Steinbeck - biographie

Publié le par Bégnana

John Ernest Steinbeck III est né le 27 février 1902 à Salinas, en Californie, dans une famille d’origine allemande du côté paternel. Son père, John Ernest Steinbeck II était gérant d’une minoterie. Sa mère, Olive Hamilton, était institutrice. Il est le troisième des quatre enfants. Il a eu trois sœurs. Sa mère encourage ses enfants à lire.

En 1915, il entre à la Salinas HighSchool.

En 1919, il est diplômé de la Salinas HighSchool.

En 1920, il est étudiant à l’université de Stanford. Il suit des cours de versification anglaise, de biologie marine, et aussi de « creative writing » où il apprend son futur métier. Pendant ses études, il fait divers métiers.

En 1924, il publie ses premiers textes satiriques dans The Stanford Spectator.

En juin 1925, il quitte Stanford sans diplôme. Il est d’abord gardien de bungalow au lac Tahoe (qui se situe à la frontière de la Californie et du Nevada). Puis, il part en cargo pour New York. Il y est manœuvre sur le chantier de construction du Madison Square Garden. Il abandonne ce travail après qu’un ouvrier est tombé d’un échafaudage. Puis, grâce à un oncle maternel, Joe Hamilton, il devient reporter au magazine American de New York.

En 1926, il retourne en Californie par la mer. Il devient régisseur au lac Tahoe. Il écrit.

En 1928, il quitte le lac Tahoe.

En 1929, il publie La Couped’or (Cup of Gold). En juin il rencontre Carol Henning (1902-1983). Le 24 octobre, la Bourse de New York s’effondre : c’est le « jeudi noir ». C’est le début de la grande crise qui va secouer le monde.

Le 14 janvier 1930 il se marie avec Carol Henning. En octobre, il rencontre à Pacific Grove, une petite ville côtière californienne, le biologiste Edward F. Ricketts (1897-1948), spécialiste des fonds marins.

En 1931 paraît l’ouvrage de l’anthropologue Robert Briffault, The Mothers : The Matriarchal Theory of Social Origins dans lequel il soutient la thèse selon laquelle le matriarcat originel est fondateur des sociétés modernes.

En octobre 1932, il publie son premier recueil de nouvelles, Les Pâturages du Ciel (The Pastures of Heaven). Le 8 novembre Franklin Delano Roosevelt (1882-1945) est élu président des États-Unis (il le sera à trois autres reprises, son quatrième mandat ne sera pas achevé à cause de sa mort).

Le 4 mars 1933, Roosevelt entre en fonction. En septembre, Steinbeck publie Au Dieu Inconnu (To a God Unknown). À partir de novembre, la région allant du Texas au Dakota du Sud en passant par l’Oklahoma est envahie par des tempêtes de poussière provoquant une grande sécheresse. On appelle la sécheresse et la région le Dust Bowl (cf. Marc Amfreville, direction, Dix études sur Les Raisins de la colère, Michel Houdiard Éditeur, 2007, p.7). Suite à la crise de 1929, la politique des banques est axée sur la recherche du profit à tout pris. Elle les conduit à exproprier les petits paysans endettés pour regrouper les terres et les exploiter plus industriellement. D’où une migration interne massive. Elle se tourne vers la Californieoù les propriétaires de vergers ont fait la publicité des emplois qu’ils offrent. L’excès de main d’œuvre crée un prolétariat victime d’un racisme. Les Californiens méprisent les “immigrés” okies, des américains blancs, comme ils ont méprisé les immigrés chinois et les immigrés japonais avant eux.

En 1934, il enquête sur les organisations syndicales, notamment dans l’agriculture.

Le 28 mai 1935 Steinbeck publie Tortilla Fiat. C’est un succès commercial. Il est reconnu comme écrivain. Il voyage au Mexique où il rencontre le peintre Diego Rivera (1886-1957).

