Zola - biographie

Publié le par Bégnana

Enfance et formation.

Émile Zola est né à Paris le 2 avril 1840. Son père, François ou Francesco Zolla puis Zola (1795-1847) est vénitien. Il est arrivé en France en 1830. Il s’est engagé dans la légion étrangère et a participé à la conquête de l’Algérie. Il épousa la mère d’Émile, Françoise-Émilie Aurélie Aubert (1819-1880) le 16 mars 1839. Originaire de la Beauce, elle venait d’un milieu modeste et avait pour elle sa beauté qui séduisit son futur mari.

En 1843, les Zola quittent Paris pour Aix-en-Provence où le père est appelé pour son travail. Il s’occupe de la construction d’un canal d’alimentation en eau d’Aix-en-Provence et d’un barrage qui sera, plus tard, appelé Zola. La famille mène une vie aisée.

Le 27 mars 1847, quelques jours après le début des travaux du barrage, François Zola meurt d’une pneumonie à Marseille. Il laisse 80 000 francs de dettes et cent soixante-treize actions de la Société du canal de cinq cents francs chacune, soit une valeur de 86500 francs. Émile va être élevé par sa mère, sa grand-mère, Henriette Aubert (1787-1857) couturière et son grand-père, Louis Aubert (1783-1861), vitrier et peintre en bâtiment. La famille se retrouve dans les difficultés financières : le jeune Émile va connaître le manque d’argent.

En 1848, il est élève à la pension Notre-Dame avec le futur journaliste Marius Roux (1838-1905) et le futur sculpteur Philippe Solari (1840-1906).

En octobre 1852, il entre comme élève boursier au collège Bourbon d’Aix-en-Provence où il restera jusqu’en seconde. Il y a pour amis le futur polytechnicien et astronome Jean-Baptistin Baille (1841-1918) et le futur peintre Paul Cézanne (1839-1906).

En 1858, Madame Zola monte à Paris. Émile la rejoint en mars et entre au lycée Saint-Louis. Il correspond avec Cézanne et Baille. Il se fait un nouvel ami, Georges Pajot (1842-1904), futur commissaire de police.

En juillet 1859 il échoue au baccalauréat es sciences. En novembre, il se présente à la deuxième session à Marseille et échoue une seconde fois, dès l’écrit.

 

Des débuts difficiles.

En 1860, il abandonne ses études et recherche un emploi. En avril, employé aux docks de la douane. Il y reste deux mois. Il gagne 60 francs de l’époque par mois (à multiplier par trois environ pour une équivalence approximative en euros). Le salaire quotidien passe de deux franc par jour à presque trois francs entre les années 1840 et les années 1870. Le loyer pour une chambre meublée étant de 10 francs par mois environ (cf. Max Tacel, Restaurations, Révolutions, Nationalités, 1915-1870, Masson, 1981, p.74).

À partir d’avril 1861, il vit dans un hôtel avec une « fille à partie ». Le 7 avril, il demande la nationalité française au titre de sa naissance en France.

En 1862, le 1er mars, il entre comme commis au service des expéditions de la librairie Hachette où il gagne 100 francs. Il va ainsi progressivement rencontrer des auteurs célèbres comme Sainte-Beuve (1804-1869), Hyppolite Taine (1828-1893), le philosophe positiviste et lexicographe Émile Littré (1801-1881), le journaliste et essayiste Lucien Prévost-Paradol (1829-1870), l’écrivain Edmond About (1828-1885) et l’illustrateur et peintre Gustave Doré (1832-1883). Le 31 octobre 1862 Émile Zola est naturalisé français.

En 1863, il collabore à la presse du nord, Journal populaire de Lille, Revue du mois.

En 1864, il est chef de la publicité chez Hachette. Son salaire est dorénavant de 200 francs. Il est en rapport avec les journaux et les auteurs liés à la maison. Il rencontre Émile Deschanel (1819-1904) dont il découvre la Physiologie des écrivains et des artistes publiée cette année-là. Zola put y découvrir des références à Prosper Lucas (1805-1885), Morel, Lélut, Trélat, Moreau de Tours. Il rencontre Alexandrine Meley (1839-1925), fille naturelle d’un bonnetier et d’une marchande. Ils vivent maritalement. Il écrit les Contes à Ninon qui sont publiés le 24 décembre.

