Platon, Phèdre - Plan de la deuxième partie

Publié le par Bégnana

Deuxième partie : Rhétorique, dialectique et écriture.

(« Phèdre. XXXIX. – Je joins ma prière à la tienne, Socrate (…) Phèdre. (…) et je le demande aux dieux. » 257b-278b, pp.155-197)

A. Le problème de la parole et de l’écriture.

(« Phèdre. XXXIX. – Je joins ma prière (…) Eh bien, parlons. » 257b-259d, pp.155-160)

1. Le reproche adressé à Lysias d’être un logographe. Les hommes politiques craignent de passer pour des sophistes.

(« Phèdre. XXXIX. – Je joins ma prière (…) sophistes. » 257b-d, pp.155-156)

2. Critique du faux problème et position du vrai problème : comment bien parler ou écrire ?

(« Socrate. Tu oublies, Phèdre, que le proverbe « coude charmant » (…) Phèdre. (…) qu’on a justement appelés serviles. » 257d-258e, pp.156-158)

a) Le fait d’écrire n’est jamais en lui-même l’objet d’un blâme puisque les hommes politiques signent les lois qu’ils font adopter.

(« Socrate. Tu oublies, Phèdre, (…) Phèdre. En effet. » 257d-258d, pp.156-158)

b) Le problème est donc de savoir comment il faut écrire ou parler.

(« Socrate. Mais ce qui est (…) Phèdre. (…) serviles. »258d-e, p.158)

3. Le mythe des cigales ou l’exigence de résoudre le problème.

(« Socrate. Nous avons du temps, n’est-ce pas ? (…) Phèdre. Eh bien, parlons. » 258e-259d, pp.158-160)

a) Le regard des cigales.

(« Socrate. Nous avons (…) d’ignorer ces choses-là. » 258e-259b, pp.158-159)

b) Le mythe des cigales et sa leçon : il est digne des hommes de se livrer aux dialogues philosophiques.

(« Socrate. (…) On dit que jadis, avant la naissance des muses, les cigales étaient des hommes. (…) Phèdre. Eh bien, parlons. » 259b-d, pp.159-160)

B. Dialectique et rhétorique.

(« Socrate. XLII. – Nous nous proposions tout à l’heure d’examiner (…) Phèdre. Soit. » 259e-274b, pp.160-190)

1. La vérité et non la vraisemblance est le principe de tout art.

(« Socrate. XLII. – Nous nous proposions tout à l’heure (…) Phèdre. C’est à croire. » 259e-262c, pp.160-166)

a) L’opposition de la vérité et de la vraisemblance selon les « sages ».

(« Socrate. XLII. – Nous (…) Phèdre. Tu as raison. » 259e-260a, p.160)

b) Première réfutation morale du principe de la vraisemblance : le paradigme de l’âne.

(« Socrate. Nous nous y prendrons de la manière que voici. (…) Phèdre. Des fruits assez mauvais. » 260a-d, pp.161-162)

c) La rhétorique : art ou routine ?

(« Socrate. XLIII. – N’aurions-nous pas, mon bon ami, maltraité la rhétorique un peu brutalement ? (…) Phèdre. Interrogez. » 260d-261a, pp.162-163)

d) Seule la connaissance du vrai permet de persuader de n’importe quoi.

(« Socrate. La rhétorique en général n’est-elle pas l’art de conduire les âmes par la parole (…) Phèdre. C’est à croire. » 261a-262c, pp.163-166)

1) Définition et extension de la rhétorique.

(« Socrate. La rhétorique en général (…) Phèdre. (…) Thrasymaque ou en Théodore. » 261a-c, p.163)

2) La rhétorique est l’art de la controverse.

(« Socrate. XLIV. – Peut-être (…) Phèdre. Si. » 261c-d, pp.163-164)

3) La rhétorique n’a de valeur que pour qui connaît la vérité.

(« Socrate. Ce n’est donc pas seulement dans les tribunaux (…) Phèdre. C’est à croire. » 261d-261c, pp.164-166)

2. La dialectique : sa nature et ses procédés.

(« Socrate. XLV. – Eh bien, dans le discours de Lysias (…) ceux qui veulent bien leur apporter des présents, comme à des rois ? » 262c-266c, pp.166-175)

a) Retour au début fautif du discours de Lysias.

(« Socrate. XLV. – Eh bien (…) Phèdre. Si. » 262c-263a, pp.166-167)

b) La division des matières de la rhétorique : celles pour lesquelles il y a accord dans la foule et celles pour lesquelles il y a désaccord.

