-29 ; p.163-167)

1. La thèse : ni le changement, ni le mouvement ne présuppose un sujet comme substance.

(« J’arrive alors (…) le mouvement n’implique pas un mobile. » p.25 ; p.163)

2. C’est la vue et la pratique qui amène à penser du stable.

(« On a de la peine (…) qu’un mouvement de mouvements. » p.25-27 ; p.163-165)

a. La vue découpe des objets pour l’action.

(« On a (…) il prépare notre action sur le monde extérieur. » p.25-26 ; p.163-164)

b. L’ouïe, notamment dans la mélodie, nous montre des changements qui ne sont pas dépendants de choses stables.

(« Mais déjà nous aurons de la peine (…) une « chose » qui change. » p.26-27 ; p.164)

(1) L’ouïe, notamment la mélodie, n’ont pas besoin de stabilité.

(« Mais déjà (…) sonore ; c’en serait une autre, également indivisible. » p.26 ; p.164)

(2) Même pour la musique, nous avons tendance à diviser l’indivisible.

(« Sans doute (…) une « chose » qui change. » p.26-27 ; p.164)

c. La vue mieux analysée n’exige pas la notion de substance.

(« Revenons alors à la vue. (…) qu’un mouvement de mouvements. » p.27 ; p.165)

(1) La vue n’exige pas de substance.

(« Revenons (…) du mot. » p.27 ; p.165)

(2) La physique montre l’inutilité de la substance.

(« Déjà la science physique (…) du savant aux habitudes de notre imagination visuelle. » p.27 ; p.165)

(3) L’analyse de la vue suffit.

(« Mais point n’est besoin (…) de mouvements. » p.27 ; p.165)

3. La personnalité est changement sans sujet.

(« Mais nulle part (…) Notre personnalité est cela même. » p.27-28 ; p.165-166)

4. La durée vraie [étudiée notamment dans le chapitre 2 de l’Essai sur les données immédiates de la conscience intitulé « De la multiplicité des états de conscience. L’idée de durée » de 1889], autrement dit le temps perçu, est succession sans juxtaposition de l’avant et de l’après.

(« C’est justement cette continuité indivisible (…) en nous et dans le monde extérieur. » p.28-29 ; p.166-167)

a. Bergson répond à ceux qui ont prétendu que sa notion de durée réelle est mystérieuse et ineffable qu’elle est le temps en tant qu’il est perçu comme indivisible.

(« Je me bornerai donc à dire (…) comme indivisible. » p.28 ; p.166)

b. Le temps perçu est bien succession mais est continu comme une mélodie, c’est l’espace qui fait la discontinuité du temps spatialisé.

(« Que le temps implique la succession (…) parties extérieures les unes aux autres. » p.28-29 ; p.166)

c. La vie pratique nous amène à nous placer dans le temps spatialisé plutôt que dans la durée ininterrompue de notre vie intérieure.

(« Je reconnais d’ailleurs (…) en nous et dans le monde extérieur. » p.29 ; p.166-167)

5. Conclusions sur le second point. La réalité est mobilité. Ceux qui pensent qu’hors du stable il n’y a point de réalité s’égarent car la mobilité est subtantielle.

(« Ainsi, qu’il s’agisse du dedans ou du dehors (…) des mobilités. » p.29 ; p.167)

C. Troisième résultat : le passé existe.

(« J’arrive ici, en effet, au troisième point (…) le passé fait corps avec le présent. » p.29-35 ; p.167-173)

1. Il faut repenser le passé.

(« J’arrive ici (…) langage. » p.29 ; p.167)

2. La thèse traditionnelle sur le temps : le présent seul existe, sa critique et la genèse du passé.

(« Nous inclinons à nous représenter notre passé (…) personne se déroule devant elle en un mouvant panorama. » p.29-32 ; p.167-170)

a. Exposé de la thèse traditionnelle : seul le présent existe, c’est à lui que le passé emprunte sa survivance par l’intermédiaire de la faculté présente de la mémoire.