En 1865, le voilà chroniqueur régulier dans plusieurs journaux : le Petit Journal, le Salut public de Lyon, le Courrier du monde, la Vie parisienne. Il écrit un article élogieux sur Germinie Lacerteux des frères de Goncourt, Edmond et Jules (1822-1896 ; 1830-1870). Le 27 février, ils lui écrivent pour le remercier de son article. En avril il écrit un drame, Madeleine, refusé, il deviendra en 1868, Madeleine Férat. Il publie La Confession de Claude. Le roman fait scandale et Zola risque des poursuites judiciaires qui sont abandonnées. Sa comédie La laide, est refusée par le théâtre de l’Odéon.

En 1866, le 31 janvier, il quitte la librairie Hachette pour ne vivre dorénavant que de sa plume. Il est chroniqueur dans le quotidien littéraire, l’Événement, journal lancé par le journaliste Hippolyte de Villemessant (1810-1879). Il est également essayiste. Il va signer cette année-là quelques 125 articles. En mai par exemple, il défend le peintre Édouard Manet (1832-1883) dans Mon Salon. Dans Mes haines, il manifeste une certaine violence :

« Je hais les gens nuls et impuissants (…)

Pour l’amour de Dieu, qu’on tue les sots et les médiocres, les impuissants et les crétins, qu’il y ait des lois pour nous débarrasser de ces gens qui abusent de leur aveuglement pour dire qu’il fait nuit. Il est temps que les hommes de courage et d’énergie aient leur 93 : l’insolente royauté des médiocres a lassé le monde, les médiocres doivent être jetés en masse à la place de Grève. Je les hais. » Zola, Mes haines.

Il célèbre Honoré de Balzac (1799-1850), Edmond et Jules de Goncourt, Gustave Flaubert (1821-1880), les peintres Edouard Manet (1832-1883) et Gustave Courbet (1819-1877). En avril, il publie un drame, Madeleine. Il écrit un roman, Le Vœu d’une morte publié en novembre.

En 1867 il publie également en juin un Édouard Manet, étude biographique et critique. Il fait la connaissance des peintres Camille Pissarro (1830-1903) et Armand Guillaumin (1841-1927). Il publie également un roman-feuilleton alimentaire, Mystères de Marseille. Le 7 décembre il publie un roman physiologique, Thérèse Raquin dont l’épigraphe est une citation de Taine « le vice et la vertu, qui sont des produits comme le vitriol et le sucre ». Manet fait son portrait qui sera exposé l’année suivante.

En 1868, il entre à L’Événement illustré et à La Tribune, un journal qui s’oppose à l’empire. Il réédite Thérèse Raquin en l’augmentant d’une préface. Il y écrit notamment pour s’expliquer :

« Dans Thérèse Raquin, j’ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères (…) J’ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte par les fatalités de leur chair. » Émile Zola, Thérèse Raquin, Préface.

Il publie Madeleine Férat le 7 décembre.

 

Les Rougon-Macquart.

Ce dernier roman qui se ressent de ses lectures : La Physiologie des passions (1868) de Charles Letourneau (1831-1902) et le Traité philosophie et physiologique de l’hérédité naturelle (1850) du docteur Lucas. Ses ouvrages seront les bases “scientifiques” du projet des Rougon-Macquart dont il conçoit pour l’éditeur Lacroix une première mouture en dix volumes. Le 6 novembre, un boulevard d’Aix-en-Provence prend le nom de Zola en mémoire du père.

En 1869, il commence une correspondance avec Gustave Flaubert. Il fait également la connaissance de Paul Alexis. L’éditeur Lacroix accepte son projet. Il commence à rédiger La Fortune des Rougon, premier volume de la série des Rougon-Macquart ou histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second empire

Le 31 mai 1870 il se marie avec Alexandrine Meley. Il propose des chroniques à plusieurs journaux républicains. Il couvre la guerre et le siège de Paris. En mai, il commence le second volume, La Curée. La publication La Fortune des Rougon est perturbée. Mais elle a lieu d’abord en feuilleton à partir de juin dans le journal Le Siècle. Le 5 août, il fait paraître dans le journal La Cloche un article contre l’empire qui lui vaut des poursuites. Le 10 août, la publication en feuilleton est interrompue à cause de la guerre. Il passe la seconde moitié de l’année à Bordeaux puis à Marseille. Il tente d’entrer dans l’administration républicaine.

