Musset - biographie

Publié le par Bégnana

Louis-Charles-Alfred de Musset est né le 11 décembre 1810 à Paris. Il est le troisième enfant de Victor-Donatien de Musset-Parthay, un amateur de Roussseau et d’Edmée-Claudette Guyot-Desherbiers qui se sont mariés le 10 juillet 1801. Un premier enfant, Louise-Jenny, née le 25 juillet 1802 est morte le 9 novembre 1805. Le 7 novembre 1804, naît Paul-Edme de Musset (†1880), le fidèle compagnon de son frère cadet et son futur biographe. Le 6 novembre 1814, Oscar de Musset naît. Il décède en 1818.

Il entre en sixième en octobre 1819 au collège royal Henri-IV. Le 1er novembre, naît Charlotte-Amélie-Hermine de Musset.

En 1821, son père publie une Histoire de la vie et des œuvres de J.-J. Rousseau (1821)

En 1824, il se lie d’amitié au collège Henri-IV avec Ferdinand-Philippe d’Orléans, duc de Chartres (1810-1842), fils aîné du futur roi Louis-Philippe. On peut dater du 16 septembre À ma mère, chanson, les plus anciens vers conservés du poète. Son père commence cette année-là à publier une édition des Œuvres complètes de J. J. Rousseau, mises dans un nouvel ordre, avec des notes historiques et des éclaircissements, en 26 volumes. Le tome premier est consacré aux Beaux-arts : Dictionnaire de musique.

Le 17 août 1827, à la distribution des prix du collège Henri-IV, alors qu’il est élève de philosophie (terminale), il reçoit le 1er prix de dissertation latine et le 2e prix de dissertation française. Il obtient la même année le premier prix de dissertation française au concours général. Bachelier, il peut se reposer durant les vacances dans le château de son oncle et parrain, le marquis de Musset-Cogners (1753-1839) dans la Sarthe. Le 23 septembre, à propos de son avenir, il écrit à son ami et condisciple, Paul Foucher (1810-1875), le beau-frère de Victor Hugo (1802-1885) :

« Je ne voudrais pas écrire, ou je voudrais être Shakespeare ou Schiller ; je ne fais donc rien ! »

À l’automne, il suit d’abord des cours à la faculté de médecine, puis passe au droit, enfin au dessein et à la musique.

En 1828, il se lie à des élégants viveurs avec qui il écume les cafés à la mode et a de nombreuses aventures. C’est une de ses liaisons où il fut moqué qu’il transposera dans la Confession d’un enfant du siècle. Le 31 août, Un rêve, ballade qu’il signe de ses seules initiales, est imprimée dans Le Provincial, un recueil périodique imprimé à Dijon. Le 4 octobre, il adapte les Confessions of an English Opium Eater (1822) sous le titre L’Anglais mangeur d’opium de Thomas de Quincey (1785-1859). À l’automne, il est présenté à Victor Hugo par Paul Foucher. Il rencontre les écrivains Alfred de Vigny (1797-1863), Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) et Prosper Mérimée (1803-1870). Il est également reçu chez Charles Nodier (1780-1844).

En avril 1829, il commence à travailler dans une entreprise de chauffage militaire après avoir été recommandé par son père. Le 24 décembre, son père organise une soirée littéraire au cours de laquelle Alfred de Musset lit devant Mérimée, Vigny et d’autres, des poèmes extraits de son recueil à paraître Contes d’Espagne et d’Italie. C’est peu après qu’il démissionne de son entreprise. Fin décembre, les Contes d’Espagne et d’Italie paraissent datés de 1830. Ils remportent un succès immédiat.

Dans le premier semestre de 1830, il écrit La Quittance du diable d’après Walter Scott (1871-1832), pièce qui ne sera pas représentée. En juillet, la Revue de Paris publie Les Secrètes pensées de Rafaël, gentilhomme français. Puis, en octobre, la même revue publie Les Vœux stériles. Il collabore à partir du 27 octobre à la revue le Temps où il signe des chroniques hebdomadaires. Sa pièce, La Nuit Vénitienne ou Les Noces de Laurette, connaît un échec cuisant lors de sa représentation à l’Odéon le 1er décembre. La 2ème représentation le lendemain se passe aussi mal. Elle sera la dernière. Le texte de la pièce paraît en décembre dans la Revue de Paris. Blessé, il s’éloigne de la scène mais non du théâtre.

Du 10 janvier 1831 au 30 mai 1831, ses chroniques hebdomadaires ont pour titre générique Revue fantastique. Le 6 juin il arrête sa collaboration à la revue le Temps.