(« Nous inclinons à nous représenter (…) boîte. » p.29-30 ; p.167-168)

b. La thèse traditionnelle est une erreur utile.

(« Erreur profonde ! erreur utile (…) la pensée philosophique. » p.30 ; p.168)

c. Critique de la thèse traditionnelle.

(« Réfléchissons en effet à ce « présent » qui serait seul existant. (…) se confondent. » p.30 ; p.168)

(1) Si le présent est l’instant, il n’est qu’abstraction.

(« Qu’est-ce au juste que le présent ? (…) ne composeriez une ligne. » p.30 ; p.168)

(2) À supposer que l’instant soit possible, il ne pourrait y en avoir deux.

(« Supposez même qu’il existe (…) se confondent. » p.30 ; p.168)

d. Le présent occupe une certaine durée qui mord sur le passé.

(« Mais laissons de côté ces subtilités. (…) adhère à la vie de la nation et lui demeure présent. » p.30-31 ; p.168-169)

(1) Le présent a une durée plus ou moins longue.

(« Notre conscience nous dit (…) la précédait : il m’aurait suffi d’adopter une autre ponctuation. » p.30-31 ; p.168-169)

(2) Le présent devient passé pour l’individu comme pour les nations lorsqu’il n’est plus actuel pour nous.

(« Allons plus loin (…) lui demeure présent. » p.31 ; p.169)

e. Le présent peut être coextensif à la vie.

(« Dès lors, rien ne nous empêche (…) en un mouvant panorama. » p.31-32 ; p.169-170)

(1) Le présent peut englober la vie entière.

(« Dès lors (…) l’instantanéité. Il s’agit d’un présent qui dure. » p.31-32 ; p.169-170)

(2) Des cas réels montrent, a fortiori, que c’est possible.

(« Ce n’est pas là une hypothèse (…) panorama. » p.32 ; p.170)

3. La mémoire est une donnée première : le passé se conserve.

(« La mémoire n’a donc pas besoin d’explication (…) le passé fait corps avec le présent. » p.32-35 ; p.170-173)

a. La thèse : le passé se conserve automatiquement.

(« La mémoire n’a donc pas (…) la fonction du cerveau. » p.32-33 ; 170-171)

(1) Genèse de la conception du passé comme « aboli » : elle provient de la méconnaissance du caractère indivisible du changement.

(« Certes, si nous fermons (…) de reparaître à la conscience. » p.32-33 ; 170-171)

(2) C’est l’oubli qu’il faut expliquer et non la mémoire.

(« Mais si nous tenons compte (…) mais de l’oubli. » p.33 ; p.171)

(3) C’est la structure du cerveau qui explique l’oubli comme sélection des seuls souvenirs utiles.

(« L’explication s’en trouvera (…) la fonction du cerveau. » p.33 ; p.171)

b. La théorie du cerveau comme stockage de souvenirs est métaphysique : éléments de réfutation.

(« Nous ne pouvons aborder la discussion de la théorie (…) peut se conserver lui-même automatiquement. » p.33-35 ; p.171-173)

(1) La théorie du cerveau comme stockage de souvenirs est métaphysique.

(« Nous ne pouvons aborder (…) difficultés et les impossibilités. » p.33 ; p.171

(2) Un cas favorable à la thèse adverse : une vue et un souvenir visuel supposé fixé dans le cerveau.

(« Prenons le cas le plus favorable (…) de l’impression reçue par l’œil ? » p.33 ; p.171)

(3) Il y a en réalité des milliers d’images dans une vue.

(« Pour peu que l’objet ait remué (…) le cas le plus simple ! » p.33-34 ; p.172)

(4) Il paraît impossible 1° de choisir une des images et 2° de la rejeter dans le passé.

