Bergson - Plan analytique du chapitre II de l'Essai sur les données immédiates de la conscience

Publié le par Bégnana

L’édition utilisée est :

Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience, P.U.F. « Quadrige », 2011.

 

La note 1 p.56 critique du point de vue des concepts mis en œuvre dans le chapitre un article de M. G. Noël qui essaie de montrer l’indépendance des notions de nombre et d’espace. Elle apparaît comme un ajout de dernière minute relatif à un article non consulté mais qui ne remet nullement en cause le travail proposé.

 

« La multiplicité numérique et l’espace ».

(« On définit généralement le nombre (…) elles. » p.56-68)

1. Le nombre a pour condition de possibilité le seul espace et non le temps.

(« On définit généralement le nombre (…) une multiplicité de parties, perçues simultanément. » p.56-63)

a) Qu’est-ce qu’un nombre ?

(« On définit généralement le nombre (…) quelque autre chose encore. » p.56)

(1) Définition du nombre selon l’opinion générale comme « synthèse de l’un et du multiple ».

(« On définit (…) isolément. » p.56)

(2) Question : le nombre n’implique-t-il pas autre chose que les notions d’unité et de multiplicité ?

(« Sans approfondir (…) quelque autre chose encore. » p.56)

b) Premier caractère du nombre : la multiplicité qui le compose est faite d’unités identiques entre elles sans quoi il y a énumération et non plus somme.

(« Il ne suffit pas de dire que le nombre (…) les unes aux autres. » p.57)

c) Deuxième caractère opposé : il faut pouvoir distinguer les unités, ce qui n’est possible que dans l’espace et non dans le temps ou durée pure.

(« Et pourtant il faut bien (...) on les laisse dans l’espace. » p.57-58)

d) L’intuition de l’espace et seulement de l’espace accompagne toute idée de nombre.

(« Mais cette intuition (…) l’examen du nombre lui-même. » p.58-59)

(1) C’est avec des éléments spatiaux qu’on se représente le nombre ou alors on utilise un simple signe pour manipuler le nombre abstrait sans se le représenter.

(« Mais cette intuition (…) à une image étendue. » p.58)

(2) C’est une illusion qui nous fait croire que nous comptons dans le temps alors qu’il faut que les unités demeurent dans l’espace pour que leur sommation soit possible.

(« Ce qui fait illusion sur ce point (…) si nous en avions besoin. » p.58-59)

(3) Annonce de l’étude directe des unités pour renforcer la thèse du caractère indispensable du seul espace pour constituer le nombre.

(« Mais toute idée claire (…) nombre lui-même. » p.59)

e) L’unité du nombre enveloppe toujours une certaine multiplicité qui a sa source dans l’espace.

(« Tout nombre est une collection d’unités (…) on la tient pour étendue. » p.59-61)

(1) Y a-t-il un seul concept d’unité ?

(« Tout nombre (…) sens ? » p.59)

(2) Il semble y avoir deux sens de la notion d’unité, soit l’intuition simple et indivisible de l’esprit par laquelle on se représente le nombre, soit les unités irréductibles qui composent le nombre.

(« Quand nous affirmons (…) indépendamment de l’espace. » p.59-60)

(3) Bergson montre qu’il n’y a qu’une notion d’unité, celle de l’intuition simple car tout nombre qui paraît indivisible renferme une multiplicité qui explique qu’on puisse le décomposer. Il présuppose donc bien l’espace.

(« Toutefois, en y regardant de plus près (…) pour étendue. » p.60-61)

f) Si subjectivement le nombre est discontinuité, objectivement il est continuité.

(« Il ne faudrait pas se faire illusion (…) une multiplicité de parties, perçues simultanément. » p.61-63)

(1) La discontinuité dans la formation du nombre tient à l’indivisibilité de l’acte qui permet d’en concevoir chaque unité.

(« Il ne faudrait pas (…) sépare d’un point suivant. » p.61-62)

(2) Une fois formé, le nombre est continu.

(« Mais, si une série de points mathématiques (…) il apparaît alors comme indéfiniment divisible. » p.62)

(3) Le subjectif est l’adéquatement connu, l’objectif, ce qui est indéfiniment connaissable.