En mars 1871, Zola rentre à Paris. Il n’a pu obtenir une sous-préfecture. Il a achevé le second tome des Rougon-Macquart, La Curée, mais Le Siècle en est à reprendre la publication inachevée du premier tome, La Fortune des Rougon. Il couvre la Commune de Paris. L’expression désigne la période qui dura deux mois environ, du 18 mars 1871 jusqu’à la « semaine sanglante » des 21-28 mai. Pendant ce cours moment, Paris se révolta contre le gouvernement issu de l’Assemblée nationale qui venait d’être élue au suffrage universel. Une organisation inspirée de l’anarchisme tenta de gouverner la ville jusqu’à son écrasement par le gouvernement d’Adolphe Thiers (1797-1877). Zola n’est pas un témoin direct de la semaine sanglante. Il avait fui Paris en mai de peur d’être pris en otage. Il revient après le massacre. Le 14 octobre, La Fortune des Rougon paraît en volume chez Lacroix. La Cloche commence à faire paraître La Curée en feuilleton, mais le Parquet fait arrêter l’entreprise pour immoralité. Le 17 septembre, le canal d’Aix-en-Provence prend officiellement le nom de Zola, le père, qui avait participé à sa construction.

En 1872, il écrit des articles antimonarchistes dans les journaux républicains. Le 30 janvier La Curée, dont le héros est Aristide Saccard et le thème la spéculation immobilière, est publiée chez Lacroix. Puis, il arrête d’être journaliste de métier. Le 22 juillet, il change d’éditeur pour la publication des volumes des Rougon-Macquart : ce sera Georges Charpentier (1846-1905) qui deviendra son ami et qui éditera les naturalistes : Alphonse Daudet (1840-1897), Ivan Tourgueniev (1818-1883) et Guy de Maupassant (1850-1893). Il négocie un nouveau contrat. Il est rémunéré à 500 francs par mois pour écrire deux romans par an. Il conçoit un nouveau programme augmenté pour la série. Il fait paraître une seconde fois La Curée chez Charpentier le 14 octobre.

En 1873, il devient critique dramatique à L’Avenir national. Le troisième tome des Rougon-Macquart, Le Ventre de Paris, paraît d’abord en feuilleton, puis en volume le 19 avril. Il donne le 11 juillet Thérèse Raquin, drame en 4 actes, au théâtre de le Renaissance. Solari expose un buste de Zola au Salon.

Le 14 avril 1874, a lieu au café Riche, le premier « Dîner des auteurs sifflés » qui rassemblera tous les mois, Flaubert, Tourgueniev, Daudet, Edmond de Goncourt et Zola. Il fait la connaissance de Guy de Maupassant. Il publie en mai le quatrième volume des Rougon-Macquart : La Conquête de Plassans. Il publie également Les Nouveaux contes à Ninon. Au théâtre, il échoue le 3 novembre avec Les Héritiers Rabourdin. En fin d’année, un autre repas mensuel fait son apparition, le « Bœuf nature » qui réunit peintres et littérateurs. Par l’intermédiaire de Manet, il se lie d’amitié avec le poète Stéphane Mallarmé (1842-1898).

Le 27 mars 1875, il publie le cinquième volume des Rougon-Macquart : La Faute de l’abbé Mouret. L’écrivain et critique d’art Joris-Karl Huysmans (1848-1907), l’écrivain Henry Céard (1851-1924) ou encore l’écrivain Léon Hennique (1850-1035) manifestent leur admiration. Tous trois seront naturalistes.

En 1876, il commence ses relations avec Henry Céard, Huysmans et Léon Hennique. Il publie le sixième volume des Rougon-Macquart : Son Excellence Eugène Rougon. Il entre au Bien public, journal républicain fondé par Yves Guyot, comme critique dramatique. Il rédige une sorte de chronique littéraire. À partir d’avril, il fait paraître en feuilleton L’Assommoir. C’est un scandale : le journal arrête la publication du roman. La République des lettres la reprend. Le succès est à la hauteur du scandale. Il écrit une nouvelle pièce, Le Bouton de la rose.