En octobre 1936, il publie En un combat douteux (In Dubious Battle), titre démarqué du Paradis perdu (1667, 1674) de John Milton (1608-1674). Le roman raconte la genèse d’une grève de travailleurs agricoles organisée par deux militants communistes dont l’un, Mac, est particulièrement cynique. La mort de l’autre, Jim, stoppe le mouvement. Mais les travailleurs ont pris conscience de la force de leur union. Le San Francisco News lui commande des articles sur les ouvriers agricoles migrants. Steinbeck a refusé de travailler pour le magazine Life à cause de son sensationnalisme (cf. Marie-Christine Lemardeley-Cunci commente Les Raisins de la colère de John Steinbeck, Gallimard, 1998, p.13). Il rencontre les représentants fédéraux de la Resettlement Administration (RA), organisme créé en 1935 dans le cadre de la politique dite du New Deal du président Franklin D. Roosevelt. Le RA était chargé d’organisé l’accueil des migrants dans des camps. Steinbeck visite la vallée de San Joaquin (Californie) en compagnie d’Eric H. Thomsen, un ancien prêtre, directeur régional du programme fédéral chargé des camps de migrants. Ils sont environ 150 000 selon Steinbeck. Il visite aussi les « Hoovervilles », ces camps de fortune ainsi nommés en référence à Herbert Clark Hoover (1874-1964), le président des États-Unis (1929-1933) de la crise de 1929 qui passe pour avoir mené une politique libérale de « laisser-faire ». Au camp sanitaire d’Arvin (modèle possible du « Weedpatch » du roman Les Raisins de la Colère) dans le comté de Kern, il rencontre le directeur du camp, Tom Collins. Le roman lui est secondairement dédicacé. Les conversations qu’il a avec lui et la lecture de ses notes lui permettent de rassembler une information qui sera incorporée dans Les raisins de la colère. Les articles sont publiés en sept livraisons entre le 5 et le 12 octobre [ils sont publiés désormais sous le titre The Harvest Gypsies (« Les bohémiens des récoltes »)]. On peut lire notamment cette description des migrants :

« Ils ont traversé le pays et ont souvent vu mourir leurs enfants en chemin. Leur voiture est tombée en panne et ils l’ont réparée avec l’ingénuité du paysan. Il leur est souvent arrivé de rafistoler leurs pneus usés. Ils ont enduré ça et ils en endureront davantage car ils ont du courage (their blood is strong).

Ce sont les descendants d’hommes qui, après avoir fait la traversée jusqu’au Middle West, avaient conquis leur terre à coups de fusil, avaient cultivé la prairie pour y demeurer jusqu’à ce qu’elle soit reprise par le désert. Du fait de leur tradition et de leur éducation, ce ne sont pas des migrants par nature. Ils sont devenus bohémiens par la force des circonstances. » cité par Marie-Christine Lemardeley-Cunci commente Les raison de la colère de John Steinbeck, Gallimard, 1998, p. 16.

En février 1937 il publie Des souris et des hommes (Of Mice and Men). Le titre est démarqué d’un poème de Robert Burns (1759-1796). Le roman relate la vie de deux ouvriers agricoles. Il va à New York et en Pennsylvanie pour travailler à l’adaptation théâtrale Des souris et des hommes. Il publie en septembre un cycle de nouvelles intitulé Le poney rouge. Le 23 novembre, la pièce, Des souris et des hommes, est jouée par le Music Box Theater à New York dans une mise en scène de George Kaufman (1889-1961). Elle remporte le prix du Cercle de la critique pour la saison. Il y aura 207 représentations. Le livre est distribué par le Book of the Month Club. Il lui assure un certain confort matériel. Il voyage pour la première fois en Europe. Il se rend au successivement au Danemark, en Suède, en Finlande puis en U.R.S.S. À Washington, il rencontre les responsables de la Farm Security Administration (c’est-à-dire le Secrétariat aux questions agraires qui prit la suite du RA). Il voyage en Californie pour mieux connaître le milieu des travailleurs migrants provenant de l’Oklahoma. Il confie à un journaliste du New York Times qu’il a travaillé comme travailleur saisonnier (cf. Marie-Christine Lemardeley-Cunci commente Des souris et des hommes, Gallimard, Folio, 1992, p. 17). Tom Collins le rejoint.