(« Remarquons (…) ce que nous appelons objectivité. » p.62-63)

(4) Le subjectif dans l’idée de nombre est l’attention, l’objectif est qu’il est constitué de parties d’espace.

(« Dès lors, il devient aisé (…) où l’esprit le place. » p.63)

(5) Le sens commun pense le nombre du côté de l’acte subjectif qui le constitue, la science du côté de l’objectivité de sa matière.

(« À vrai dire, c’est l’arithmétique (…) perçues simultanément. » p.63)

2. Première distinction entre deux multiplicités : multiplicité quantitative directe et multiplicité quantitative symbolique. Elle laisse penser que le temps n’est pas le nombre de quoi que ce soit.

(« Or, si l’on admet cette conception du nombre (…) elles. » p.63-68)

a) Bergson distingue deux espèces de multiplicité : la première se compte directement, la seconde, symboliquement.

(« Or, si l’on admet (…) où intervient nécessairement l’espace. » p.63-65)

(1) Compter des objets matériels se fait directement dans l’espace.

(« Or (…) à notre observation. » p.63-64)

(2) Compter les faits de conscience se fait indirectement dans l’espace.

(« Il n’en est plus de même (…) encore des points de l’espace. » p.64-65)

(a) Pour certains états de l’âme, affectifs ou pour les représentations autres que la vue et le toucher, on ne peut compter qu’avec une « figuration symbolique ».

(« Il n’en est plus de même (…) figuration symbolique. » p.64)

(b) Pour ces états, soit on compte en se représentant leur cause, soit on conçoit un espace idéal pour les représenter. L’exemple de la cloche.

(« Il est vrai que ce mode (…) les sons dans la pure durée. » p.64)

(c) En fait, soit les différents états sont retenus, mais ne sont pas comptés, soit ils sont comptés, et il leur faut un milieu homogène.

(« Il faut pourtant s’entendre (…) de leur passage. » p.64-65)

(d) Or, ce milieu homogène ne peut être le temps dont les instants ne se conservent pas : c’est donc l’espace.

(« Reste à savoir (…) encore des points de l’espace. » p.65)

(3) Conclusion : il y a deux espèces de multiplicité quantitative : la multiplicité directe et la multiplicité symbolique.

(« D’où résulte enfin (…) nécessairement l’espace. » p.65)

 

b) Bergson poursuit l’analyse en montrant que l’impénétrabilité n’est pas une propriété de la matière mais une exigence logique attachée au nombre et à sa représentation spatiale. Aussi, la distinction entre les choses qui se comptent directement et celle qui impliquent un symbolisme spatial s’en déduit.

(« À vrai dire (…) symbolique dans l’espace. » p.65-67)

(1) L’impénétrabilité ne peut être une propriété empirique de la matière.

(« On érige parfois (…) un fluide impondérable. » p.65-66)

(2) L’impénétrabilité est une propriété logique : son opposé implique contradiction.

(« De fait (…) elle implique contradiction. » p.66)

(3) Bergson en déduit que le nombre deux ou n’importe quel nombre renferme de l’espace.

(« Mais cela ne revient-il pas (…) plutôt que de la matière. » p.66

(4) Les faits de conscience qu’on compte présupposent bien l’idée d’espace.

(« Pourtant on compte des sentiments (…) symbolique dans l’espace. » p.66-67)

c) D’où le problème. Doit-on distinguer la pure durée du temps qu’on compte ?

(« Il convient de s’arrêter (…) elles. » p.67-68)

(1) De la même manière que le chapitre premier a montré que la sensation représentative est pure qualité et n’est une quantité (l’intensité) que symbolique, le temps qu’on compte n’est-il pas espace et ne modifie-t-il pas la pure durée ?

(« Il convient (…) de la vraie durée ? » p.67)

(2) Il faut que la conscience s’abstraie du monde extérieur pour se demander s’il n’y a pas une différence de nature entre la multiplicité des états de consciences et celle du nombre.

