TL 2011-2012 Archives du cours 1

Publié le par Bégnana

Avant-propos

 

Introduction

Question : qu’est-ce que la philosophie ?

On peut commencer par relever les différentes “idées” sur les philosophes et la philosophie.

-          Beaucoup de philosophes au siècle des Lumières (xviii°).

-          Le philosophe est barbu, chauve, plutôt âgé.

-          Le philosophe est fou.

-          Le philosophe fait de longs discours à partir d’une question.

-          Le philosophe réfléchit sur l’homme, voire sur tout.

-          Le philosophe veut éduquer.

 

Les idées sur les philosophes et la philosophie ne sont pas cohérentes. Elles ne peuvent pas nous permettre de définir ce qu’est la philosophie.

D’où la nécessité de chercher :

a) ce qu’est la philosophie ; b) à quoi elle sert.

La question a) est première par rapport à la question b). Par exemple, je ne peux dire à quoi sert le “blituri” si je ne sais pas ce que c’est.

Toutefois, la question de l’utilité est posée avant même la réponse à la première. Même si on ne sait pas ce qu’est le “blituri”, la question de savoir à quoi il sert ne nous étonne pas. Ce qui implique qu’on présuppose avant même de savoir ce qu’est une “chose” que la question de son utilité a un sens pour elle.

Donc, on peut commencer par la première question, non en elle-même, mais quant à son sens général tout en l’appliquant aux opinions relatives à la philosophie.

 

§1. Le nihilisme et notre monde.

1) L’utilité.

Différence entre utile, nuisible et inutile.

Est utile un moyen qui sert à réaliser un but (une fin) donné(e). Est inutile un moyen qui ne sert pas à réaliser un but (une fin) donné(e). Est nuisible un moyen qui sert réaliser le contraire d’un but (une fin) donné(e). Ce qui est inutile peut être nuisible dans la mesure où il empêche l’utile d’être.

Bref, la sphère de l’utilité, c’est celle des moyens.

La connaissance est requise puisque le moyen est la cause de la fin qui est un effet. Elle est donc elle-même un moyen pour atteindre une fin. Elle est utile pour se servir des « choses ».

Or, l’utile pris en lui-même est relatif. Ex : une bombe atomique est utile pour tuer le plus de monde possible, inutile pour faire la sieste et nuisible pour faire vivre le plus de monde possible.

Y a-t-il des fins qui permettent de définir ce qui est absolument utile ?

 

2) Les fins dernières.

Une série téléologique (étym. grec « télos », fin, but et grec « logos » étude) permet de penser la notion de fin dernière, c’est-à-dire d’une fin qui n’est pas elle-même moyen et qui achève la série téléologique. Dire qu’elle l’achève ne signifie pas que la fin est le terme du processus.

Dès lors si l’utile absolu ou à proprement parler est possible, la fin dernière est in-utile, c’est-à-dire indifférente à l’utilité. Par conséquent, que la philosophie soit utile ou ait une valeur instrumentale ne va pas de soi.

La fin dernière peut être le bonheur. Épicure dans la Lettre à Ménécée (Manuel, p.422, [1] à [3]) soutient que c’est le bonheur. Et comme la philosophie selon lui sert à l’obtenir, elle est pour lui absolument utile. Aristote dans la Métaphysique (A, 2) soutient que la philosophie est à elle-même sa propre fin. Elle pourrait être une fin dernière. Dès lors,

Or, puisque nous pensons que tout doit être utile puisque la question de l’utilité va de soi pour nous, comment est-ce possible ?

 

3) Le relativisme et le nihilisme.

Il faut et il suffit qu’il n’y ait pas de fins dernières. Dès lors, tout est relatif. Chaque fin est également un moyen et ainsi de suite à l’infini. Il revient à chacun ou à chaque société ou culture d’ériger certaines fins à la fonction de fins ultimes. En matière de valeurs, on se retrouve donc dans la position qu’on nomme le relativisme. Il faut comprendre par là qu’une valeur ne vaut que relativement à un certain contexte, de point de vue particulier.

La conséquence : le nihilisme (latin nihil = rien), c’est-à-dire la dévaluation de toutes les valeurs : rien ne vaut, rien n’a de valeur.

Disons donc que notre monde est nihiliste

N’y a-t-il pas néanmoins une possibilité de mesurer certaines valeurs par rapport à d’autres ? Par rapport à quelle valeur ?

 

4) L’argent.

C’est l’argent, c’est-à-dire la marchandise qui mesure la valeur d’échange, c’est-à-dire qui est l’équivalent général de toutes les autres valeurs d’échanges qui permet dans un monde relativiste et nihiliste de tout mesurer et qui fait donc office de valeur suprême sans l’être.

Lorsque l’échange se fait sans argent, c’est le troc. On échange une marchandise (M) contre une autre (M’) : formule M – M’. Sinon le commerce consiste à échanger une marchandise (M) contre de l’argent (A) qui permettra d’obtenir une autre marchandise (M’) : M – A A – M’.

On mesure tout avec l’argent, un homme, un tableau, etc.

On peut donc chercher maintenant ce qu’est la philosophie. On pourra s’interroger sur sa place dans un monde relativiste et nihiliste. Que peut-elle apporter dans un monde nihiliste ?

 

Publié dans Lycée Rosa Luxemburg

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