T L 2011 2012 Archives du cours 4

Publié le par Bégnana

Première partie : Le sujet et la morale

 

Le fil conducteur de cette année : les principes.

Par principe on peut comprendre :

1° une réalité première.

2° une connaissance première.

3° une règle première.

 

Introduction générale.

Définitions.

Morale.

On dit « faire la morale » à une personne qui a commis quelque chose de mal, autrement dit qui ne la respecte pas.

Dans la fable « Le loup et l’agneau » de Jean de La Fontaine (Fables, I, 10) la moralité « La raison du plus fort est toujours la meilleure » n’est pas vraiment morale.

La morale repose sur la distinction du bien et du mal et non du mauvais et du bon. Car, le bon, c’est l’utile dont la fin peut être un mal.

On fait la morale à une personne qui a conscience du bien et du mal. On fait la morale à quelqu’un de responsable, c’est-à-dire une personne qui commence une action, qui est la source première de l’action.

 

Pour nous, il est interdit de manger son prochain. Or, il y a des peuples cannibales. Par exemple, l’anthropologue américaine Margaret Mead (1901-1978), dans Mœurs et sexualité en Océanie (1928, 1935) décrit un peuple de cannibales féroces : les Mundugumor. On dira que dans leur morale, le cannibalisme est permis. En ce sens, il y a des morales qui dépendent de chaque culture au sens des manières particulières de vivre et de pensée. Ces morales s’adressent à des personnes responsables. Elles sont collectives et particulières alors que LA morale est universelle. Pour elles, le bien et le mal varient selon les cultures alors que pour LA morale, il n’y a qu’un bien et qu’un mal.

 

La morale, quelle qu’elle soit, s’oppose souvent au désir. C’est pour cela que souvent les règles morales sont vécues comme des devoirs, des obligations.

 

Pour parler de morale individuelle, il faut que quelqu’un définisse autrement le bien et le mal. Ce qui suppose une réflexion sur la morale de sa culture. En ce sens on parle de la morale de Jésus de Nazareth, de sa règle d’or : « aime ton prochain comme toi-même et même tes ennemis. » On peut parler de la morale de Socrate selon laquelle il faut toujours philosopher.

 

La morale désigne une certaine attitude. On admet qu’il est moral d’agir de façon désintéressée. Par exemple Regulus, général romain fait prisonnier par les Carthaginois. Ils le renvoient à Rome pour faire la paix en lui faisant promettre qu’il reviendrait en cas d’échec. Arrivé à Rome, il exhorte avec succès ses compatriotes de continuer le combat. Il retourne à Carthage. Il meurt d’épuisement : les Carthaginois lui auraient coupé les paupières et l’auraient empêché de dormir. On peut louer son désintéressement (cf. Rousseau, Émile, « Profession de foi du vicaire savoyard ».

Il faut distinguer l’obligation de la contrainte en ce sens que la première vise le bien moral et s’oppose au désir alors que la seconde ne vise pas le bien moral.

 

Au sens étymologique, le terme de morale vient du latin « moralis », néologisme créé par Cicéron dans le Traité du destin (De fato) pour traduire le terme grec « éthikos » qui a donné « éthique » en français. En ce sens donc la morale est la réflexion sur ce qui est bien pour l’homme, c’est-à-dire sur les fins dernières.

On oppose parfois la morale et l’éthique en ce que la première renvoie surtout à des obligations alors que la seconde vise plutôt le bien de l’individu, sa réalisation.

 

Sujet.

1)      C’est le thème (en allemand, Thema, titre de soirées sur la chaîne franco-allemande Arte). C’est aussi le sujet au sens « être sujet à » ou « être sujet d’une expérience » etc. En ce sens le terme de sujet est synonyme d’objet. Le sujet est notre thème ou notre objet d’étude.

2)      C’est le sujet au sens grammatical. On lui opposera par exemple le complément d’objet. Ex. : « Le chat mange la souris. » « Le chat » est sujet et « la souris » est complément d’objet. Autre ex. : « La souris fuit le chat », c’est l’inverse. Bref, au sens grammatical, n’importe quoi peut être sujet ou objet.