Le 8 avril 1832, son père meurt du choléra. Musset doit désormais s’assumer. La littérature devient un gagne-pain. Il publie en décembre Un spectacle dans un fauteuil, poésie, qui comprend Au lecteur, Namouna, Conte oriental et deux poèmes dramatiques, La coupe et À quoi rêvent les jeunes filles. Il se brouille avec Victor Hugo.

Le 15 mars 1833, il entre à la Revue des Deux Mondes créée par François Buloz (1803-1877) le 1er août 1829. Musset donne le compte rendu qu’il ne signe pas de Gustave III ou le bal masqué, un opéra de Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871) sur un livret de Eugène Scribe (1791-1861) et Edouard-Joseph-E. Mazères créé le 27 février à l’Opéra de Paris. Le 1er avril André del Sarto, drame en trois actes et en prose, paraît dans la Revue des Deux Mondes. Puis le 15 mai la même revue publie les Caprices de Marianne, comédie en deux actes et en prose. En juin, peut-être le 19, Aurore Dupin, alias, George Sand (1804-1876) dîne en compagnie de Buloz et de collaborateurs de la Revue des Deux Mondes. Elle y aurait fait la connaissance de Musset. Elle avait fait paraître en 1832 deux romans, Indiana et Valentine que Musset avait lus. Toujours est-il que le 24 juin commence un échange de correspondance entre les deux écrivains. Le 26 juillet, Musset lui écrit :

« Mon cher George, j’ai quelque chose de bête et de ridicule à vous dire […]. Je suis amoureux de vous. »

Il est également question du départ de George Sand pour l’Italie. Leur liaison semble consommée le 29 juillet. Du 5 au 13 août, ils séjournent à Fontainebleau. Musset abandonne provisoirement sa vie de débauche. Le 15 août, Rolla paraît dans la Revue des Deux Mondes. Le 1er décembre, c’est Un mot sur l’art moderne qui paraît dans la même revue. Le 12 décembre, George Sand et Musset partent pour l’Italie. Durant leur voyage, ils auront Henri Beyle, alias Stendhal (1783-1842) pour compagnon de voyage entre Lyon et Marseille. Du 17 au 20 décembre, George Sand et Musset séjournent à Marseille. Ils embarquent alors pour Gênes où ils arrivent le lendemain. Puis ils vont à Livourne, Pise, Florence (le 28), Bologne (le 29), Ferrare, Rovigo, Mestre. Ils arrivent à Venise le 31 décembre.

Début janvier 1834, Sand et Musset sont à Venise. À Paris Fantasio, comédie en deux actes et en prose paraît dans la Revue des Deux Mondes. Le personnage éponyme y soupire :

« O Spark, mon cher Spark, si tu pouvais me transporter en Chine ! Si je pouvais seulement sortir de ma peau pendant une heure ou deux ! Si je pouvais être ce monsieur qui passe ! » (Acte I scène 2).

Déjà souffrant en janvier où il a été soigné par le docteur Pagello, le 4 février, Musset tombe gravement malade. George Sand fait de nouveau appelle à Pagello pour Alfred et pour elle. Georges Sand le soigne et le 13 février elle peut écrire qu’il est sauvé. Toutefois, elle s’est rapprochée de son médecin, Pagello. Le 29 mars, Musset quitte seul Venise, laissant George et Pagello. Il publie le 1er juillet On ne badine pas avec l’amour, proverbe en trois actes et en prose dans la Revue des Deux Mondes. Le 10 juillet, il annonce à George qu’il a commencé son roman, la Confession d’un enfant du siècle. Gorge Sand est de retour à Paris le 14 août et revoit Musset le 17. Un spectacle dans un fauteuil, prose, en deux volumes, est édité par la librairie de la Revue des Deux Mondes le 23 août. Le premier volume contient Lorenzaccio dont c’est l’édition originale, et Les Caprices de Marianne ; le second regroupe André del Sarto, Fantasio, On ne badine pas avec l’amour et La nuit vénitienne. Le 25 août, Musset quitte Paris pour Bade. Il revient le 13 octobre. Pendant ce temps, George Sand a séjourné chez elle à Nohant. À son retour, Musset veut la rencontrer. Pagello quant à lui rentre à Venise. George Sand et Musset reprennent leur liaison. Le 7 décembre, Sand quitte Paris pour Nohant. Elle revient le 31.

En janvier 1835, sa liaison avec George Sand reprend. Mais, le 6 mars, elle s’enfuit à Nohant : la séparation définitive est consommée. Il publie dans la Revue des Deux Mondes, Lucie le 1er juin, La Nuit de Mai le 15 juin, La quenouille de Barberine, comédie en deux actes et en prose le 1er août, La loi sur la Presse le 1er septembre, Fragment d’un livre à publier (à savoir le chapitre II de la 1ère partie de la Confession d’un enfant du siècle le 15 septembre, Le Chandelier, comédie en trois actes et en prose le 1er novembre et La Nuit de Décembre le 1er décembre.