En 1877, Zola proclame dans ses articles les principes du naturalisme. Le 16 avril, le journaliste et écrivain Octave Mirbeau (1848-1917), l’écrivain Paul Alexis (1847-1901), Léon Hennique, Henry Céard, Guy de Maupassant et Joris-Karl Huysmans invitent Zola, Edmond de Goncourt et Gustave Flaubert au restaurant Trapp. On considère ce dîner comme l’acte de baptême de l’école naturaliste.

En 1878, Zola achète une maison à Médan pour 9000 francs. Il publie le 20 avril le huitième volume des Rougon-Macquart : Une page d’amour, précédé de l’arbre généalogique des Rougon-Macquart. Le 6 mai, la première du Bouton de la rose est un échec.

En 1879, L’Assommoir est adapté au théâtre de l’Ambigu. La première a lieu le 18 janvier : c’est un grand succès. Avec Céard et Hennique, Zola travaille à l’adaptation théâtrale de La Conquête de Plassans, L’Abbé Faujas. Il publie dans Le Messager de l’Europe un article intitulé : « Le Roman expérimental ». À partir du 16 octobre Nana paraît en feuilleton et ce, jusqu’au 5 février de l’année suivante.

En février 1880, Nana, neuvième volume des Rougon-Macquart, paraît en volume. Le 1er mai, Les Soirées de Médan, recueil de nouvelles de Zola et des naturalistes paraissent le. Après une préface d’Émile Zola étrangement datée du 1er mai 1880, on peut lire tour à tour, l’Attaque du moulin, d’Émile Zola, Boule de Suif, de Guy de Maupassant, Sac au dos, par Joris-Karl Huysmans, la Saignée, par Henry Céard, l'Affaire du Grand 7, de Léon Hennique, et Après la bataille, de Paul Alexis. La mère d’Émile Zola meurt le 17 octobre. Il publie en décembre un recueil d’articles, Le Roman expérimental qui se ressent de sa lecture de l’Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1865) de Claude Bernard (1813-1878).

Le 16 janvier 1881, Zola est élu conseiller municipal de Médan. Il publie plusieurs recueils critiques, Le Naturalisme au théâtre en février, Nos auteurs dramatiques en avril, Les Romanciers naturalistes en juin et Documents littéraires en octobre. Il défend l’éducation des filles et la mixité dans deux articles : « Comment elles poussent » et « L’Adultère dans la bourgeoisie ».

En 1882, le dixième volume des Rougon-Macquart : Pot-Bouille paraît en feuilleton du 23 janvier au 14 avril avant sa parution en volume. Il publie un recueil de ses articles du Figaro, Une campagne. Il publie également un recueil de six nouvelles, Le capitaine Burle. L’universitaire Ferdinand Brunetière (1849-1906), qui devint professeur à l’École normale supérieure de 1886 à 1904, critique Zola dans Le Roman naturaliste. À partir du 17 décembre jusqu’au 1er mars de l’année suivante, Au Bonheur des Dames, onzième volume des Rougon-Macquart paraît en feuilleton.

En 1883, il publie également Naïs Micoulin et autres nouvelles. Au Bonheur des Dames paraît en volume. L’écrivain Paul Bourget (1852-1935), un temps admirateur de Zola, rassemblent des articles qui lui sont opposés dans ses Essais de psychologie contemporaine. Le 13 décembre a lieu la première du drame de William Busnach (1832-1907) tiré de Pot-Bouille au théâtre que Zola doit défendre dans le Figaro dans un article intitulé : « De la moralité au théâtre ».

En janvier 1884, il préface le catalogue des œuvres de Manet, mort l’année précédente qui sont exposées. Il publie en février La Joie de vivre, le douzième volume des Rougon-Macquart. Préparant son futur roman, il se documente à Anzin, descend dans un puits de mine. C’est ainsi qu’il assiste le 7 mars à un meeting du Parti ouvrier de la Région parisienne où Jules Guesde et Paul Lafargue prennent la parole. Germinal, le treizième volume des Rougon-Macquart, commence à paraître en feuilleton dans le Gil Blas le 26 novembre.