(« Nous allons donc demander à la conscience (…) pure durée soit autre chose. » p.67-68)

(3) De la nécessité d’étudier directement les idées d’espace et de temps et leurs rapports.

(« Mais ces questions (…) elles. » p.68)

 

« L’espace et l’homogène. »

(« On aurait tort d’attribuer (…) réfléchie. » p.68-74)

1. Deux conceptions de l’espace sont possibles : la conception empirique qui le dérive de l’expérience et la conception transcendantale pour laquelle il précède l’expérience qu’il rend possible.

(« On aurait tort (…) la justification. » p.68-69)

a) Le faux problème de la réalité absolue de l’espace.

(« On aurait tort (…) dans l’espace. » p.68)

b) Les deux conceptions de l’espace, qualité de qualités sensibles ou cadre.

(« En somme (…) quoique d’un autre ordre. » p.68-69)

c) La juste formulation de la deuxième conception dans l’Esthétique transcendantale de Kant [1724-1804, Critique de la raison pure, 1781, 1787] rejoint la croyance populaire.

(« On doit à Kant (…) justification. » p.69)

2. La psychologie, même empiriste, n’a pas réussi à renverser la théorie kantienne : l’espace apparaît comme une forme a priori de la sensibilité.

(« Il ne semble pas d’ailleurs (…) une forme a priori de la sensibilité. » p.69-70)

a) Les explications nativistes sont kantiennes.

(« Les psychologues (…) Jean Muller ; » p.69)

 

b) Rudolph Lotze (1817-1881), Alexander Bain (1818-1903) et Wilhelm Wundt (1832-1920) semblent se préoccuper de savoir comment nos sensations se juxtaposent dans l’espace. Ils paraissent le dériver des sensations inextensives.

(« mais l’hypothèse des signes locaux de Lotze (…) résulterait de leur coexistence. » p.69-70)

c) Sans un acte de l’esprit, il n’y aura pas d’espace, comme il n’y aura pas de qualité chimique.

(« Mais comment expliquer (…) de la sensibilité. » p.70)

3. L’espace ne peut qu’être l’intuition ou le concept d’un milieu vide homogène.

(« Que si maintenant (…) de parler. » p.70-73)

a) L’espace est un milieu vide homogène puisqu’il permet de distinguer des sensations identiques et simultanées.

(« Que si (…) une réalité sans qualité. » p.70-71)

b) Malgré l’idée juste des théoriciens des signes locaux selon laquelle deux impressions produisent une différence qualitative, la distinction de situation implique un espace homogène.

(« Dira-t-on avec les partisans (…) hétérogénéité qualitative. » p.71)

c) Il faut distinguer la perception de l’étendue de sa conception. La première enveloppe des différences qualitatives qui expliquent les remarquables capacités d’orientation des animaux, la seconde montre une capacité étonnante de concevoir.

(« Nous estimons d’ailleurs (…) un espace sans qualité. » p.71-72)

d) La conception de l’espace rend possible l’abstraction et non l’inverse. L’espace permet donc de compter, d’abstraire, voire de parler.

(« Cette faculté n’est point celle d’abstraire (…) de parler. » p.72-73)

4. Bergson en déduit qu’il ne peut y avoir qu’un seul milieu homogène. Comme on distingue le temps de l’espace comme un milieu homogène où il y a succession et non coexistence, le problème se pose de savoir si cette conception n’est pas fallacieuse. C’est ce que Bergson veut montrer.

(« Or, si l’espace doit se définir l’homogène (…) réfléchie. » p.73-74)

a) Il ne peut y avoir que l’espace d’homogène car qu’il y ait deux formes de l’homogène paraît absurde.

(« Or (…) l’une de l’autre. » p.73)

b) Bergson rapporte la thèse selon laquelle le temps est un milieu homogène quoique différent de l’espace qui se définit par la succession et non par la coexistence.

(« Néanmoins (…) le remplit. » p.73)

c) L’auteur objecte qu’on se donne alors le temps tout entier en quoi il se distingue de la durée où il n’y pas distinction mais pénétration entre les états de conscience.

(« Il est vrai que (…) entière. » p.73)

d) Il pose la question de savoir si la notion de temps homogène n’est pas « un concept bâtard ».

