La dissertation et l'explication de texte - terminales technologiques

Publié par Bégnana Patrice

L’épreuve de philosophie au baccalauréat consiste à traiter un des trois sujets proposés au choix. Les deux premiers sujets sont des sujets de dissertation. Le troisième sujet est constitué essentiellement d’un texte extrait de l’œuvre d’un philosophe au programme.

La durée de l’épreuve est de quatre heures. Le coefficient est de 2. Aucun document et aucun objet électronique (calculatrice, téléphone mobile, etc.) ne sont autorisés.

Durant l’année, vous devez apprendre à faire les deux types de sujets. En effet, chaque professeur de philosophie aborde dans son cours certains problèmes et proposent certains parcours de solutions qui peuvent être différents de ceux d’autres professeurs. En ayant le choix entre trois sujets, l’élève doit pouvoir en traiter au moins un.

Les indications de méthode données ci-dessous doivent servir à réaliser les devoirs en temps libre et en temps surveillé qui, seuls, permettent de se préparer réellement à l’épreuve du baccalauréat. En philosophie comme en natation, la pratique est tout.

 

A. La dissertation (sujet 1 et 2).

Elle consiste à poser un problème (introduction), à résoudre le problème (développement en trois parties) et à donner la solution du problème (conclusion).

Pour la réaliser, il faut commencer par une recherche (I. Travail préparatoire ou brouillon de la dissertation) avant de procéder à l’exposition (II. Rédaction de la dissertation).

 

I. Travail préparatoire ou brouillon de la dissertation.

De même que pour faire une maison on use d’outils et on travaille des matériaux qui ne se verront pas dans le résultat final, de même le travail préparatoire ou brouillon ne se retrouve pas en tant que tel dans la copie.

1. Analyser le sujet.

Les sujets de dissertation au baccalauréat sont libellés sous forme de questions.

Il faut définir chaque terme du sujet, y compris les verbes, les articles, etc. pour saisir le sens du sujet. Une fois chaque terme défini, il faut le rapporter au sujet tout entier. Aussi les éléments de définitions non pertinents par rapport au sujet doivent-ils être éliminés.

Il faut arriver à comprendre le sens global du sujet.

Cette analyse du sujet ne doit en aucune façon figurer dans la rédaction à titre d’introduction à la façon d’un catalogue de définitions.

2. Poser le problème.

Une question n’est pas un problème. À une question, on peut répondre directement. La réponse à un problème consiste à éliminer une difficulté qui empêche toute réponse simple. C’est au candidat à poser un problème à propos de la question qui lui est posée.

Pour cela, il faut trouver deux réponses possibles et incompatibles à la question qui constitue le sujet (une thèse et un contre exemple, une opinion commune et le paradoxe qu’elle recèle, etc.).

Les deux réponses ne sont pas l’annonce des parties du développement. Elles constituent la position du problème. Il faut alors l’énoncer en reprenant le plus possible la formulation du sujet afin d’éviter de proposer un nouveau sujet.

Le cours, les lectures, la réflexion, bref, le travail fourni est ce qui permet de poser le problème. Pour se préparer, il est possible de faire des fiches sur les notions en formulant les problèmes généraux qui ont pu être posés en cours.

3. Trouver les axes du développement.

Il faut alors trouver trois réponses au problème. Il faut les hiérarchiser. On place la réponse qu’on va défendre en troisième position et on ordonne les deux autres en fonction de leur proximité avec elle.

Pour savoir quelle réponse choisir, on cherche pour chacune des objections : celle qui résiste est la bonne.

Cette réponse n’est pas une “opinion personnelle” mais une thèse. Elle peut correspondre ou non à l’opinion du candidat. Tout ce que le correcteur exige, c’est qu’on pense et non qu’on exprime une opinion.

Le plan en deux parties antithétiques est à proscrire. Rarement pertinent, il tourne souvent en une stérile opposition des avantages et des inconvénients et passe ainsi à côté du problème.

Pour trouver ces réponses, on s’appuie sur le cours, les devoirs déjà réalisés, les textes (ou les œuvres) des philosophes travaillés au fur et à mesure de l’année.

4. Élaborer le plan.

Pour chaque réponse, il faut :

a) définir les notions ;

b) proposer des arguments et

c) donner des exemples.