En 1885, il publie Germinal. Il est salué par la critique. Le succès est énorme. En mai, il commence à l’adaptation théâtrale avec William Busnach. Ils n’arriveront pas à convaincre la censure.

En 1886 il publie le quatorzième volume des Rougon-Macquart : L’œuvre. Cézanne qui croit se reconnaître dans l’artiste raté rompt avec Zola. Il voyage en Beauce pour préparer son roman sur les paysans du 3 au 9 mai.

Le 18 février 1887 a lieu la première du Ventre de Paris adapté par Busnach. Le 16 avril, il donne au théâtre Vaudeville une pièce intitulée Renée, tirée de La Curée. Il publie le quinzième volume des Rougon-Macquart : La Terre. La critique est indignée. Edmond Goncourt qui n’apprécie plus Zola l’encourage. Le Manifeste des Cinq est publié contre Zola dans Le Figaro le 18 août 1887. Lettre ouverte à Émile Zola, elle est signée par cinq jeunes écrivains proches d’Edmond de Goncourt : le journaliste et écrivain naturaliste Paul Bonnetain (1858-1899), l’écrivain d’origine belge J.-H. Rosny aîné (pseudonyme de Joseph Henri Honoré Boex, 1856-1940), le journaliste et écrivain Lucien Descaves (1861-1949), l’écrivain Paul Margueritte (1860-1818) et l’écrivain Gustave Guiches (1860-1935). Ils reprochent à Zola sa vulgarité et de se répéter pour des raisons mercantiles. Zola ne répond pas.

En 1888, Alfred Bruneau entre en contact avec lui pour mettre en musique une de ses œuvres. Zola lui propose Le Rêve, le seizième volume des Rougon-Macquart. Il commence à paraître en feuilleton à partir du 1er avril jusqu’au 15 octobre. Une version édulcorée de Germinal dont la première a lieu le 21 avril rencontre peu de succès. Du 1er avril au 15 octobre, Le Rêve paraît en feuilleton. Après sa légion d’honneur obtenue le 13 juillet, il annonce qu’il sera candidat à l’Académie française. Zola commence une liaison avec Jeanne Rozerot (1867-1914), la lingère que madame Zola avait engagée pour leur séjour à Royan. Zola s’initie à la photographie qu’il va désormais pratiquer assidument. Il installe sa maîtresse dans un appartement proche de son domicile à Paris. En octobre, il publie Le Rêve en volume.

En 1889 en compagnie de Jeanne Rozerot, Zola part se document au Havre pour La Bête humaine, le dix-septième volume des Rougon-Macquart. Le 2 mai, son drame, Madeleine, de 1865 est créé au Théâtre-Libre, lieu et mouvement théâtral dévoué au naturalisme. Le 20 septembre, Jeanne Rozerot donne à Zola une fille, Denise. En octobre, une nouvelle édition du Vœu d’une morte sort. La Bête humaine commence à paraître en feuilleton dans La vie populaire le 14 novembre. Le 2 décembre il est candidat pour la première fois à l’Académie française.

En 1890, Zola publie le La Bête humaine en volume. Il visite la Bourse pour son prochain roman. Il collabore à l’élaboration du livret du Rêve que Bruneau met en musique. L’Argent dix-huitième volume des Rougon-Macquart, commence à paraître en feuilleton le 30 novembre.

En 1891, Zola publie le L’Argent. Il est élu membre de la Société des gens de lettres le 9 février puis président le 6 avril. Du 17 au 26 avril, il voyage dans la région de Sedan pour sa documentation relative à La Débâcle le dix-neuvième volume des Rougon-Macquart. Le Rêve adapté à l’opéra sur une musique d’Alfred Bruneau connaît le succès pour la première le 18 juin. Le 25, un grand banquet en l’honneur de ses auteurs est organisé au bois de Boulogne. Le 6 juillet, la Société des gens de lettres, sur la proposition de Zola, confie à Rodin l’exécution d’un monument à Balzac. À partir du 9 septembre, les Zola voyagent dans les Pyrénées, notamment à Lourdes. Jeanne Rozerot donne à Zola un fils, Jacques, né le 25 septembre. Sa femme légitime est avertie part une lettre anonyme le 10 novembre de la liaison de son mari. Une crise s’ensuit.