(« Il y aurait donc lieu (…) réfléchie. » p.73-74)

 

« Le temps homogène et la durée concrète. »

(« L’école anglaise s’efforce (…) l’espace. » p.74-77)

1. Critique de l’école anglaise qui définit l’espace à partir du temps.

(« L’école anglaise (…) être employée à le définir. » p.74-76)

a) Exposé de la thèse de l’école anglaise.

(« L’école anglaise (…) succession dans la durée. » p.74)

 

b) La succession dans la durée n’implique pas de distinction comme le montre le cas paradigmatique de la mélodie.

(« Mais une pareille définition (…) l’espace. »  p.74-75)

c) C’est la projection de l’espace dans la durée pure qui rend possible les considérations d’ordre, de réversibilité.

(« Mais familiarisés avec cette dernière idée (…) se projette dans l’espace. » p.75-76)

d) Résumé de la critique de l’école anglaise : il n’est pas possible de définir l’espace avec le temps sans introduire celui-là dans celui-ci.

(« Bref, lorsque le déplacement (…) être employé à le définir. » p.76

2. Le temps pour un point matériel capable de conscience de soi qui se déplacerait sur une ligne serait pure succession et non une ligne, sinon, il faudrait introduire la notion d’espace. L’idée d’un temps homogène est prise de l’espace.

(« Pour mettre cette argumentation (…) l’espace. » p.76-77)

a) La fiction du point matériel conscient de soi : seul l’espace lui permettrait de se donner la ligne comme représentation de la succession.

(« Pour mettre (…) non dans la pure durée. » p.76-77)

b) L’erreur est qu’il n’est pas possible de se représenter une ligne qui n’a qu’une dimension sans l’espace à trois dimensions.

(« Nous touchons ici du doigt (…) un espace à trois dimensions ? » p.77)

c) Le point matériel conscient de soi sans l’idée d’espace apercevrait une pure durée où la succession est qualitative.

(« Si notre point conscient A (…) l’espace. » p.77)

 

« La durée est-elle mesurable ? »

(« Il est vrai que nous comptons (…) cette dernière illusion. » p.78-80)

1. La mesure du temps implique le symbole de l’espace. La pure durée présente une multiplicité qualitative qui exclut le nombre.

(« Il est vrai (…) inconsciemment de l’espace. » p.78-79)

a) Il faut distinguer le nombre d’oscillations d’un pendule et la pure durée.

(« Il est vrai (…) quantité mesurable. » p.78)

b) La conscience lorsqu’elle ne représente pas la durée symboliquement ne perçoit qu’une pure succession qualitative.

(« En interrogeant soigneusement la conscience (…) l’addition de quelque note nouvelle » p.78-79)

c) Lorsqu’elle identifie une sensation, elle use de l’espace.

« Si nous affirmons (…) indéfiniment à elle-même. » p.79)

d) La vraie durée est intensité.

(« La vraie durée (…) inconsciemment de l’espace. » p.79)

2. La difficulté à penser la pure durée tient à la durée des choses et à la conception d’un temps physique qui est une mesure du mouvement.

(« Mais nous éprouvons une incroyable difficulté (…) illusion. » p.79-80)

a) La durée des choses et le temps variable des équations scientifiques, semblent s’inscrire en faux contre l’idée de durée qualitative.

(« Mais nous (…) lui aussi, est une grandeur. » p.79-80)

b) La question de ce qui se mesure lorsqu’on parle du temps se pose et amène à l’idée d’une grandeur homogène.

(« L’analyse même (…) par conséquent homogène. » p.80)

c) Annonce de la thèse : un temps mesurable est une illusion.

(« Il n’en est rien (…) illusion. » p.80)

 

« Le mouvement est-il mesurable ? »

Cette question s’inscrit dans la thèse de Bergson selon laquelle le temps des choses n’est pas une mesure. En le montrant pour le mouvement, il critique implicitement la thèse d’Aristote selon laquelle « le temps est le nombre du mouvement selon l’avant et l’après » (Aristote, Physique, livre IV, 219b 1-2).

