Cicéron - Biographie

Publié le par Bégnana

Vie.

Marcus Tullius Cicero (son surnom signifie « pois chiche » ou « verrue »), connu en français sous le nom de Cicéron est né le 3 janvier 106 avant J.-C. dans le Latium dans une famille plébéienne qui s’était élevée dans la classe des chevaliers (equites), c’est-à-dire la seconde classe à Rome après la classe des sénateurs.

Il reçoit une formation en droit et en philosophie. Il achève sa formation en rhétorique et en philosophie en Grèce. Il suit les cours du stoïcien Diodote (1er siècle av. J.-C.). Il suivra également les leçons du platonicien Philon de Larissa (~145-79 av. J.-C.). À Rome, il suit des cours d’éloquence d’Antoine (143-87 av. J.-C.) et Crassus (140-91 av. J.-C.). Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) le nommera « le prince de l’éloquence » (Discours sur les sciences et les arts, 1750).

En 76 av. J.-C., Cicéron se lance en politique. Il suit le cursus honorum. Il est d’abord questeur, c’est-à-dire un magistrat chargé des finances.

En 70 Cicéron est édile, c’est-à-dire chargé de l’administration d’un domaine de la ville de Rome. Il se fait connaître en défendant des Siciliens au cours d’un procès contre Caius Licinus Verres (120-43 av. J.-C.), ancien gouverneur de Sicile, accusé de détournement de fonds et de vols d’œuvres d’art. Verres s’exile à Massilia (Marseille) en emportant son butin. Cicéron remporte le procès. Il publie les discours qu’il avait préparés, sous le nom de Verrines.

En 67, Cicéron devient préteur, c’est-à-dire qu’il a des fonctions militaires et religieuses. Grâce à lui, Pompée (106-48 av. J.-C.) obtient de larges pouvoirs pour combattre le roi Mithridate VI (132-63 av. J.-C.) du royaume du Pont (en Asie mineure) et les pirates qui dominaient en méditerranée.

En 63, Cicéron devient consul, c’est-à-dire un des deux principaux magistrats ou gouvernants à Rome. Il est élu contre Catilina (108-62 av. J.-C.). Bientôt Cicéron dénonce la conjuration de Catilina contre la République. Catilina, voyant sa conspiration éventée, décide de fuir. Cicéron fait mettre à mort ses complices, soutenu par Caton (95-46 av. J.-C.). Jules César (100-44 av. J.-C.) quant à lui, avait demandé la vie pour les conjurés. Catilina meurt peu après dans une bataille. Cicéron publia alors les Catilinaires, un recueil des discours qu’il avait prononcé contre Catilina. Cicéron combat une loi agraire, c’est-à-dire en faveur des plus pauvres, proposée par les amis restant de Catilina. Sa popularité en est affectée. Il se retire alors de la vie politique.

En 60, Pompée, le très riche Crassus (115-53 av. J.-C.) et César s’allient pour se partager le pouvoir dans la république romaine dans ce qu’il est convenu d’appeler le premier triumvirat. Cicéron, républicain, s’oppose à eux. Il est en butte à l’hostilité immédiate d’un protégé de César, Clodius (92-52 av. J.-C.).

En 58 avant Jésus Christ, Cicéron est exilé par Clodius, tribun de la plèbe, pour avoir fait tuer sans jugement des citoyens romains. César commence la conquête des Gaules.

En 57, Cicéron rentre à Rome. Il se heurte à de multiples reprises à Clodius.

En 56, César, Pompée et Crassus renouvellent leur alliance. Cicéron s’incline.

En 54, Cicéron lit le De natura rerum du philosophe et poète épicurien Lucrèce (~99-55 av. J.-C.). Il a peut-être fait éditer le poème.

En 53, les légions de Crassus, parti en campagne contre les Parthes, sont écrasées. Crassus est tué. César et Pompée restent face à face.

En 52, Clodius est assassiné par Milon, un homme de main de Cicéron. Le meurtrier est condamné à l’exil par Pompée. César écrase Vercingétorix (~80-46 av. J.-C.) à Alésia. Cicéron est chargé de surveiller les travaux d’embellissement du Forum par César.

En 51 av. J.-C., Cicéron est désigné proconsul de Cilicie, en Asie mineure. Il est ainsi éloigné de Rome.

En 50 av. J.-C., il rentre à Rome.

En 49 (le 12 janvier), César franchit le Rubicon. C’est la guerre civile : la cité est partagée entre ses partisans de César et ceux de Pompée. Prenant le parti de ce dernier, Cicéron doit quitter Rome.

En 48 (le 29 juin) César écrase les Pompéiens à la bataille de Pharsale. Pompée s’enfuit en Égypte où le roi Ptolémée XIII (61-47 av. J.-C.), frère de Cléopâtre VII (69-30 av. J.-C.), le fait assassiner. Cicéron se rallie à César.

En 46 (dans la nuit du 12 au 13 février), Caton assiégé dans Utique, se suicide après avoir relu le Phédon de Platon (texte qui dénonce l’immoralité du suicide). Cicéron divorce de sa femme Terentia, pour épouser une très jeune femme, Publilia.

En 45, sa fille Tullia meurt. C’est la période où Cicéron rédige ses traités de philosophie.

En 44 (le 15 mars), César est assassiné. Cicéron qui n’a pas participé au complot des républicains, est leur conseiller dans un premier temps. Toutefois, Marc Antoine, le fidèle lieutenant de César, obtient leur exil. À Rome, Cicéron prononce contre Marc-Antoine des Philippiques. Les pompéiens mais également Octave (63 av. J.-C.-19 ap. J.-C.), petit neveu et fils adoptif de César, le futur empereur Auguste, le soutiennent. Marc Antoine, d’abord chassé d’Italie, regroupe des légions pendant qu’Octave se retourne contre ses alliés et prend Rome.

En 43, Octave, Marc Antoine et Lépide forme un triumvirat. Ils promulguent de nouvelles proscriptions. Cicéron, nommé sur la liste des condamnés, est assassiné le 7 décembre à Gaète, sa tête et ses mains furent exposées sur le forum romain.

 

Œuvres.

Il nous reste 58 de ses 88 plaidoiries. Des traités de rhétoriques : De inuentione (Sur de l’argumentation rhétorique, 84) ; De Oratore (Sur l’art oratoire, 55) ; De partitionibus oratoriis (Sur les subdivisions du discours, 54) ; De optimo genere oratorum (Sur le meilleur style d’orateur, 52) ; Brutus et Orator ad Brutum (Sur l’Orateur, 46) ; Topica, (Topiques, 44). Des œuvres philosophiques : De Republica (La République, 54) ; De legibus (Des lois, 52) ; Hortensius (œuvre perdue, célèbre à cause de son influence sur Augustin [354-430]) ; Lucullus ou Academia Priora ; Academia Posteriora ; De finibus bonorum et malorum (Des termes extrêmes des biens et des maux) ; Tusculanæ Disputationes (Tusculanes) ; De Natura Deorum (De la nature des dieux) ; De divinatione (De la divination) ; De fato (Du destin, 45) ; Cato Maior de senectute (Sur Caton l’Ancien) ; Laelius de amicitia (Sur l’amitié) ; De officiis (Des devoirs, 44). De dates inconnues : Paradoxa Stoicorum (Paradoxes stoïciens). Nous possédons aussi 800 lettres adressées à divers correspondants, ainsi que des fragments de ses poésies pour lesquelles il a mauvaise réputation.

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