En 1892, Zola voyage avec son épouse, Lourdes, le midi, Gênes. Il publie La Débâcle, d’abord en feuilleton du 20 février au 21 juin dans La vie populaire, puis en volume le même jour. Son activité de président de la Société des gens de Lettres l’occupe. Il échoue une nouvelle fois à l’Académie française. Le 7 décembre, il commence Le Docteur Pascal, vingtième et dernier volume des Rougon-Macquart.

En 1893, Zola publie Le Docteur Pascal le 19 juin. Le 21, un grand banquet au Chalet des Îles au bois de Boulogne fête l’événement : l’achèvement du cycle. Le 13 juillet, Zola est fait officier de la Légion d’honneur. Il reçoit un accueil triomphal au congrès du Royal Institute of Journalists qui se tient à Londres du 20 septembre au 1er octobre. Le 5 octobre, il commence la rédaction de Lourdes. Le 23 novembre, l’Attaque du moulin est créée à l’Opéra-comique. En décembre Zola achève la pièce qu’il a adaptée de La Bête humaine en collaboration avec Busnach. Il compose le livret de Lazare.

 

Le combat pour la justice.

Au printemps 1894, il rédige Messidor, livret destiné à Bruneau. Le 27 avril, il achève son mandat de président de la Société des gens de lettres. Du 14 avril au 14 août, paraît Lourdes, le premier volume du cycle Les Trois Villes en feuilleton. La peinture des catholiques n’a pas l’heur de leur plaire et l’œuvre de Zola entre à l’Index le 19 septembre. Le public assure le triomphe de l’œuvre. Zola échoue à l’Académie française : c’est Paul Bourget qui est élu. Pendant ce temps, du 31 novembre au 15 décembre, le capitaine Alfred Dreyfus est arrêté et jugé pour espionnage au profit de l’empire allemand. Les antisémites se déchaînent : le traître est juif. Alsacien, il est donc allemand. Le 22 décembre, il est condamné à la dégradation militaire et à la déportation à vie.

Le 5 janvier 1895, Dreyfus est dégradé devant une foule hostile. Le nationaliste Barrès écrit :

« Sa figure de race étrangère, sa raideur impassible, toute son atmosphère révolte le spectateur maître de soi. »

Le 1er avril Zola est de nouveau président de la Société des gens de lettres. Le 13 décembre, Dreyfus embarque pour l’île du Diable. Rome, deuxième volume du cycle Les Trois Villes commence à paraître dans Le Journal le 21 décembre.

En 1896, après un séjour dans la ville des papes, il publie Rome le 8 mai. Il y dénonce la charité, lui préférant la justice. Il fait paraître dans Le Figaro le 16 mai « Pour les Juifs ». À l’automne, il rédige deux livrets, celui de L’Ouragan et celui de Violaine la chevelue. Ce dernier ne sera pas mis en musique. En novembre, il reçoit la visite de Bernard Lazare (1865-1903) qui venait de faire paraître une brochure intitulé Une erreur judiciaire. La vérité sur l’affaire Dreyfus le 6, à la demande du frère de ce dernier ; il vient l’intéresser à l’affaire Dreyfus.

Le 19 février 1897, Messidor, drame lyrique d’Alfred Bruneau (1857-1934) dont il a rédigé le livret, est joué à l’Opéra. Zola fait paraître le 29 mars, Nouvelle campagne, un recueil d’articles parus dans Le Figaro. Il est élu membre du comité de la Société des gens de lettres pour trois ans. Paris, troisième volume du cycle Les Trois villes, paraît en feuilleton à partir du 23 avril. Le 24, il prononce un discours à l’occasion de l’inauguration du monument Guy de Maupassant. Le 6 novembre, Bernard Lazare qui a publié un second mémoire, Une erreur judiciaire. L’affaire Dreyfus s’entretient avec lui sur l’Affaire. Le 13, c’est Me Leblois, le défenseur du colonel Lieutenant-Picquart, qui a découvert le vrai traître, Esterhazy, avec qui il déjeune. Zola s’engage en faveur de Dreyfus. Il publie trois articles dans Le Figaro, le 25 novembre, les 1er et 5 décembre. Une campagne de désabonnement au Figaro l’amène à quitter ce journal. Il publie ses réflexions en brochures, « Lettre à la jeunesse » le 14 décembre.

