Fiche 2 (L) : La perception

Publié le par Bégnana

“Kaninchen und Ente” (“Lapin et canard ”), Fliegende Blätter, 23 octobre 1892

“Kaninchen und Ente” (“Lapin et canard ”), Fliegende Blätter, 23 octobre 1892

Analyse.

La perception s’entend au sens le plus large comme une représentation immédiate. On peut, en ce sens, parler de la perception d’une idée. C’est la conscience immédiate.

La perception au sens étroit désigne la saisie, par l’intermédiaire des sens (vue, ouïe, odorat, goût, toucher) d’un objet singulier situé dans l’espace et le temps. Pour le sujet, c’est-à-dire l’être doué de conscience, elle se donne comme l’ouverture même au réel, au moins dans sa dimension empirique. On dit d’un objet perçu qu’il est concret alors qu’on dit de ce qui n’est que pensé que c’est abstrait. La perception se dit aussi du résultat de l’acte de percevoir. On qualifiera ainsi ce qu’on voit, touche, etc., c’est-à-à-dire finalement la représentation de l’objet perçu.

L’objet perçu l’est par plusieurs sens, parfois par un sens. La perception a lieu dans des endroits et à des moments différents. La perception est donc une synthèse. Or, les données des sens (couleurs, formes, sons, qualités tactiles, goûts, parfums) sont indépendantes les unes des autres et comportent un aspect subjectif, c’est-à-dire qu’elles appartiennent au seul sujet et non à l’objet.

 

Problèmes.

Dès lors, comment s’opère la synthèse qu’est la perception ? Provient-elle d’une liaison entre les données des sens qui s’opère dans le sujet malgré qu’il en ait, par les principes de l’association des idées, contigüité dans l’espace ou le temps, ressemblance, causalité (cf. Hume) ? Ou bien provient-elle d’un jugement de l’esprit de sorte que la perception est toujours une opération intellectuelle (cf. Descartes) ? Ou bien a-t-elle pour fondement un découpage du réel qu’effectue le sujet sur la base des exigences de la pratique (cf. Bergson), voire des habitudes de sa culture ou de son histoire (cf. Marx) ? C’est le problème des conditions de possibilités de la perception.

 

Dans la mesure où la perception repose sur les sens que possède l’homme, se pose aussi le problème de sa vérité. Est-elle pour le sujet un aspect secondaire de son être lié à la présence d’un corps, un dispositif purement vital qui lui permet de repérer plus ou moins précisément ce qui utile ? Ou bien au contraire, la perception est-elle ce qui fonde l’enracinement du sujet comme un être par et pour lequel un monde un possible ? Est-elle une source de vérité, notamment par et grâce à l’art ?

 

 

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