En février puis en mars 1938, il voyage dans la vallée de San Joaquin. Il rejoint Tom Collins pour étudier les conditions de vie des migrants suite à d’importantes inondations à Visalia. Le 15 avril, il publie un article dans le Monterey trader intitulé « Famine sous les orangers » (Starvation under the Orange Trees). Il y dénonce la condition des travailleurs agricoles. L’article se termine ainsi :

« Faut-il que la faim se mue en colère et que la colère dégénère en rage pour que quelque chose enfin soit fait ? (Must hunger become anger and the anger fury before anything will be done ?» cite par Marie-Christine Lemardeley-Cunci, 1998, p.91.

On voit l’association que permet l’anglais entre la faim (hunger) et la colère (anger) que développera bientôt le grand roman de Steinbeck. En avril, l’association Simon J. Lubin publie une nouvelle version de The Harvest Gypsies sous le titre Their Blood is strong (« Ils ont du courage ») pour réunir des fonds et venir en aide aux travailleurs migrants. En mai, il abandonne un roman satirique « L’affaire Lettuceberg » (en français dans le texte) inspiré par une grève des maraîchers et leurs démêlés avec les vigiles en septembre 1936. Il motive ce refus auprès de son éditeur en expliquant qu’il veut promouvoir la compréhension entre les hommes plutôt que la haine. Il reçoit un prix du cercle théâtral de New York pour la pièce, Des souris et des hommes. À partir de la fin du mois, il commence la période de travail de cent jours qui deviendra Les Raisins de la colère (The Grapes or Wrath). Il travaille en écoutant de la musique, notamment Le Lac des cygnes (1877) de Tchaïkovski (1840-1893), La Symphonie des Psaumes (1930) de Stravinsky (1882-1971) et des sonates et symphonies de Beethoven (1770-1827). Il tient un journal. Il y précise notamment l’influence de la musique sur la composition du roman. En septembre, il publie un recueil de nouvelles, La Grande Vallée(The Long Valley) qui inclut Le poney rouge. Dans le même temps, il trouve le titre de son roman. Il provient d’un chant antiesclavagiste datant da la guerre de Sécession, The Battle Hymn of the Republic, composé par Julia Ward Howe (1819-1910). Selon lui, c’est sa femme Carol qui en a eu l’idée. Elle a droit à la première partie de la dédicace. Quant à Tom Collins le directeur du camp sanitaire de Arvin (« Weedpatch ») dans le comté de Kern, le roman lui est secondairement dédicacé. Le manuscrit du roman est prêt à la fin du mois de novembre. Steinbeck est épuisé.

En 1939, son agent, Elizabeth Otis (1901-1981) obtient de Steinbeck qu’il édulcore la langue du roman et lui impose des modifications. L’éditeur, Pascal Covici, lui demande de changer la fin du roman lorsque Rose de Saron après avoir perdu son enfant allaite un vieil homme affamé. Il s’y refuse (cf. Marie-Christine Lemardeley, 2000, p. 48-49 ; Marc Amfreville, 2007, p.9). L’éditeur s’inquiète également des allusions claires aux Associations de Fermiers californiens et à la Banque de l’Ouest. Il a raison. Steinbeck reçoit des menaces de mort de la part des riches fermiers californiens (cf. Marie-Christine Lemardeley-Cunci, 1998, p. 79). En mars, il apprend qu’il est surveillé par le F.B.I. Il est inquiet à cause de violence possible en provenance de l’organisation des Associated Farmers. Le 14 mars, il publie Les Raisin de la colère chez Viking. Le roman est un best-seller. Il se vend d’abord au rythme de 250 000 exemplaires par jour. À partir de mai, il s’en vend 10 000 par semaine. L’opposition que le roman soulève est telle que son livre est brûlé par des bibliothécaires du Midwest. On accuse Steinbeck d’être un rouge, un communiste, un athée, un pervers sexuel, etc. Le 28 juin, Steinbeck reçoit un soutien de poids. Eléonore Roosevelt, la femme du président, écrit tout le bien qu’elle pense du roman et voit dans le personnage de Man Joad, la mère de famille, l’incarnation de l’amour absolu au sens chrétien. Les droits d’adaptation pour le cinéma sont vendus pour 75 000 dollars. En décembre, il voit en avant-première l’adaptation de John Ford sur un scénario de Nunnally Johnson (1887-1977) avec Henry Fonda (1905-1982) dans le rôle de Tom Joad. Il est satisfait. En décembre le film Des Souris et des hommes de Lewis Milestone (1895-1980) est réalisé.