3)      C’est la substance, c’est-à-dire ce qui reste identique à soi-même dans une chose ou une personne.

4)      C’est le sujet au sens politique, c’est-à-dire un être qui a des obligations mais aussi des droits, sans quoi il n’est pas sujet mais esclave. Il ne peut être objet.

5)      C’est un être doué de conscience et de liberté et donc capable d’agir moralement. En ce sens le sujet s’oppose à l’objet.

 

C’est en ce sens qu’on peut opposer le subjectif et l’objectif. On désigne par subjectif ce qui appartient au sujet et par objectif ce qui appartient à l’objet.

Soit est subjectif ce qui est l’intérêt du sujet et subjectif veut dire partial. Être objectif, c’est être impartial, c’est ne pas choisir en fonction de son intérêt.

Soit c’est ce qui lui est propre comme tel sentiment. Par exemple, l’amoureux passe pour subjectif dans son jugement relatif à l’être aimé(e). Être objectif, c’est considérer un objet comme le ferait n’importe quel autre sujet.

 

Problème.

Seul un être conscient et libre peut avoir des droits et des devoirs. Seul le sujet en ce sens peut agir moralement, c’est-à-dire en visant librement le bien. On ne peut rien reprocher à un objet. C’est le sujet qui peut penser son identité, sa permanence et celle des objets. C’est en étant conscient qu’on peut séparer le sujet grammatical ou faire de quelque chose un thème.

Cependant, lorsqu’on agit techniquement, on s’appuie sur l’identité des outils qu’on utilise et on pense alors l’identité de l’objet. Or, c’est peut-être elle qui nous amène après coup à nous attribuer une identité. Autrement dit, le sujet entendu comme un être conscient et libre n’est peut-être qu’une notion dérivée.

Aussi le problème général de cette première partie sera de savoir si on peut penser le sujet comme un principe de la connaissance et de la morale.

 

Chapitre premier : La conscience et la liberté.

 

Introduction

Définitions.

Conscience.

Le terme désigne d’abord ce qu’on nomme la conscience morale. Elle se manifeste dans le remords, le scrupule ou encore la bonne conscience. Dans le remords, le sujet se sent coupable d’avoir agi ou de ne pas avoir agi alors que dans le regret, le sujet pense avoir commis une erreur. La mauvaise conscience peut être relative. Dans l’éducation du jeune spartiate, il lui était prescrit à certains moments de voler sans se faire prendre. Le scrupule consiste à penser qu’on risque de commettre une mauvaise action. La conscience tranquille ou la bonne conscience est le sentiment d’avoir fait ce qu’on devait faire.

En ce sens le terme anglais est « conscience » et le terme allemand est « Gewissen ».

 

Le terme de conscience désigne en un deuxième sens l’état de celui qui est éveillé, attentif. En anglais c’est « consciousness » et en allemand « Bewusstsein ».

 

Liberté.

Au sens courant la liberté c’est « faire ce qui nous plaît » ou « faire ce qu’on veut » ou l’absence de contraintes. En ce sens on peut dire qu’est libre un sujet mais aussi n’importe quel être vivant, voire une chose.

Au sens du libre arbitre, la liberté consiste à agir ou penser sans être déterminé par des causes internes ou externes. Être libre n’exclut d’agir pour certaines raisons, motifs ou mobiles. La cause quant à elle détermine nécessairement son effet.

Au sens moral, la liberté consiste à ne dépendre de rien, à agir pour quelque chose de morale.

 

Problème.

Au sens courant la liberté ne requiert pas la conscience.

Au sens du libre arbitre ou moral, il n’y a de liberté que si et seulement si il y a conscience. Ainsi le philosophe stoïcien Chrysippe faisait remarquer que ce n’est pas être vertueux que de s’abstenir d’une femme vieille et laide [cf. Plutarque (~46-~125), Des contradictions des Stoïciens]. L’homme vertueux agit en connaissance de cause.

Or, peut-être que nous nous faisons des illusions, c’est-à-dire des représentations fausses et nécessaires, sur nous-mêmes.

Dès lors, la conscience nous garantit-elle une vérité sur nous-mêmes et sur notre liberté ?

 

§ 4. Le cogito.