Le 6 janvier 1898, il publie une seconde brochure « Lettre à la France ». Les 10 et 11 janvier, malgré les preuves, Esterhazy est acquitté à l’unanimité par le conseil de guerre. Picquart est condamné à la forteresse. Le 13 janvier il fait paraître « J’accuse », lettre ouverte adressée au président de la République, Félix Faure, dans L’Aurore, le journal de Georges Clémenceau (1841-1929). En quelques heures, 300 000 exemplaires du journal sont vendus. Accusé pour diffamation, le procès s’ouvre le 7 février. Des magasins tenus par des Juifs sont attaqués par les antisémites. Le 23 février Zola est condamné à la peine maximale, soit un an d’emprisonnement et 3000 francs d’amende. Il publie Paris en volume le 26 mars. En cassation son procès est cassé pour vice de forme le 2 avril. Un second procès s’ouvre le 23 avril. Le 9 juillet, il est condamné à 2 mois de prison avec sursis, 2000 francs d’amende et 5000 francs de dommages et d’intérêts pour les trois experts qui avaient validé l’acquittement d’Esterhazy. 2 jours plus tard, ce dernier est arrêté sous la dénonciation de son cousin ainsi que Picquart. Zola après avoir publié une nouvelle lettre, est condamné devant les assises de Versailles à un an de prison et 3000 francs d’amende. Avant d’être assigné, il s’exile en Angleterre. Il y commence Fécondité, le premier du cycle Quatre Évangiles. De nouveau condamné, il est radié de l’ordre de la légion d’honneur et une vente saisie à lieu à son domicile. En août, Jean Jaurès commence à écrire en faveur de Dreyfus. Le faux d’Henry est bientôt découvert. Écroué, il se suicide le 31 août.

Le 16 janvier 1899, Félix Faure meurt. Émile Loubet, partisan de la révision est élu président de la République. La révision va avoir lieu. Le 5 juin 1899, il revient en France après onze mois d’exil à cette annonce de la révision du procès Dreyfus. En septembre, malgré les aveux d’Esterhazy, la découverte du faux Henry, le capitaine Dreyfus est à nouveau condamné. Zola est indigné. Du 15 mai au 14 octobre, Fécondité paraît en feuilleton dans L’Aurore. Le 19 septembre le capitaine Dreyfus est gracié. Zola n’assistera pas à la réhabilitation de Dreyfus en 1906. Il publie le premier volume du cycle des Quatre Évangiles : Fécondité le 28 octobre.

En janvier 1900, il fait paraître trois articles pour défendre la mémoire de son père attaquée par les antisémites. Travail, le deuxième volume du cycle des Quatre Évangiles paraît dans l’Aurore à partir du 3 décembre. Une loi d’amnistie est votée pour tous les faits relatifs à l’affaire Dreyfus.

Le 29 avril 1901 a lieu la première de L’Ouragan d’Alfred Bruneau. Il publie le 16 avril La Vérité en marche, recueil des articles concernant l’affaire Dreyfus. En mai Travail paraît en volume.

Le 10 septembre, Vérité, le troisième volume du cycle des Quatre Évangiles commence à paraître en feuilleton. Dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902, Zola meurt asphyxié à cause d’une cheminée mal ramonée. Est-ce un acte des antisémites ? 50 000 personnes l’accompagnent à sa dernière demeure le 5 octobre.

 

Le 15 février 1903, s’achève la publication de Vérité. Le quatrième volume du cycle, Justice, est resté à l’état de simple projet.

Le 3 mars 1905, L’Enfant-Roi d’Alfred Bruneau dont il a rédigé le livret est joué.

En 1906, les enfants illégitimes de Zola purent porter le nom de leur père car Alexandrine Zola fit reconnaître les enfants de sa rivale.

Le 3 juin 1908 les cendres de Zola sont transférées au Panthéon en dépit des nationalistes comme Barrès et des attaques contre « le métèque vénitien Zola » de l’Action française. Les cris de « À bas les Juifs ! À bas Zola ! » accompagnèrent le cortège. Lors de la cérémonie, un journaliste nationaliste tira sur Alfred Dreyfus qui était présent. Quelques jours plus tard, il fut acquitté.

 

 

 

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