(« Socrate. XLV. – N’est-il pas évident pour tout le monde (…) Phèdre. Sans doute. » 263a-c, pp.168-169)

c) L’amour : matière à désaccord.

(« Socrate. Et l’amour ? (…) Phèdre. (…) des biens ? » 263c-d, p.169)

d) L’exigence de définition.

(« Socrate. À merveille (…) l’auteur lui-même. » 263d-e, p.148, pp.169-170)

e) L’exigence d’unité : le discours comme vivant.

(« Phèdre. XLVII. – « tu connais mes sentiments (…) Socrate. (…) ceux qui veulent bien leur apporter des présents, comme à des rois ? » 263e-266c, pp.170-175)

1) L’absence d’unité du discours de Lysias : comparaison avec l’épitaphe du roi Midas.

(« Phèdre. XLVII. – « Tu connais (…) Tu te moques de notre discours, Socrate. » 263e-264e, pp.170-172)

2) Examen des autres discours.

(« Socrate. XLVIII. – Laissons-le donc, pour ne pas te fâcher (…) leur apporter des présents, comme à des rois ? » 264e-266c, pp.172-175)

(a) La distinction entre le délire humain qui a pour source la maladie et le délire divin est la solution à la contradiction entre les deux discours de Socrate.

(« Socrate. XLVIII. – Laissons-le donc (…) Phèdre. Pour ma part, j’ai eu beaucoup de plaisir à t’entendre. » 264e-265c, pp.172-173)

(b) La dialectique et ses deux procédés.

(« Socrate. XLXIX. – Tirons en donc un enseignement (…) comme à des rois ? » 265c-266c, pp.173-175)

(1) La définition doit amener à l’unité le sujet comme le montrent les discours de Socrate sur l’amour.

(« Socrate. XLXIX. – Tirons en (…) discours clair et cohérent. » 265c-d, pp.173-174)

(2) La division doit séparer les articulations naturelles du sujet comme le montre le second discours de Socrate sur l’amour.

(« Phèdre. Mais, le second procédé, Socrate (…) C’est très exact. 265d-266b, pp.174-175)

(3) Les dialecticiens sont ceux qui sont capables de définir et de diviser les notions.

(« Socrate. Voilà, Phèdre, de quoi je suis amoureux (…) comme à des rois ? » 266b-c, p.175)

3. Premier examen critique de la rhétorique traditionnelle.

(« Phèdre. Ces hommes sont vraiment rois (…) je crois bien que tu as touché juste. » 266c-269c, pp.175-181)

a) Les différents éléments du discours selon les traités de rhétorique traditionnelle.

(« Phèdre. Ces hommes sont vraiment rois (…) des choses insignifiantes et qui ne valent pas la peine d’en parler. » 266c-267e, pp.175-178)

1) Différence entre rhétorique et dialectique : l’autre partie de l’art.

(« Phèdre. Ces hommes (…) dans les livres de rhétorique. » 266c-d, p.175)

2) L’exorde ou le commencement du discours.

(« Socrate. LI. – Tu fais bien (…) Phèdre. Oui. » 266d-e, p.176)

3) Narration, dépositions de témoins, preuves, présomptions ; confirmation et surconfirmation ; réfutation et post-réfutation ; insinuation et louanges détournées (Théodore, Événos).

(« Socrate. La seconde place (…) un habile homme. » 266e-267a, p.176)

4) Le vraisemblable, condensation, amplification et juste mesure (Tisias, Gorgias, Prodicos, Hippias).

(« Socrate. (…) Laisserons-nous dormir (…) Phèdre. Assurément. » 267a-b, pp.176-177)

5) Figures de style (Polos, Protagoras).

(« Socrate. Que dirons-nous des doctes officines (…) beaucoup d’autres belles choses. » 267b-c, p.177)

6) La production d’émotions selon le rhéteur de Chalcédoine (Thrasymaque).

(« Socrate. (…) Pour apitoyer (…) quel qu’en soit le motif. » 267c-d, p.177)

7) La fin du discours est la récapitulation.

(« Socrate. (…) Quant à la fin du discours (…) Phèdre. (…) des choses insignifiantes qui ne valent pas la peine d’en parler. » 267d-e, pp.177-178)

b) La puissance de la rhétorique. Réfutation des prétentions de la rhétorique traditionnelle.

(« Socrate. Si elles sont insignifiantes (…) Phèdre. (…) je crois bien que tu as touché juste. » 267e-269c, pp.178-181)

1) La question de la puissance de la rhétorique.

(« Socrate. Si elles sont insignifiantes, laissons-les de côté (…) Phèdre. Explique-toi seulement. » 267e-268a, p.178)

2) L’exemple de la médecine (Éryximaque – Acoumène) montre que l’art exige des connaissances.