(traduction : « je pense »)

Descartes passe pour celui qui a découvert ou inventé le sujet. Il est un des fondateurs des mathématiques modernes. Il est aussi un des fondateurs de la physique moderne avec Galilée (1564-1642), physique qui consiste en une mathématisation du réel.

Lorsqu’on lit le premier paragraphe de la première des Médiations métaphysiques (1642) [rédigé en latin, il a été traduit en français par le duc de Luynes, traduction acceptée par Descartes], on voit que Descartes a pour projet de découvrir les fondements des sciences (cf. Manuel, p.103).

 

1) Le doute méthodique.

Le début de la quatrième partie du Discours de la méthode (ouvrage rédigé en français) permet de comprendre comment Descartes procède en philosophie. Pour découvrir les principes, voire pour découvrir s’il y a des principes, il se propose de considérer comme faux tout ce qui est simplement douteux. Or, le doute est une hésitation de l’esprit relative à la vérité ou à la fausseté d’une proposition. Ce qui est douteux peut être vrai ou faux. En traitant comme faux ce qui est douteux, Descartes se propose de découvrir s’il reste quelque chose qui sera alors vrai.

Ce doute méthodique n’est valable que dans le champ théorique. Dans la pratique, c’est-à-dire là où il faut agir, il s’agit de faire tout le contraire. D’où la seconde maxime de la morale provisoire de Descartes, à savoir être résolu dans l’action. Même lorsque je suis dans l’ignorance comme le voyageur perdu dans la forêt, je dois choisir une opinion et faire comme si elle était vraie.

Le doute méthodique ne porte pas sur chaque chose en particulier car sinon il ne pourrait jamais s’achever, mais sur les principes jusque là admis selon la remarque du premier paragraphe de la première des Méditations métaphysiques.

Descartes met en œuvre le doute méthodique en examinant tour à tour trois principes.

D’abord le principe selon lequel nos sens nous représentent la réalité. Il objecte qu’il arrive qu’il nous trompe.

On peut prendre quelques exemples. Premièrement, la question du mouvement de la Terre autour du Soleil [hypothèse d’Aristarque de Samos au iii° siècle av. J.-C., elle est reprise en 1543 par Copernic (1473-1543) et c’est à cause d’elle que Galilée est condamné à la résidence surveillée en 1633] que nous ne sentons pas. Deuxièmement, la taille de la Lune qui nous paraît bien plus petite qu’elle n’est. Troisièmement, un bâton droit apparaît brisé dans l’eau.

On peut donc rejeter le principe et considérer que les représentations de nos sens sont fausses.

Le second principe est celui selon lequel la raison nous donne des démonstrations vraies, notamment en mathématiques. Or, il arrive aux hommes de commettre des paralogismes, c’est-à-dire de violer des règles logiques (de façon non intentionnelle à la différence du sophisme).

On peut donc rejeter le principe et considérer que notre raison ne nous démontre rien de vrai.

Le troisième principe est que nous pouvons distinguer le rêve de la réalité. Or, lorsque nous rêvons, nous croyons avoir affaire à du réel, c’est-à-dire à quelque chose d’indépendant de notre représentation. On peut donc douter que nous ne soyons dans la même illusion lorsque nous pensons être éveillés.

On peut donc rejeter le principe et considérer qu’il n’y a aucune réalité indépendante de nos représentations.

La conséquence générale est que tout est faux.

Des trois principes qu’examine Descartes, il est possible d’extraire trois sens de la notion de vérité.

On entend premièrement par vérité l’accord entre la représentation et son objet.

On entend deuxièmement par vérité l’accord de propositions entre elles.

On entend troisièmement par vérité ce qui est tel qu’il est.

 

2) Le « je pense donc je suis ».

C’est le premier principe de la philosophie selon Descartes. Si je pense que tout est faux en vertu du résultat du doute méthodique, je ne peux pas penser que moi qui pense ne soit rien. C’est pourquoi « je pense donc je suis » ou « je suis, j’existe » (ego sum, ego existo) selon la seconde des Méditations métaphysiques, est un principe indubitable.

C’est un principe au sens de ce qui est premier dans l’ordre de la connaissance. Est-ce une réalité première ?