(« Quand je suis des yeux, sur le cadran d’une horloge (…) le passé coexiste avec le présent ! » p.80-84)

1. L’horloge et le temps homogène.

(« Quand (…) du temps avec l’espace. » p.80-82)

a) Sur une horloge, il n’y a pas de durée vraie mais une position de l’aiguille. Seul le moi vit la durée.

(« Quand (…) espace auxiliaire. » p.80-81)

b) Les positions de l’aiguille viennent fragmenter la durée vraie pendant qu’elle se donne à l’espace pour constituer l’idée d’un temps homogène, « quatrième dimension de l’espace » (p.81).

(« Or, entre cette succession (…) indéfiniment à lui-même. » p.81-82)

c) Sont réels l’espace qui ne dure pas et la durée qui appartient à la conscience dont la relation constitue le temps homogène qui s’appuie sur la simultanéité qui est leur intersection.

(« Que si maintenant (…) du temps avec l’espace. » p.82)

2. Le concept de mouvement. Il n’appartient pas à l’espace mais à l’esprit.

(« En soumettant à la même analyse (…) le passé coexiste avec le présent ! » p.82-84)

a) Le mouvement n’a pas lieu dans l’espace. Il est une synthèse mentale.

(« En soumettant (…) position. » p.82-83)

b) La perception d’un mouvement en plus des positions exige une unité analogue à une mélodie. Exemples : l’étoile filante, le geste rapide. L’espace parcouru doit être distingué du mouvement qui est qualité.

(« Si la conscience perçoit (…) intensité. » p.83)

c) Il en résulte une confusion entre l’espace et le temps comme s’il n’y avait pas que pour la conscience que « le passé coexiste avec le présent ».

(« Mais ici encore (…) le passé coexiste avec le présent ! » p.83-84)

 

« L’illusion des Éléates »

(« De cette confusion entre le mouvement et l’espace (…) c’est-à-dire l’immobilité. » p.84-86)

1. Critique des sophismes des Éléates. Achille et la tortue. Il ne la rattrapera jamais.

(« De cette confusion (…) ainsi espace et mouvement. » p.84)

2. La distinction d’un espace, d’un temps concrets et d’un espace et d’un temps abstraits est inutile. Il suffit de s’en tenir à l’intuition d’une durée et d’un mouvement indépendants de l’espace.

(« Nous ne croyons donc pas (…) qu’étendue, qualité et non pas quantité. » p.84-85)

3. La mathématique peut discuter des positions d’Achille et de la tortue mais non de leur mouvement. Seul est homogène dans le mouvement ce qui appartient à l’espace : l’immobilité.

(« Mesurer la vitesse (…) l’immobilité. » p.85-86).

 

« Idée et simultanéité »

(« Or, précisément pour cette raison (…) d’en vivre les intervalles. » p.86-87)

1. Thèse : la science élimine du temps et du mouvement l’essence qui est qualité.

(« Or, précisément (…) et en mécanique. » p.86)

2. La définition de l’égalité de deux durées dans les traités de mécanique se base seulement sur l’espace parcouru.

(« Les traités de mécaniques (…) les intervalles. » p.86-87)

a) La définition de l’égalité de deux durées dans les traités de mécanique montre que seul l’espace et non la durée est mesurée.

(« Les traités de mécaniques (…) se pense par la comparaison du présent au passé. » p.86)

b) Preuve : la multiplication par deux ou trois de la vitesse des mouvements de l’univers ne changerait rien aux lois physiques mais serait perçue par notre conscience. Bergson renvoie au chapitre 3 pour les prédictions de l’astronomie (cf. p.146 et sq.).

(« Ce (…) d’en vivre les intervalles. » p.86-87)

 

« Vitesse et simultanéité »

(« On aboutira à la même conclusion (…) le temps homogène. » p.87-90)

1. La vitesse du mouvement uniforme se définit en termes d’espace et de simultanéité.

(« On aboutira (…) d’espace et de simultanéité. » p.87)

2. La vitesse du mouvement varié se définit comme une limite.

(« Reste le mouvement varié (…) mobile A au point M. » p.87-88)

3. Conclusion : il n’y a pas de différence entre la vitesse du mouvement uniforme et la vitesse du mouvement varié : c’est en termes d’espace et de simultanéité qu’ils sont définis en physique.