Les notions définies avec un argument et un exemple constituent un paragraphe.

Il faut au moins deux paragraphes par partie. Il est préférable (mais non obligatoires) qu’il y ait le même nombre de paragraphes dans chaque partie et qu’ils se répondent.

La première et la deuxième partie doivent s’achever par un paragraphe de transition. Il consiste à montrer l’insuffisance (= objection) de la réponse et introduit la suivante.

5. Rédiger au brouillon la conclusion et l’introduction.

Comme l’introduction et la conclusion sont importantes car elles donnent le ton du devoir, il faut donc soigner leur rédaction.

 

II. Rédaction de la dissertation.

1. Les différents moments.

Entre l’introduction et le développement et entre le développement et la conclusion, sautez deux lignes et une ligne entre chaque partie du développement.

a. L’introduction.

  • Éventuellement, commencez par une accroche ou une amorce (= une entrée en matière) qui introduit le sujet.
  • Donnez obligatoirement les deux réponses qui constituent le problème en marquant leur différence par un terme d’opposition (cependant…, toutefois…, néanmoins…, etc.).
  • Énoncez obligatoirement le problème.
  • Éventuellement, annoncez le plan.

b. Le développement.

Il faut marquer les paragraphes en allant à la ligne et en laissant quelques carreaux. Il ne faut pas dans la rédaction séparer les définitions de l’argumentation et ne donner qu’un exemple (sauf si l’argument est inductif).

Chaque paragraphe de transition doit commencer par un terme qui l’annonce (« toutefois… », « cependant… », « néanmoins… », etc.).

c. Conclusion.

Il faut l’annoncer par une formule typique (« en guise de conclusion… », « pour conclure… », « pour finir… », « en un mot… », etc.).

Rappeler le problème puis les étapes de sa résolution et la solution qui en découle.

Si votre “opinion personnelle” contredit la solution que vous avez trouvée, ne l’énoncez pas. Ce serait introduire une contradiction qui détruirait le devoir (si vous n’êtes pas convaincu par la thèse défendue et continuez à pencher pour votre opinion à la fin du devoir, vous avez le reste de votre vie pour résoudre votre problème).

Éventuellement, si vous êtes sûr de vous, proposez une ouverture.

 

 

 

B. L’explication de texte (sujet 3).

Elle consiste à exposer la compréhension d’un moment de la réflexion philosophique d’un auteur au programme et d’en dégager la pertinence par rapport à un problème philosophique.

Le sujet est composé du texte suivi du nom de l’auteur, de l’indication relative à l’œuvre d’où est extrait le texte ainsi que la date de sa rédaction. Il est précédé ou suivi d’une formule qui est la suivante :

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

Après le texte sont proposées trois, voire quatre questions. Comme l’indique le libellé du sujet, les questions visent à aider à réaliser l’explication du texte.

Pour la réaliser, il faut commencer par une recherche (I. Travail préparatoire ou brouillon de l’explication de texte) avant de procéder à l’exposition (II. Rédactions de l’explication de texte).

 

I. Travail préparatoire ou brouillon de l’explication de texte.

1. Lire le texte.

Lisez-le au moins deux fois. La première lecture permet de se faire une première idée. La seconde lecture permet de préciser cette idée, voire de la corriger. Si par exemple la thèse apparaît à la fin de l’extrait, la seconde lecture permet de commencer à saisir le sens de l’argumentation qui la précède.

2. Éclaircissez avec l’aide du contexte les difficultés de vocabulaire et de grammaire.

Vous devez utiliser toutes les méthodes apprises en français. En temps libre, aidez-vous d’un dictionnaire. N’hésitez pas à chercher à définir les termes importants du texte qui vous paraissent familiers. Grâce à un répertoire, notez toute l’année, le sens ancien des termes d’usage courant, des mots du vocabulaire philosophique, etc. Tout le texte doit être expliqué.

Si un passage résiste, proposez des hypothèses et cherchez à les éliminer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une.

3. Formulez la thèse du texte.

La thèse est la proposition que l’auteur défend. Il ne faut pas la confondre avec le ou les thèmes. La thèse est une proposition. C’est ce que l’auteur affirme du ou des thèmes du texte qui consiste en un ou plusieurs termes.