(« Supposons toutes (…) sur ces difficultés. » p.34 ; p.172)

(5) La théorie de la localisation cérébrale n’explique pas les maladies de la mémoire comme les aphasies.

(« Comment expliquera-t-on les maladies (…) mots qu’on croyait définitivement perdus. » p.34 ; p.172)

(6) Bergson en déduit sa thèse : le cerveau sert à sélectionner les souvenirs utiles, thèse facile à comprendre si on n’avait pas l’habitude de penser le passé aboli.

(« Ces faits (…) lui-même. » p.34 ; p.172)

(7) L’explication par la localisation cérébrale des souvenirs présuppose elle aussi une conservation du passé dans la matière.

(« Comme si ce n’était pas reculer (…) automatiquement. » p.34-35 ; p.172-173)

c. Ce n’est pas simplement notre passé, c’est tout le passé qui se conserve même si les arrêts relatifs conduisent dans les cas particuliers à se demander où se situe le commencement.

(« Non pas seulement notre passé à nous (…) fait corps avec le présent. » p.35 ; p.173)

D. Conclusions.

(« Pénétrons-nous de cette vérité (…) In ea vivimus et movemur et sumus. » p.35-38 ; p.173-176)

1. La thèse de la conservation du passé qui est celle de la réalité et de l’indivisibilité du changement conduit à la résolution, c’est-à-dire à la disparition de certains problèmes philosophiques comme ceux de la substance, du changement et de leur rapport.

(« Pénétrons-nous (…) et le changement sont substantiels. » p.35-36 ; p.173-174)

a. C’est la méconnaissance de la réalité et de l’indivisibilité du changement qui amène les difficultés relatives à la substance et au changement, celui-ci conçu comme série d’états et celle-là comme substrat immobile, leur lien devenant incompréhensible.

(« Si le changement (…) était appelé à fixer. » p.35-36 ; p.173-174)

b. Si le changement est indivisible, le mouvement est pensable et la substance appartient à l’expérience.

(« Faisons effort, au contraire (…) l’immutabilité qui la rendait inaccessible à notre expérience. » p.36 ; p.174)

c. L’instabilité radicale et le repos absolu ne sont alors que des abstractions de l’esprit.

(« L’instabilité radicale (…) de l’autre. » p.36 ; p.174)

d. Les problèmes de la philosophie ancienne relative au mouvement et ceux de la philosophie moderne relative à la substance font places à la thèse de l’identité de la substance et du mouvement.

(« Les difficultés soulevées (…) et le changement sont substantiels. » p.36 ; p.174)

2. Elle permet de résoudre les problèmes réputés insolubles : le libre arbitre, la relation du sujet à l’objet.

(« En même temps que des obscurités théoriques se dissipent (…) pourra, par réflexion, éclairer celui-là à son tour. » p.36-37 ; p.174-175)

a. Le libre arbitre se déduit de la nouveauté qu’implique le présent s’ajoutant au passé.

(« Les discussions relatives au libre arbitre (…) nouveau. » p.36 ; p.174)

b. Le sujet et l’objet étant changements, toute connaissance fondée sur l’expérience de l’un éclaire l’autre.

(« Et la relation de l’homme à l’univers (…) celui-là à son tour. » p.36-37 ; p.174-175)

3. La compréhension du changement permet de mieux vivre.

(« Mais, comme je l’annonçai au début (…) In ea vivimus et movemus et sumus. » p.37-38 ; p.175-176)

a. Portée par la compréhension vraie du changement, la philosophie peut apporter de plus grandes satisfactions au plus grand nombre que ne le fait l’art.

(« Nous pourrons la faire pénétrer dans notre vie de tous les jours (…) jamais isoler le présent du passé qu’il traîne avec lui. » p.37 ; p.175)

b. La philosophie nous plonge alors dans l’élan qui parcourt toutes choses, dans une éternité de vie.

(« Grâce à elle (…) In ea vivimus et movemus et sumus. » p37-38 ; p.175-176)

 

 

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