(« Or, dans cette analyse (…) l’immobilité. » p.88)

4. La même conclusion découle du fait que la mécanique, usant de l’algèbre, ne peut considérer que l’espace et jamais la durée et le mouvement, même lorsqu’elle remplace la différence par la différentielle.

(« On eût prévu ce résultat (…) avec le nombre. » p.89)

5. Conclusion : seul l’espace est homogène. La durée conserve des moments, passé et présent, qui se pénètrent. La conscience produit le temps homogène en se spatialisant.

(« Il résulte de cette analyse (…) le temps homogène. » p.89-90)

 

« La multiplicité interne »

Il faut distinguer deux types de multiplicité, deux sens du terme distinguer, deux conceptions de la différence entre le même et l’autre. La première est qualitative, la seconde quantitative. La première est la condition de la seconde.

(« Mais une autre conclusion (…) une quantité sans qualité. » p.90-92)

1. La première multiplicité est qualitative, la seconde, quantitative requiert l’espace.

(« Mais (…) l’espace. » p.90)

2. L’habitude de parler, de distinguer spatialement, nous empêche d’exprimer ce que notre conscience ne peut que saisir en elle-même.

(« Malheureusement (…) sens commun. » p.90-91)

3. C’est la multiplicité qualitative qui rend possible le fait même de compter. Il y a de la qualité dans les chiffres dont tiennent compte les commerçants.

(« Et pourtant nous ne pouvons (…) d’addition possible. » p.91-92)

4. Conclusion. La qualité de la quantité rend possible la quantité sans qualité.

(« C’est donc (…) sans qualité. » p.92)

 

« La durée réelle ».

Elle est, par l’intermédiaire du mouvement, à la source de la construction du temps homogène.

(« Il devient dès lors évident (…) de la durée réelle. » p.92-93)

1. Le mouvement a un rôle privilégié dans la constitution du temps homogène.

(« Il devient (…) se projette dans l’espace. » p.92-93)

2. D’autres phénomènes que le mouvement, comme une série de coups de marteau, rendent possibles la constitution du temps homogène.

(« Mais à défaut du mouvement (…) de la durée réelle. » p.93)

 

« Les deux aspects du moi »

(« En un mot, notre moi (…) la simultanéité. » p.93-104)

1. Le moi profond dure pendant que le moi superficiel, avec qui il forme une seule et même personne, s’extériorise.

(« En un mot (…) ils sont contemporains. » p.93-94)

2. La dissociation de la pure durée.

(« Ce qui prouve (…) tirée de l’étendue. » p.94-95)

a) Pour prouver que la conception commune de la durée repose sur l’invasion de l’espace, il faut considérer le rêve qui dissocie la durée de l’espace.

(« Ce qui prouve (…) une extraordinaire sûreté. » p.94)

b) Même à l’état de veille, il est possible de séparer la durée de la conscience immédiate du temps homogène de la réflexion.

(« Même à l’état de veille (…) l’espace. » p.94)

c) L’expérience des quatre coups de l’horloge.

(« Au moment où j’écris ces lignes (…) tirée de l’étendue. » p.94-95)

3. Conclusion : il faut retrouver la durée pure, la multiplicité qualitative, le moi profond contre le temps homogène, la multiplicité quantitative et le moi superficiel qui ont leur source dans la vie sociale.

(« Distinguons donc (…) fondamental. » p.95-96)

4. Retrouver le moi fondamental exige un effort d’analyse qui sépare les faits de conscience de l’espace.

(« Pour retrouver ce moi fondamental (…) où il se projette. » p.96)

5. L’exemple de l’impression renouvelée et qualitativement de la promenade dans une ville montre qu’il faut distinguer le sentiment interne de l’objet et surtout du mot qui l’exprime.

(« Quand je me promène (…) contours précis et l’immobilité. » p.96-97)

a) La promenade réitérée dans la même ville amène des impressions qualitativement différente.