Le 1er février 1836, il publie la Confession d’un enfant du siècle qui transpose pour partie sous forme romanesque les affres de sa liaison avec George Sand sans compter une ancienne trahison. Bref, la dimension autobiographique est réelle mais le texte demeure un roman. Il donne à la Revue des Deux Mondes, Lettre à M. de Lamartine le 1er mars, Salon de 1836 le 15 avril, Il ne faut jurer de rien, proverbe en 3 actes et en prose le 1er juillet, La Nuit d’Août le 15 août, les deux premières Lettres de Dupuis et Cotonet le 15 septembre et le 1er décembre et À la Malibran, stances, le 15 octobre.

Au printemps 1837, il fait la connaissance chez Madame Jaubert, d’Aimée-Irène d’Alton (1811-1881) avec qui il a une liaison qui durera deux ans. Il publie dans la Revue des Deux Mondes les 3e et 4e Lettres de Dupuis et Cotonet le 15 mars et le 15 mai, Un Caprice, proverbe en un acte le 15 juin, Emmeline, nouvelle le 1er août, La Nuit d’Octobre le 15 octobre, Les Deux Maîtresses, nouvelle le 1er novembre.

Début 1838, Aimée-Irène d’Alton (1811-1881) propose en vain le mariage à Musset. C’est son frère Paul qui l’épousera en 1861. Le 19 octobre, il est nommé conservateur de la Bibliothèque du Ministère de l’Intérieur avec un traitement annuel de 3000 francs (soit deux à trois fois plus qu’un tailleur de pierre qui travaille 300 jours par an et trois à quatre fois plus qu’un terrassier d’après les chiffres donnés par Émile Chevallier (1851-1902), Les salaires au xix° siècle (1887), Paris Hachette 1971, p.50). Il publie L’Espoir en Dieu, Frédéric et Bernerette.

En 1839, il cesse provisoirement d’écrire. Sa santé est atteinte et il est déprimé. Il fait la cour sans succès à la cantatrice Pauline Garcia (1821-1910), sœur de la Malibran (1808-1836). Le 29 mai, il rencontre l’actrice Rachel (1821-1858) et donnera une relation de la rencontre dans Un souper chez Mlle Rachel qui ne sera publiée qu’en 1859.

En janvier 1840, il tombe gravement malade et est soigné par sa sœur Marcelline qui tente de le ramener, sans succès, à la foi. Il publie des Poésies complètes et des Comédies et proverbes, soit des Œuvres complètes en deux volumes. Il donne des nouvelles, Le fils du Titien, Croisilles, Margot. Il publie Une soirée perdue.

En 1841, il revient à l’écriture en publiant en février Souvenir, en mai À Mme G., en juin Le Rhin allemand.

En 1842, il publie en janvier Sur la paresse, puis Le voyage où il vous plaira, en octobre Histoire d’un merle blanc et Sur une morte, en novembre Après une lecture, Le poète italien Léopardi.

En janvier 1843, Musset tombe à nouveau malade. Peut-être s’agit-il des conséquences de ses abus de boissons alcoolisées dangereuses. Il a des crises nerveuses. Il se réconcilie avec Rachel et avec Victor Hugo. En mars, un projet de mariage avec Mlle de Melesville échoue.

En 1844, il publie des nouvelles Pierre et Camille, Le secret de Javotte, Les Frères Van Buck. Au printemps, il est victime d’une grave pleurésie, une affection des poumons.

En 1845, il est malade au printemps. Le 24 avril il est fait chevalier de la Légion d’honneur en même temps que Balzac (1799-1850). Il se lie avec la comtesse Kalergis (1822-1874), une muse de Théophile Gautier (1811-1872). Le 1er novembre, il publie dans la Revue des Deux mondes le proverbe en un acte : Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, en décembre Mimi Pinson.

Le 27 novembre 1847, il fait représenter Un Caprice à la Comédie française. C’est un succès. La notoriété d’auteur dramatique de Musset commence. Théophile Gautier salue ainsi son confrère en romantisme désenchanté le 29 novembre 1847 :

« Depuis Marivaux, qui est arrivé au génie à force d’esprit, il ne s’est rien produit à la Comédie française de si fin, de si délicat, si doucement enjoué que ce chef-d’œuvre mignon … qu’Alfred de Musset fasse un acte plein d’esprit, d’humour et de poésie, cela n’a rien d’étonnant, mais la chose à laquelle on ne s’attendait guère, surtout pour un proverbe qui n’a pas été écrit en vue du théâtre, c’est la prodigieuse habileté, la rouerie parfaite, la merveilleuse divination des planches qu’on remarque dans Un caprice… »