(« Socrate. LII. – Dis-moi donc, si quelqu’un venait trouver ton ami (…) Phèdre. (…) bien qu’il n’entende rien à cet art. » 268a-c, pp.178-179)

3) L’exemple de la tragédie (Sophocle – Euripide) et celui de la musique montrent aussi que l’art exige des connaissances.

(« Socrate. Et si quelqu’un venait trouver Sophocle et Euripide (…) Phèdre. Assurément. » 268c-269a, pp.155-156, pp.179-180)

4) La dialectique ne peut se contenter des préliminaires auxquels se tient la rhétorique traditionnelle (Adraste – Périclès).

(« Socrate. LIII. – Et si Adraste à la voix de miel ou Périclès (…) Phèdre. (…) je crois bien que tu as touché juste. » 269a-c, pp.180-181)

4. La véritable rhétorique.

(« Phèdre. (…) Mais le véritable art de parler et de persuader (…) bien que ce soit, semble-t-il, une rude tâche. » 269c-272b, pp.181-186)

a) Le don, la science et l’exercice sont les conditions générales de la perfection en rhétorique comme en tout art.

(« Phèdre. (…) Mais (…) Quel chemin faut-il prendre ? » 269c-d, p.181)

b) La connaissance de la nature tout entière est nécessaire pour connaître l’âme.

(« Socrate. Il y a, mon bon ami, des raisons de croire (…) Phèdre. J’en conviens. » 269d-270c, pp.181-183)

c) Les trois conditions du véritable art oratoire : connaître l’âme, connaître ses actions et ses affections et apparier les types d’âmes et les discours.

(« Socrate. LV. – Examine donc ce que disent (…) Phèdre. On ne saurait mieux s’y prendre, à mon avis. 270c-271b, pp.183-184)

d) La composition d’écrit sur l’art de persuader doit se conformer aux conditions du véritable art oratoire et aux données pratiques. Il doit donc s’adapter à chaque type d’âme.

(« Socrate. Toute autre méthode d’explication ou d’exposition (…) Phèdre. (…) une rude tâche. » 271b-2725b, pp.184-186)

5. Deuxième examen critique de la rhétorique traditionnelle.

(« Socrate. C’est vrai ; aussi faut-il mettre sens dessus dessous tous les traités (…) Phèdre. Soit. » 272b-274b, pp.186-190)

a) Exposé de la conception traditionnelle de la rhétorique de Tisias.

(« Socrate. C’est vrai (…) Phèdre. Quoi ? » 272b-273d, pp.186-188)

1) La voie courte est préférée à la longue pour arriver à l’art oratoire.

(« Socrate. C’est vrai (…) Phèdre. Eh bien, fais-le, toi aussi. » 272b-d, pp.186-187)

2) Les défenseurs de la rhétorique traditionnelle soutiennent qu’il faut s’en tenir, dans tous les cas, à la vraisemblance et non au vrai.

(« Socrate. LVII. – Ils disent donc (…) Phèdre. (…) importance pour ceux qui s’occupent de ces matières. » 272d-273a, p.187)

3) Le vraisemblable est ce qui semble vrai à la multitude. L’exemple de Tisias.

(« Socrate. Mais à coup sûr (…) Phèdre. Quoi ? » 273a-d, p.188)

b) La vraisemblance est mieux comprise lorsqu’on connaît le vrai. Rappel des principes acquis : il faut dénombrer les caractères des auditeurs, diviser les choses en espèces et ramener chaque idée particulière à l’idée générale pour être au sommet de l’art oratoire. Seule la voie longue y conduit.

(« Socrate. LVIII. – Ceci : Bien avant ton entrée en scène, Tisias (…) Phèdre. Soit. » 273d-274b, pp.189-190)

C. Écriture.

(« Socrate. Il nous reste à examiner la convenance ou l’inconvenance qu’il peut y avoir à écrire (…) Phèdre. Oui, cette manière est en effet beaucoup plus belle. » 274b-277a, pp.190-195)

1. Définition de l’écriture par un mythe sur son origine.

(« Socrate. Il nous reste à examiner (…) Phèdre. C’est également très juste. » 274b-275e, pp.190-193)

a) Le mythe de Theuth.

(« Socrate. Il nous reste à examiner (…) Phèdre. (…) de n’importe quel pays du monde. » 274b-275b, pp.190-191)

1) Le sujet de l’écriture. Les anciennes traditions.