En janvier 1940 paraît An American Exodus, A record of human erosion, de Dorothea Lange (1895-1965) et son mari Paul Taylor (1895-1984) où sont montrées les photographies des migrants américains. Le quatrième de couverture fait référence au roman de Steinbeck, Les Raisins de la colère. En février, le roman est élu livre de l’année par The American Booksellers Association (L’association américain des libraires). Il fait toujours partie des dix meilleures ventes. Puis, il obtient le prix Pulitzer. Le roman est encore dans les dix meilleures ventes. Steinbeck offre le montant du prix, 1000 dollars, à son ami Richard Lovejoy (1908-1956) pour qu’il puisse devenir écrivain. Le 11 mars, il part en bateau avec Edward Ricketts recueillir des échantillons d’invertébrés marins. Le voyage dure jusqu’au 20 avril. Au printemps il reçoit le prix Pulitzer ainsi que le prix national du livre pour Les Raisins de la colère. Le projet de traduction française du roman est interrompu par la guerre. Une traduction belge sous le titre Les raisins de la colère paraîtra avec la bénédiction des autorités allemandes qui voulaient ainsi que soit montrée une mauvaise image des États-Unis. Le chanteur folk Woody Guthrie (1912-1967) qui fut un Okie, engagé contre les compagnies fruitières, chante Tom Joad, le héros des Raisins de la colère, dans ses Dust Bowl Ballads. En été, Steinbeck participe au tournage d’un documentaire intitulé Le village oublié (The forgotten village) sur la vie à la campagne au Mexique.

Au printemps 1941, il se sépare de sa femme, Carol Henning. Le 5 décembre, il publie Sea of Cortez (Dans la mer de Cortez) écrit en collaboration avec Edward Ricketts. Il y énonce sa philosophie, une « pensée non téléologique ». Il écrit notamment :

« La pensée non téléologie s’intéresse essentiellement non à ce qui devrait être ou pourrait être, ou encore à ce qui est susceptible d’arriver, mais plutôt à ce qui est effectivement. » cité par Marie-Christine Lemardeley-Cunci, Des souris et des hommes, Gallimard, Folio, 1992, p. 59 ; Marie-Christine Lemardeley, John Steinbeck, Belin, 2000, p. 24.

La dite pensée n’interdit pas, mais plutôt appelle une sorte de vision panthéiste de la vie. On n’y trouve une certaine consonance avec la philosophie pragmatiste et évolutionniste de John Dewey (1859-1952). L’écrivain et le philosophe s’accordent dans leur opposition à l’individualisme et à l’inscription de l’homme dans une expérience de la nature comme totalité (cf. Richard Hart « Dewey and Steinbeck on the Individual and Community » in Alexander Kremer and John Ryder, eds. Self and Society: Central European Pragmatist Forum, Volume Four. Amsterdam & New York: Rodopi Press, 2009).

« Dans la petite baie de San Carlos, où vivent de nombreux bancs d’animaux marins appartenant à de multiples espèces, le sentiment s’imposait à nous d’une unité plus vaste, faite de la relation de ses espèces et de leur dépendance en matière de nourriture, même si elles doivent pour cela s’entredévorer… Et peut-être cette unité vivante s’enclave-t-elle dans l’être multiple formé de la vie de tout l’océan, et, de là dans l’être plus vaste qu’est l’univers. » cité par Marie-Christine Lemardeley-Cunci, commente Les Raisins de la colère, Gallimard, Folio, 1998, p.165.

Pour illustrer sa pensée, il note que les migrants qu’il a décrit dans Les raisins de la colère n’étaient pas responsables de leur situation qu’il faut plutôt attribuer à une situation d’ensemble (cf. Yves Abrioux, « Affaire de conjonction : vers une poétique du et » in Marc Amfreville, op. cit., p.94). Les films, Des souris et des hommes de Lewis Milestone et Les Raisins de la colère de John Ford, sortent au cinéma.

