Jean-Paul SARTRE, "Le mur" – analyse.

Publié le par Bégnana

L’édition utilisée est :

Jean-Paul Sartre, Le mur, Gallimard 1939 Folio n°878

La nouvelle qui donne son titre au recueil occupe les pages 11 à 37.

 

Notions.

Le sujet – L’existence et le temps – La vérité – La morale.

 

 

Analyse

 

Le récit est raconté par un prisonnier qui vient d’être arrêté avec d’autres (p.11), le premier Tom, membre de la brigade internationale (on apprend plus loin p.23 qu’il est irlandais) et Juan qui prétend ne pas faire de politique comme son frère José selon ce que nous apprend l’interrogatoire de l’un et de l’autre (p.12).

Cet interrogatoire permet de savoir que le narrateur s’appelle Pablo Ibbieta. Il est accusé d’avoir caché Ramon Gris du 6 au 19 d’un mois et d’une année inconnus, ce qu’il nie (p.12).

En réalité, l’interrogatoire vaut jugement et les prisonniers sont emmenés dans les caves d’un hôpital (p.12-13).

Bientôt les trois prisonniers désignés par leur nom de famille, Steinbock pour Tom et Mirbal pour Juan, apprennent qu’ils seront fusillés le lendemain (p.15).

Le narrateur à la différence de Tom ne regrette pas que le « petit » soit exécuté. Il lui reproche sa jeunesse et sa peur que manifeste sa couleur grise. Il reproche à Tom de vouloir s’en occuper plutôt que de penser à la mort, seule activité qui lui paraît digne (p.15-16). Bientôt Tom également est gris (p.16-17).

Un médecin belge, accompagné de deux gardiens, vient les assister (p.17). Les prisonniers refusent les cigares qu’il offre.

Pablo se rend compte qu’il sue et que le médecin l’interprète comme la manifestation de la terreur (p.18-19).

Le petit Juan s’enquiert auprès du médecin des conditions de l’exécution. L’autre tente de le rassurer sur la souffrance (p.19-20).

Tom qui sue également se met à parler. S’il imagine l’exécution, le mur qui résiste, les douleurs, il n’imagine pas l’après. Il précise qu’il faudrait qu’il pût voir son cadavre sans que ce soit lui qui le voit : ce qui est impossible (p.21-23). Le narrateur est d’accord avec Tom, mourir n’est pas naturel, mais il est mécontent de cet accord avec quelqu’un qu’il n’aime pas (p.23-24). Tom urine sur lui sans s’en rendre compte. Le narrateur distingue les condamnés à mort du belge : il les compare à des vampires (p.24-25). Le narrateur qui butte sur sa mort se met à se rappeler et à narrer sa vie (p.25-26). Elle lui paraît une ébauche et fausse parce qu’elle a été vécu sous le sceau de l’éternité (p.27).

Le médecin belge leur propose de dire quelque chose à leurs proches. Pablo nie en avoir. Tom lui parle alors de Concha, sa dernière amoureuse. Pablo lui a révélé son existence parce qu’il voulait la revoir. Ce n’est plus le cas maintenant qu’il va mourir (p.27-28). Tom également sent sa propre mort à même un certain recul des objets (p.28).

Tom se pense délivré de l’illusion de l’éternité. Mais il se sent étranger à son corps. Une tâche humide sur son pantalon dont l’origine lui est inconnue l’amène à aller uriner (p.28-29).

Le médecin leur annonce qu’il est trois heures et demie. Juan crie qu’il ne veut pas mourir. Pablo pense qu’il souffre moins qu’eux car il ne pense pas sa mort (p.29-30).

Tom entend des hommes marcher. C’est bientôt le jour. Les occupants de la cellule entendent tirer. Des hommes entrent, les appellent. Ils emmènent Tom et le petit. Pablo est laissé. Il reste seul (p.30-32).

Au bout d’une heure il est emmené dans une pièce et interrogé sur Juan Gris par deux officiers. Il refuse de répondre. Les officiers lui proposent un marché : Juan Gris contre lui. Ils le font emmener pour un quart d’heure dans une lingerie pour qu’il réfléchisse. Il y voit un calcul (p. 32-33).

Pablo ne trouve pas les raisons qui l’amènent à ne pas parler, abstraction faite de la torture. En effet, la perspective de la mort a anéanti toutes les raisons qu’il passe en revue, l’amitié, la cause anarchiste (p. 33-34).

Il est de nouveau interrogé. Il donne comme renseignement que Juan Gris est caché dans le cimetière. C’est selon lui pour leur faire une farce. Les officiers demandent quinze hommes et le menacent s’il a menti (p.34-35).

Un officier arrive. Il ne sera pas fusillé. Son cas sera examiné par un tribunal civil. Il se retrouve dans une cour avec d’autres prisonniers. L’un d’eux, Garcia, fait prisonnier pour ses idées, lui apprend que Juan Gris avait quitté son cousin avec qui il s’était disputé et aurait voulu se cacher chez lui. Refusant l’aide des autres, il s’était caché au cimetière, dans le caveau des fossoyeurs. Il a été trouvé. Il s’est défendu et a été tué (35-37).

     Le narrateur rit à en pleurer (p.37).

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