 

3) La « chose qui pense ».

Il faut distinguer la question « qu’est-ce que je suis ? » de la question « qui suis-je ? », qui est la question autobiographique qu’on attribue à Augustin qui la pose dans le livre X des Confessions. La question « qui suis-je ? » suppose d’avoir répondu comme Augustin à la question « qu’est-ce que je suis ? », à savoir un homme.

Or, cette réponse, Descartes l’exclut. Dire que je suis un homme, c’est-à-dire un « animal doué de raison » (animal signifie un vivant capable de se déplacer à la différence de la plante) selon la définition d’Aristote dans le chapitre 2 du livre I de la Politique, c’est définir une généralité. Or, la seule chose que je sais être existante, c’est moi. Le sujet n’est pas une généralité.

Descartes propose donc de définir le sujet une « chose qui pense » ou une substance dont toute l’essence ou la nature est de penser selon la quatrième partie du Discours de la méthode.

L’argument est que je puis douter d’avoir un corps, qu’il y ait un univers, un espace où je me trouverais. Par contre je ne puis douter que je suis. À l’inverse, si les choses matérielles existent et que je ne pense pas, je ne puis savoir que je suis. Donc, c’est le penser qui constitue ma substance. C’est le penser qui fait le moi ou l’âme.

Par essence, il faut entendre ce qui définit une réalité sans quoi elle ne serait pas ce qu’elle est.

Dans l’article 9 des Principes de la philosophie [écrits en latin et publiés en 1644, la traduction française est de 1647] Descartes définit ce qu’il entend par penser. C’est tout ce que j’aperçois immédiatement être en moi. Une traduction littérale du latin donnerait tout ce dont je suis conscient. Aussi « apercevoir » et « aperception » dans la langue philosophique du xvii° signifie « être conscient » et « conscience ». Dans cette définition, Descartes tire comme conséquence qu’entendre, vouloir, imaginer et sentir sont aussi penser.

Il justifie sa définition en prenant deux exemples liés au sentir, à savoir je vois ou je marche. Si dans l’un et l’autre cas, j’entends l’action physique, je ne peux inférer, c’est-à-dire tirer comme conséquence, que je suis. Par contre, si j’entends par je vois ou je marche la conscience de voir ou de marcher, que je vois ou que je marche ou que je rêve voir ou marcher, je puis inférer que je suis.

Précisons le sens des différentes modalités du penser que Descartes énonce.

Par sentir (ou percevoir) il faut entendre se représenter quelque chose ou quelqu’un comme présent.

Par imaginer il faut entendre se représenter quelque chose ou quelqu’un comme absent.

Par entendre (ou concevoir) il faut entendre se représenter un concept, c’est-à-dire ce qui n’est pas sensible.

Par vouloir il faut entendre se représenter un choix.

Bref, dans tous les cas, la conscience est présente.

 

Or, la conscience semble être intermittente. Dans le sommeil, l’évanouissement, le coma, elle semble disparaître. Dès lors, elle ne pourrait définir la substance du moi.

Dans la Lettre à Gibieuf du 19 janvier 1642, Descartes répond à l’objection. Son argument consiste à dire que l’âme pense toujours au sens où elle est toujours consciente comme la lumière luit toujours ou la matière occupe toujours un espace. Mais, nous ne nous en souvenons pas toujours. Aussi les pensées que nous avons endormies ne donnent pas lieu à des souvenirs comme celles que nous avons éveillées et que nous oublions immédiatement. Il apparaît donc nécessaire de distinguer la conscience de la mémoire.

Non seulement la conscience se distingue de la mémoire comme stockage du passé qui n’a pas de mémoire comme on le voit dans les archives ou les machines, mais également de la représentation d’un fait vécu comme ayant été vécu. En effet, il faut avoir eu conscience pour se souvenir après coup. Sans conscience, il n’y a pas de souvenir.

 

4) L’évidence comme critère de vérité.

Descartes résout le problème de savoir ce qui est le critère de la vérité, c’est-à-dire ce qui permet de reconnaître qu’une proposition est vraie ou fausse.

