Fiche 23 (L, ES, S) : Le bonheur

Publié le par Bégnana

Le bonheur étymologiquement s’entend de la correspondance réussie entre la réalité et nos désirs dont le contraire est le malheur. En ce sens il ne dépend pas de nous. On peut au mieux prier pour l’obtenir. En outre, il qualifie des moments différents. Enfin, il peut être l’objet d’une prise de conscience ultérieure sur son existence ou sur son absence.

Or, le bonheur est aussi une aspiration de l’homme. Qui voudrait être malheureux ? Il faut entendre alors la recherche d’un accomplissement qui concerne la vie tout entière.

L’identification du bonheur et du plaisir paraît naturel. Or, ce dernier paraît éphémère alors que le premier tend à durer. Une vie de plaisirs serait une vie heureuse, mais elle paraît dépendre d’un tellement grand nombre de conditions extérieures qu’il paraît difficile de l’atteindre. La solution épicurienne consiste alors à limiter la recherche du plaisir aux désirs finis (naturels et/ou nécessaires) et à éliminer les désirs illimités. À cette condition une vie heureuse est possible.

Reste que la vie de plaisirs se heurte au problème moral. Faire son devoir conduit parfois à refuser de prendre du plaisir, voire à privilégier la douleur. La vie morale paraît s’opposer à la vie heureuse. La solution stoïcienne consiste à refuser le plaisir comme élément de la vie heureuse et à la comprendre comme vie vertueuse. Être satisfait de faire le bien doit emplir l’âme d’une joie inébranlable. Arriver à faire notre volonté dépend absolument de nous. Le bonheur en ce sens est à notre portée.

Il n’en reste pas moins vrai que le désir apparaît impossible à extirper. La vie morale et la vie heureuse paraissent donc s’opposer.

Problèmes. Laquelle des deux doit être première, est-ce la vie heureuse (Aristote) ou la vie morale (Kant) ? Comment comprendre la possibilité du souverain bien s’il est une synthèse de devoir moral ou vertu et de bonheur ?

 

 

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