(« Quand (…) entre apprendre et se souvenir ? » p.96-97)

b) Nombreux sont ceux qui ne perçoivent pas la différence qualitative parce qu’ils ne s’interrogent pas, se livrant à la seule vie sociale.

(« Pourtant cette différence (…) l’immobilité. » p.97)

5. Les choses et les progrès. Le langage.

(« Nos sensations simples (…) leur propre stabilité. » p.97-98)

a) Distinguer la sensation et le goût, c’est confondre les choses et les progrès, confusion que le mot renforce.

(« Nos sensations (…) mot qui la traduit. » p.97-98)

b) L’influence du langage sur notre conscience est importante et source d’illusions.

(« Cette influence du langage (…) stabilité. » p.98)

6. Les sentiments.

(« Nulle part cet écrasement (…) en présence de nous-mêmes. » p.98-100)

a) Thèse : les sentiments manifestent le recouvrement de la conscience immédiate.

(« Nulle part (…) sentiment. » p.98)

 

b) Un sentiment enveloppe une multiplicité qualitative qui a tendance à se déformer dans l’espace. C’est ce qui rend possible la résolution.

(« Un amour violent (….) ce sentiment son animation et sa couleur. » p.98-99)

c) Déployer le sentiment dans un milieu homogène, c’est se retrouver face à son ombre.

(« Nous voici (…) pour servir à une déduction future. » p.99)

d) Il peut être suggéré par un romancier mais jamais exprimé par les mots qu’il emploie.

(« Que si maintenant quelque romancier (…) de nous-mêmes. » p.99-100)

7. Les idées qui sont nôtres sont inexprimables et nous appartiennent en vertu de leur pénétration en nous. La dissociation, voire la superficialité nous éloigne de nous-mêmes et ouvre la voie à l’associationnisme, qui est, sur le fond, faux.

(« Nous éprouverions une surprise (…) de la vie intellectuelle. » p.100-102)

a) L’abstraction qui dissocie des idées mêlées est nécessaire à la vie sociale.

(« Nous éprouverions (…) dans la discussion philosophique. » p.100)

b) L’associationnisme est erroné comme le montre notre attachement à certaines idées qui s’expliquent par la fusion où elles sont avec notre personne.

(« Mais lorsque nous nous (…) entier. » p.100-101)

c) Les idées extérieures les unes les autres sont celles qui ne sont pas vraiment nôtres.

(« Il s’en faut d’ailleurs (…) raison logique. » p.101)

d) Dans les profondeurs de la conscience, comme le montre le rêve, les idées qui paraissent contradictoires, se mêlent.

(« Mais si, creusant au dessous de la surface (…) la vie intellectuelle. » p.101-102)

8. Conclusions sur les deux aspects du moi.

(« Ainsi se vérifie (…) la simultanéité. » p.102-104)

a) Finalement, la conscience seule livre une durée pure, celle de la multiplicité indistincte.

(« Ainsi (…) ce serait encore les distinguer. » p.102)

b) C’est la vie sociale avec la conception d’un espace homogène qui la prépare qui amène la dissociation des éléments fondus du moi

(« Si chacun de nous (…) à vivre en commun et à parler. » p.102-103)

c) La vie sociale explique l’apparition d’une sorte de second moi qui est le même que le premier mais qui tend à se dissocier en états.

(« Mais à mesure que se réalise (…) sans peine par des mots. » p.103)

d) Bergson prévient une objection selon laquelle il dédoublerait la personne. C’est la même qui se dissocie et qui reste dissociée pour la vie sociale. La psychologie statique peut décrire des états sans se préoccuper de la question de la psychologie dynamique : d’où viennent-ils ?

(« Et qu’on ne nous reproche pas (…) le mode de formation. » p.103-104)

e) Par contre, une psychologie dynamique qui veut reconstituer la vie de l’esprit par des états ne peut que tomber dans des difficultés inextricables, preuve de la fausseté de son postulat.

(« Mais si, passant (…) la simultanéité. » p.104°

 

Annonce du thème du chapitre III : la liberté.

(« Nous allons voir (…) à sa représentation symbolique. » p.104)

 

 

 

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