Hannah Arendt biographie

Publié le par Bégnana

Hannah Arendt est née à Hanovre le 14 octobre 1906 dans une famille de juifs laïcs. En 1924, elle obtient son Abitur (le baccalauréat allemand). Elle commence des études supérieures de philosophie, théologie et de philologie classique. En 1925, elle suit les cours de Martin Heidegger (1889-1976) à Marbourg avec qui elle a une relation passionnelle. Après avoir rompu, elle poursuit ses études à Fribourg-en-Brisgau pour devenir l’élève d’Edmund Husserl (1859-1938). Recommandée par Heidegger, elle suit les cours de Karl Jaspers (1883-1969) à Heidelberg. Sous sa direction elle rédige sa thèse de doctorat sur le Concept d’amour chez Augustin (Der Liebesbegriff bei Augustin) qui paraît en 1929. Elle épouse un étudiant juif Günther Stern (qui se fera nommé plus tard Günther Anders). Elle obtient une bourse d’études pour travailler à une biographie de Rahel Varnhagen (1771-1833), une juive allemande, écrivaine dont le salon était fréquenté par les écrivains romantiques.

En 1933, après l’accession d’Adolf Hitler (1889-1945) au pouvoir, Hannah Arendt est chargée par Kurt Blumenfeld (1884-1963), membre de l’organisation sioniste mondiale, de recueillir les témoignages de la propagande antisémite en Allemagne. Arrêtée par la Gestapo, elle est bientôt relâchée. Elle quitte l’Allemagne pour la France où elle participe à l’accueil des réfugiés fuyant le nazisme. En 1937, elle divorce d’avec Günther Stern.

Elle se remarie le 16 janvier 1940 avec Heinrich Blücher (1899-1970) un ancien spartakiste. En mai 1940, elle est internée comme allemande au camp de Gurs (actuelles Pyrénées-Atlantiques). Elle s’enfuit à Montauban puis gagne Marseille. Elle y obtient, grâce au Centre américain d’Urgence de Varian Mackay Fry (1907-1967), un visa pour le Portugal.

En mai 1941 elle embarque pour l’Amérique. Elle s’installe à New York. Après avoir occupé un emploi d’aide à domicile dans le Massachusetts, elle revient à New York où elle collabore à plusieurs journaux. Après la Seconde Guerre mondiale, elle retourne en Allemagne où elle renoue avec Heidegger et avec le couple Jaspers.

En 1951, naturalisée citoyenne des États-Unis d’Amérique, elle entame une carrière universitaire. Elle publie son grand livre Les Origines du totalitarisme (The Origins of Totalitarianism). En 1958 elle fait paraître Condition de l’homme moderne (The human condition) et son travail sur Rahel Varnhagen. La vie d’une Juive allemande à l’époque du romantisme (Rahel Varnhagen : The Life of a Jewess). En 1961, elle fait paraître un recueil de textes : La Crise de la culture (Between past and future : Six Exercices in Political Thought).

Elle couvre à Jérusalem pour un journal américain, le New Yorker, le procès du responsable nazi Adolf Eichmann (1906-1962) capturé le 11 avril 1960 par les services secrets israéliens à Buenos Aires. Le 15 décembre il est condamné à mort et pendu le 1er juin 1962. En 1963, les articles qu’elle avait écrits sont réunis dans un livre intitulé, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal (Eichmann in Jerusalem : A Report on the Banality of Evil). S’ensuit une violente polémique où on va jusqu’à l’accuser d’être nazie. La même année, elle publie son Essai sur la révolution (On revolution). À partir de 1963, elle devient titulaire de la chaire de science politique à l’université de Chicago.

En 1966, elle apporte son soutien à la pièce de théâtre de l’allemand Rolf Hochhuth (né en 1931), Le Vicaire, œuvre qui critique l’action du pape Pie XII 1869-1939-1958) face à la Shoah. En 1967, elle est nommée professeur à la New School for Social Research (New York) où elle restera jusqu’à sa mort. En 1968 La crise de la culture est augmentée de deux essais. Elle publie Vies politiques (Men in Dark Times). En 1971, elle donne une édition augmentée de ses Vies politiques. En 1972, elle publie Du mensonge à la violence. Essais de politique contemporaine (Crise of the Republic).

En 1973, elle commence une série de conférences à Aberdeen sur « La pensée », et « Le vouloir » qui constituent les deux premières parties de son livre posthume La Vie de l’esprit, dont elle n’a pas eu le temps d’écrire la troisième et dernière partie, « Juger ». Elle meurt le 4 décembre 1975 à New York.

 

Publié dans Auteurs

Commenter cet article