Fiche 22 (L, ES, S) : Le devoir

Publié le par Bégnana

 

Le devoir s’entend de ce qui oblige un sujet à faire (= prescription) ou à ne pas faire (= interdiction) parce que la fin est bonne. Le devoir doit être connu du sujet de sorte que le premier de ses devoirs est de chercher à connaître ce qu’il doit faire ou non, ce qui présuppose qu’il sache qu’il est obligé. Dans le cas du devoir social, c’est-à-dire de l’obligation qui provient de la société dans laquelle on vit (par exemple, conduire à gauche comme au Japon ou à droite comme aux États-Unis) c’est l’éducation qui permet au sujet de savoir ce qu’est son devoir. Dans le cas de la morale, il faut donc admettre que la conscience soit innée (cf. Rousseau : « Conscience, conscience, instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d’un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal … »).

Le devoir exige aussi que le sujet soit libre sans quoi il n’y a aucun sens à exiger de lui qu’il ait à se conduire d’une façon plutôt que d’une autre. Qu’il y ait devoir semble montrer donc la liberté. Cependant, exiger quelque chose de quelqu’un, voire exiger de lui ce qu’il ne peut tenir, peut être un instrument de domination.

Le premier problème est : le devoir moral fonde-t-il la liberté ou bien produit-il l’illusion de la liberté ?

La diversité des coutumes et des mœurs selon les cultures, voire leur opposition, conduit à contester la possibilité d’un devoir moral. Toutefois, la présence des mêmes vertus dans nombre de sociétés et la distinction entre les obligations sociales et les obligations proprement morales laissent ouverte la possibilité de la morale, entendue comme l’ensemble des prescriptions qui permettent de réaliser le bien au sens absolu du terme.

Un deuxième problème est : qu’est-ce qui permet de s’assurer qu’il y a bien un devoir moral ?

Le devoir morale exige du côté du sujet qu’il soit accompli pour lui-même, c’est-à-dire de façon désintéressée. C’est ce qui fait sa valeur. Mais le devoir n’a de sens que si et seulement s'il vise le bien et par conséquent se présente comme bon pour le sujet.

Le troisième problème est donc celui de savoir si le devoir fonde la morale ou bien s’il faut d’abord déterminer ce qu’est le bien, voire le bonheur, pour déterminer ce qu’est le devoir.

 

 

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