Il ne faut surtout pas confondre la thèse défendue par l’auteur avec une thèse qu’il rapporte pour la critiquer : un tel contresens vous interdirait pratiquement d’espérer la moyenne.

Cette étape correspond à la première partie de la première question (« 1. Dégagez l’idée principale du texte… », « 1. Dégagez l’idée essentielle … », etc.).

4. Dégagez l’argumentation du texte.

Vous devez distinguer les propositions et leur enchaînement logique (affirmation ou négation, hypothèse, objection, réfutation, concession, opposition, principe et conséquence, déduction ou induction, illustration d’une thèse …).

Vous ne devez pas confondre ce que l’auteur rapporte pour le soutenir ou pour le réfuter et ce que lui soutient (« On dit que… », « x prétend que … Mais… », etc.).

Cette étape correspond à la deuxième partie de la première question (« 1. … et les étapes de son argumentation. » ; « 1. … et les articulations principales. », etc.).

5. Expliquez.

La deuxième question, voire la troisième, propose d’expliquer un ou plusieurs passages ou d’expliquer plus particulièrement des notions utilisées par l’auteur.

L’explication doit mettre en valeur le sens de l’expression et des notions dans le contexte et donc leur importance dans l’argumentation.

 

6. Réfléchir.

La dernière question se présente sous la forme ouverte d’un sujet de dissertation qu’il faut traiter comme tel. Soit vous posez un problème relatif au sens du texte. Soit vous posez un problème pour discuter le texte. Appliquez les consignes relatives à la dissertation.

 

II. Rédactions de l’explication de texte.

Il y a deux, voire trois façons de rédiger l’explication de texte.

1. Répondre aux questions.

Vous pouvez répondre aux questions (obligatoirement dans l’ordre). Dans ce cas, il est préférable de poser le problème général dans une brève introduction. La dernière question devra alors prendre la forme d’une dissertation.

Toute copie où il ne sera pas répondu à toutes les questions sera sévèrement sanctionnée.

2. Composez.

Vous pouvez composer votre rédaction.

a. L’introduction.

Elle doit présenter ce qui est en jeu dans le texte et montrer quel est le problème relatif à la dernière question. Elle indique le plan suivi qui doit suivre les grandes articulations du texte (trois parties, voire deux).

b. Le développement.

Il est ordonné autour des parties du texte dégagées. Vous devez à la fois analyser l’argumentation dans chaque partie, précisez le sens des expressions ou des notions au fur et à mesure et donner vos propres réflexions sur le sens ou la vérité de ce que l’auteur propose. Vous veillerez donc à distinguer la voix de l’auteur (en utilisant son nom comme sujet des phrases ou « l’auteur … », etc.) de la vôtre (en indiquant explicitement que c’est vous qui parlez « on peut penser que l’auteur veut dire … » ou « on peut lui objecter que… » ou « nous pouvons dire que … », etc.).

Comme pour la dissertation il faut des transitions entre les parties.

Cette façon de procéder est la meilleure et celle qui est susceptible d’être valorisée.

Toutefois, une copie qui utiliserait cette forme pour ne pas répondre à certaines questions sera sanctionnée.

c. Conclusion.

Vous donnez en conclusion le bilan de votre travail par rapport au problème dont le texte et votre explication sont l’explication.

3. Une forme mixte.

Vous pouvez regrouper les deux ou trois premières questions en une partie et la dernière en une autre, surtout si cette dernière est une discussion critique (positive ou négative) de la thèse soutenue par l’auteur.

Vous ferez précéder le développement d’une introduction qui indique quel est le problème traité par l’auteur, sa thèse et indiquerez en quoi la dernière question est un problème.

Vous le ferez suivre d’une conclusion qui fait le bilan de la réflexion.

 

Ordre de la rédaction (surtout en devoir surveillé).

Que ce soit pour la dissertation ou pour l’explication de texte, il est préférable d’adopter l’ordre suivant.

  1. Laissez la place de l’introduction et rédigez le développement.
  2. Relire le développement.
  3. Rédigez sur la copie en apportant les corrections nécessaires la conclusion.
  4. Rédigez sur la copie en apportant les corrections nécessaires l’introduction.
  5. Relire le tout pour corriger l’orthographe, la grammaire et écrire les mots effacés par le blanc.