En mars 1942, il divorce de Carol Henning. Il publie le 8 mars The Moon in Down (Lune noire), titre démarqué d’un passage de la scène 1 de l’acte II du Macbeth (1606) de Shakespeare (1564-1616). Ce roman antinazi est traduit en français et vendu clandestinement par les éditions de Minuit. En mai, le film Tortilla Flat est réalisé. Il publie le 27 novembre une brochure commandée par l’armée de l’air américaine, Lâchez les bombes (Bombs away).

En mars 1943, le film The Moon is Down (Lune noire) est réalisé. Le 29 mars il épouse la chanteuse Gwyndolen Conger (1918-1975) à la Nouvelle Orléans.Il réside à New York. De juin à Octobre, il parcourt l’Afrique du Nord et l’Europe en tant que correspondant de guerre du New York Harald Tribune. The Portable Steinbeck est publié. Le jugement définitif de son divorce avec Carol Henning est prononcé.

Le 2 août 1944 naît son premier fils, Thomas.

Le 2 janvier 1945, il publie Rue de la Sardine (Cannery Row). Il écrit le script du film Lifeboat d’Alfred Hitchcock (1899-1980).

Le 12 juin 1946 naît son second fils John Ernest IV (1946-1991). La Grande Vallée paraît aux éditions Gallimard traduit par Marcel Duhamel (1900-1977) et l’ancien surréaliste Max Morise (1900-1973).

En février 1947, il publie les Naufragés de l’autocar (The Wayward Bus). D’août à septembre, il voyage en U.R.S.S. avec le photographe Robert Capa (1913-1954) pour un reportage commandé par le New York Herald Tribune. Au retour, il publie en novembre La perle (The Pearl). Les raisins de la colère paraissent aux éditions Gallimard dans la traduction de Maurice-Edgard Coindreau (1892-1990) et Marcel Duhamel. Le premier avait choisi pour titre Le ciel en sa fureur d’après Les Animaux malades de la peste de La Fontaine (1621-1695) du second recueil des Fables, VII, 1 (1678).

En avril 1948, il publie son Journal russe, compte-rendu de son voyage de l’année précédente. Son ami Edward Ricketts meurt en mai, broyé dans sa voiture par un train à un passage à niveau. Il divorce en août d’avec Gwyndolen Conger. En décembre, il est élu à l’Académie américaine des arts et des lettres. Les pâturages du ciel, traduit par Louis Guilloux, paraissent chez Gallimard.

En 1949 sort le film Le poney rouge de Lewis Milestone. La traduction française Des souris et des hommes de Maurice-Edgard Coindreau paraît aux éditions Gallimard.

En octobre 1950 il publie Burning Bright (La flamme) qui fait référence à un poème de William Blake (1757-1827) « The Tyger » (1794). Le 18 octobre Burning Bright est représenté à New York. Le 28 décembre il épouse sa troisième et dernière femme, Elaine Anderson Scott (1914-2003).

En 1951 il publie le Journal de la Mer de Cortez (The Log from the Sea of Cortez) avec un essai inédit « About Ed Ricketts » (Sur Edward Ricketts).

En mars 1952 sort le film d’Elia Kazan, Viva Zapata, avec Marlon Brando (1924-2004) dans le rôle du révolutionnaire mexicain. Steinbeck en a écrit le scénario. En septembre, il publie À l’est d’Éden. Le titre est démarqué de la Bible(Genèse 4, 16 : « Puis, Caïn s’éloigna de la face de l’Éternel et habita dans la terre de Nod, à l’est d’Éden »).

En 1953, le scénario de Viva Zapata est publié en Italie puis aux États-Unis.

En juin 1954 il publie Sweet Thursday (Tendre jeudi) une suite de La rue de la Sardine. Il rédige pour le Figaro Littéraire une série de textes sur la IV° République.