(« Socrate. Il nous reste à examiner (…) Phèdre. (…) mais rapporte ta tradition. » 274b-c, p.190)

2) Le mythe de Theuth, dieu ou démon, ou l’origine égyptienne de certains arts. L’examen des arts et notamment de l’écriture par le roi Thamous.

(« Socrate. J’ai donc ouï dire qu’il y avait près de Naucratis (…) Phèdre. (…) de n’importe quel pays du monde. » 274c-275b, pp.190-191)

(a) Theuth est l’inventeur de nombreux arts : numération, calcul, géométrie, astronomie, trictrac, dés, écriture. Il les montre à Thamous qui les juge.

(« Socrate. J’ai donc ouï dire (…) Il serait trop long de les relever. » 274c-e, pp.190-191)

(b) Theuth présente l’écriture comme un art de la mémoire. Thamous critique l’invention de l’écriture car elle n’apporte pas la mémoire mais une simple aide au souvenir, donc une sorte d’oubli et une présomption de science.

(« Socrate. (…) Mais quand on en vint à l’écriture (…) Phèdre. (…) de n’importe quel pays du monde. » 274e-275b, p.191)

b) Analyse du mythe.

(« Socrate. Mon ami, les prêtres du temps de Zeus à Dodone (…) Phèdre. (…) juste. » 275b-e,.192-193)

1) Vérité du mythe. Socrate loue les anciens et blâme les actuels sages.

(« Socrate. Mon ami, les prêtres (…) Phèdre. (…) à l’avis du thébain. » 275b-c, p.192)

2) Leçon du mythe. L’écriture n’est pas une mémoire vivante mais tout au plus un mémento aussi muet que les images peintes, incapable de s’expliquer.

(« Socrate. LX. – Ainsi donc (…) Phèdre. C’est également très juste. 275c-e, pp.192-193)

2. La bonne écriture s’effectue par la science dans l’âme, la mauvaise est l’écriture au sens ordinaire sauf lorsqu’elle est un jeu pour la vieillesse oublieuse.

(« Socrate. Mais si nous considérions un autre genre de discours (…) Phèdre. Oui, cette manière est en effet beaucoup plus belle. » 276a-277a, pp.193-195)

a) Le discours vivant s’écrit dans l’âme.

(« Socrate. Mais si nous considérions un autre genre (…) LXI. – C’est cela même ; » 276a-b, p.193)

b) Écrire est comme semer dans les jardins d’Adonis.

(« Socrate. (…) mais, dis-moi, si un laboureur sensé (…) Phèdre. Ce n’est pas probable. » 276b-c, pp.193-194)

c) L’écriture est au mieux un jeu.

(« Socrate. Assurément non ; mais ce sera sans doute pour son amusement (…) C’est bien vrai, mon cher Phèdre ; » 276d-e, pp.194-195)

d) L’éducation de la jeunesse est une occupation plus sérieuse que l’écriture.

(« Socrate. (…) mais il est, à mon avis (…) Phèdre. (…) beaucoup plus belle. » 276e-277a, p.195)

B. Bilan de la deuxième partie.

(« Socrate. LXII. – Ces principes admis, nous pouvons à présent (…) Phèdre. (…) et je le demande aux dieux. »278b, pp.195-197)

1. Priorité de la dialectique pour amener à la perfection l’art oratoire.

(« Socrate. LXII. – Ces principes admis (…) Phèdre. C’est absolument ce qui nous a paru. » 277a-c, pp.195-196)

2. La valeur du discours oral ou écrit dépend absolument de la connaissance de la vérité et c’est donc le discours intérieur qui est supérieur au discours simplement écrit.

(« Socrate. LVIII. – Et maintenant, quant à savoir s’il est beau ou honteux (…) Phèdre. (…) et je le demande aux dieux. » 277c-278b, pp.196-197)

 

Conclusion.

(« Socrate. LXIV. – Finissons : c’est assez nous jouer sur l’art de la parole (…) Socrate. Allons-nous-en. » 278b-279c, pp.198-200)

A. Le souci de la vérité définit le philosophe qui est supérieur au simple poète, faiseur de discours ou rédacteur de lois.

(« Socrate. LXIV. – Finissons (…) Va donc redire cela à ton ami. » 278b-e, pp.198-199)

B. Isocrate, naturellement doué, est promis à un bel avenir de philosophe.

(« Phèdre. Mais toi, que vas-tu faire ? (…) mais partons, puisque la chaleur s’est adoucie. » 278e-279b, pp.199)

C. Prière finale à Pan et aux autres divinités pour obtenir la sagesse.

(« Socrate. Il serait bien de faire une prière avant de partir. (…) Allons-nous-en. » 279b-c, p.200)

 

 

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