En 1848, il est candidat malheureux à l’Académie française. Il commence une liaison avec l’actrice Louise-Rosalie Allan Despréaux (1810-1856) qui avait créé Un caprice. Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée est représentée le 7 avril à la Comédie-Française (rebaptisée suite à la révolution de février 1848 le Théâtre de la République). Le 5 mai, il est révoqué de son emploi de bibliothécaire au ministère de l’Intérieur par Ledru-Rollin (1807-1874) dont la conseillère principale était George Sand (cf. Philippe Soupault, Alfred de Musset, Paris, Seghers, 1957, p.12). Il lui écrit :

« De quel droit venez-vous, fort de la position que vous avez escamotée, reprendre à un homme de génie la place qu’il a conquise ? »

Lamartine (1790-1969), qui dirige le gouvernement provisoire de la II° république ne répond pas à la demande de réintégration de Musset.

Le 22 juin, Il ne faut jurer de rien est représenté pour la première fois à la Comédie-Française dans une version remaniée. C’est un succès pendant que les ouvriers parisiens insurgés sont massacrés par la troupe. Le 10 août, c’est Le Chandelier qui est joué dans une version remaniée. Le 21 septembre André del Sarto est représenté pour la première fois à la Comédie-Française avec quelques retouches. La pièce n’a pas de succès.

En 1849, sa carrière d’auteur dramatique continue. Louison, comédie en deux actes et en vers, est créée à la Comédie-Française le 22 février. Depuis La Quittance du Diable qui ne fut pas jouée et La Nuit Vénitienne qui fut sifflée, Musset n’avait plus écrit directement pour la scène. Musset fréquente l’actrice Augustine Brohan (1824-1893). En mai il donne On ne saurait penser à tout, pièce publiée en feuilleton dans L’Ordre du 6 au 10 juin. Il publie L’Habit vert.

Le 16 février 1850, il publie un recueil de Poésies nouvelles (1840-1849). Le 17 mars, il échoue pour la seconde fois à l’Académie française. Le 29 juin, le Chandelier est repris dans une version remaniée à la Comédie-Française. Le 21 octobre, André del Sarto, dans une version remaniée en deux actes qui suit les recommandations de la censure, est repris à l’Odéon. Du 22 octobre au 6 novembre, Carmosine, comédie en trois actes et en prose, paraît en feuilleton dans Le Constitutionnel.

En 1851, la première représentation des Caprices de Marianne a lieu à la Comédie-Française le 14 juin. Le texte est remanié dans le cens de la censure. Musset rompt avec l’actrice Allan Despréaux. Il fréquente à nouveau Rachel. Le 30 octobre, c’est la première représentation de Bettine, comédie en un acte et en prose, dont le texte paraît dans la Revue des Deux Mondes le 1er novembre.

En 1852, il est élu à l’Académie française le 12 février. Il est reçu le 27 mai. Peu après il a une brève liaison avec la poétesse Louise Colet (1810-1876) qui est aussi la maîtresse de Flaubert (1821-1880) depuis 1846. Ce dernier dans sa correspondance trace un portrait au vitriol de son concurrent. Elle fit le récit de sa liaison avec Musset dans Lui. Il publie ses œuvres poétiques dans un classement définitif, à savoir Premières poésies (1829-1835) et Poésies nouvelles (1836-1852). En août, il donne un Discours pour l’inauguration des monuments de Bernardin de Saint-Pierre et de C. Delavigne.

En mars 1853, il est nommé bibliothécaire du ministère de l’Instruction publique grâce au ministre Hippolyte Fortoul (1811-1856). Il publie Histoire d’un merle blanc.

En 1854, il publie les Contes le 18 mars. Il publie l’édition complète des Comédie et Proverbes dont certains sont remaniés pour la représentation.

En 1855, il écrit en vue d’une représentation à la cour de l’empereur Napoléon III (1808-1873) à la demande de Fortoul L’Âne et le ruisseau, comédie en un acte et en prose. La lecture en est faite devant l’Empereur dans le salon de l’Impératrice Eugénie (1826-1920) aux Tuileries.

En avril  1857, il participe à un dîner chez le prince Napoléon (1856-1879) : c’est sa dernière sortie. Il meurt à Paris le 2 mai et est enterré au Père Lachaise le 4.

 

Pièces de Musset représentées après la mort d’Alfred de Musset :

1861 : On ne badine pas avec l’amour

1865 : Carmosine

1866 : Fantasio

1882 : Barberine

1896 : Lorenzaccio

1926 : À quoi rêvent les jeunes filles.

 

 

 

Publié dans Littérature

Commenter cet article