En 1955 sort le film d’Elia Kazan avec James Dean (1931-1955) dans le rôle principal, À l’est d’Éden. En novembre a lieu la première d’une comédie musicale, Pipe Dream, de Richard Rodgers (1902-1979) et Oscar Hammerstein II (1895-1960) basée sur Tendre Jeudi.

En avril 1957 il publie le Règne éphémère de Pépin IV (A Short Reign of Pippin IV. A fabrication), un roman « français » provenant de ses articles pour le Figaro Littéraire. On y lit une réflexion sur la démocratie et le pouvoir, sur la France mais aussi sur les États-Unis.

En septembre 1958 il publie Once There Was a War (Il était une fois une guerre), recueil de ses bulletins et articles de guerre.

De février à octobre 1959 il demeure en Angleterre où il étudie La morte d’Arthur (1469, La mort d’Arthur) de Thomas Malory (1405-1471).

De septembre à novembre 1960, il parcourt les États-Unis à bord d’une voiture baptisée Rossinante – comme le cheval de Don Quichotte, le célèbre personnage de Cervantès (1547-1616) – et avec son chien Charley.

En avril 1961 il publie L’hiver de notre mécontentement (The Winter of Our Discontent) récemment traduit sous le titre Une saison amère. Le titre reprend les premiers mots que prononce Richard III dans la pièce (~1592) de Shakespeare (1564-1616).

En juillet 1962 il publie Travels with Charley (Voyages avec Charley) qui relate son voyage de 1960 à travers les États-Unis. Il dénonce le racisme ordinaire qui s’oppose à l’intégration des Noirs américains, comme l’antisémitisme qu’il subit parce que sa voiture est immatriculée à New York (ville juive dans l’imaginaire antisémite américain). Le 25 octobre, il est désigné comme lauréat du prix Nobel de littérature

« pour ses écrits à la fois réalistes et inventifs, remarquables pour leur humour plein de compassion et leur perspicacité sociale. » cité par Marie-Christine Lemardeley, 2000, p. 28.

Une partie de la critique a dénoncé cette attribution, jugeant qu’il avait décliné depuis Les raisins de la colère (cf. Marie-Christine Lemardeley, 2000, p.11-12).

D’octobre à décembre 1963, il voyage à travers la Scandinavie. Puis, il participe à un programme d’échange culturel derrière le “Rideau de fer” avec le dramaturge Edward Albee (né en 1928). Le 22 novembre, John F. Kennedy (1917-1963), président des États-Unis (1961-1963) est assassiné. Lyndon Johnson (1908-1973) devient président des États-Unis (1963-1969). Steinbeck soutiendra sa politique au Vietnam, ce qui lui vaudra d’être accusé par la gauche d’être un renégat.

En 1964 il reçoit la médaille présidentielle de la liberté.

En 1966 il publie L’Amérique et les Américains. En décembre, il est au Viêt-Nam où il rend visite à son second fils, John Ernest IV.

En janvier 1967, il revient du Viêt-Nam.

Le 20 décembre 1968, John Steinbeck meurt à New York.

 

En 1969 est publié Journal d’un roman : À l’est d’Éden.

En 1971 est réédité The Portable Steinbeck.

En 1975 sa correspondance est publiée sous le titre, Steinbeck : A life in Letters. Le scénario de Viva Zapata est publié aux États-Unis.

En 1976, La geste du roi Arthur et de ses preux chevaliers (The Acts of King Arthur and His Noble Knights), version de La morte d’Arthur imaginée par Steinbeck est publiée à New York.

En 1988 ses articles de 1936 sont publiés sous le titre The Harvest Gypsies et sous-titré On the road to The Grapes of Wratch avec des photographies de Dorothea Lange.

En 1989, Working Days, le journal de son travail durant la rédaction des Raisins de la colère est publié.

En 1992 sort une nouvelle adaptation au cinéma Des souris et des hommes de Gary Sinise (né en 1955) avec John Malkovich (né en 1953).

En 1995 Bruce Springsteen (né en 1949) sort un recueil de ballades intitulé The Ghost of Tom Joad qui donne son titre à un des morceaux. C’est l’Amérique de la crise industrielle et du chômage que chante le boss.

 

 

 

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