Par proposition, il faut entendre ce qui est susceptible d’être vrai ou faux. La proposition n’est pas la question ou l’ordre ou la prière. Elle n’est pas nécessaire l’expression d’un sentiment qui, en tant qu’il est conscient est su du sujet ou alors il ment, c’est-à-dire dit autre chose que ce qu’il pense être vrai. La proposition n’est pas le dire poétique comme « La terre est bleue comme une orange » (Éluard). Elle n’est pas un dire qui suppose des sons.

Une proposition n’est pas un énoncé qui est toujours localisé. Le théorème de Pythagore est la même proposition aujourd’hui ou dans les Éléments d’Euclide (III° siècle avant J.-C.)

Comment découvrir qu’il y a du vrai, et s’il y en a ce qui permet de le reconnaître si on l’ignore ? En effet, on ne pourra savoir ce qu’il en est.

Descartes résout le problème en faisant remarquer qu’il a découvert une proposition vraie. Il y a donc du vrai. Et il sait donc implicitement ce qui lui permet de la reconnaître.

Le « je pense donc je suis » permet donc de savoir que c’est la clarté et la distinction, soit l’évidence qui est le critère de la vérité. Descartes procède par induction, c’est-à-dire il infère le général du particulier, pour dégager le critère de la vérité.

La clarté d’une proposition s’entend lorsque le sujet est attentif à la chose. Par contre, s’il ne l’est pas, la proposition est obscure.

La distinction d’une proposition s’entend lorsque le sujet sépare les représentations qui sont séparables. Par contre la confusion se dit d’une proposition qui confond ce qui doit être distingué.

 

5) Le libre arbitre comme évidence.

La liberté comme libre arbitre ne peut pas se constater comme un acte. C’est la conscience qui le permet. Or, qu’est-ce qui prouve la liberté comme libre arbitre ? C’est précisément parce que c’est une évidence et que l’évidence est le critère de la vérité qu’il est possible de prouver la liberté.

Ce choix qui constitue la liberté se trouve dans tous les actes. Lorsque je crois ne pas faire ce que je décide de faire, c’est que je cède à la menace ou à la tentation. Certes, il est possible de choisir de faire quelque chose et de ne pas y arriver. Mais le choix n’est pas le simple souhait. Il doit se manifester par une tentative, par des actes.

Dans la Lettre au père Mesland du 9 février 1645, Descartes précise la notion de libre arbitre. [La lettre est dans la première moitié du xvii° siècle une forme fréquente de communication dans le monde intellectuel].

Descartes définit l’indifférence en un premier sens comme étant la situation de la volonté où deux mobiles contraires et d’égales forces se présentent de sorte qu’aucun n’emporte le choix. C’est la situation dite de « l’âne de Buridan », c’est-à-dire d’un âne ayant aussi faim que soif et placé à égale distance de l’eau et de l’avoine.

Cette indifférence, Descartes rappelle qu’il l’a comprise comme étant le plus bas degré de la liberté. Que la liberté comprenne des degrés, ce ne peut être en tant que choix. C’est donc dans la connaissance de ce qu’il faut faire résider le degré de la liberté. L’idée de Descartes est donc que plus on sait ce qu’on doit choisir et plus on est libre. Or, il semble au contraire que dans ce cas le choix diminue. Dès lors, lorsqu’il n’y a plus d’indifférence, ne sommes-nous pas

Aussi Descartes donne une seconde définition de l’indifférence qu’il attribue à d’autres comme faculté positive de se déterminer. Il indique ce que sont les actes de la volonté, à savoir poursuivre et fuir pour la pratique, affirmer et nier pour la théorie. Cette définition de l’indifférence, il ne la reprend pas.

Par contre, il reprend la conception d’une faculté positive. Celle-ci implique qu’il soit possible de choisir quel que soit la force du motif. Aussi Descartes soutient-il qu’il est impossible moralement parlant de ne pas choisir le bien ou le vrai. Mais il est possible absolument parlant de refuser le bien et le vrai quelque évident qu’ils nous apparaissent. C’est alors le motif du libre arbitre qui conduit à choisir de refuser l’évidence.

 

 

Publié dans Lycée Rosa Luxemburg

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