Kant - Biographie

Publié le par Bégnana

    Emmanuel Kant est né à Königsberg le 22 avril 1724, dans une famille modeste. Son père était un ouvrier sellier. Sa mère était piétiste, une tendance du protestantisme luthérien tendant à une forme de mysticisme. On lui attribue une influence sur son fils. Kant, le quatrième enfant, avait dix frères et sœurs. Son oncle, un artisan cordonnier aisé, lui permet de poursuivre des études universitaires. Il y apprend la théologie, la philosophie et les sciences. Lorsque son père meurt en 1747, il quitte l’université sans avoir obtenu tous ses grandes. Il gagne sa vie comme précepteur de familles nobles de Prusse orientale.

En 1755, il obtient la « promotion » de l’Université de Königsberg, puis l’« habilitation » qui l’autorise à professer des cours libres à l’Université en qualité de « privat-docent ». Il y enseigne à peu près tout : mathématiques, logique, physique, anthropologie, géographie et philosophie. Sa vie est consacrée à l’étude. S’il est vrai qu’on ne lui connaît pas de relations féminines (ni masculines), sa table est tous les jours ouverte à des convives et semble avoir été très joyeuse. La régularité de son existence est illustrée par sa promenade quotidienne qui permettait aux habitants de connaître exactement l’heure.

Ses premiers travaux sont ceux d’un modeste universitaire qui ne serait peut-être pas passé à la postérité. On peut citer son ouvrage de physique, de cosmologie faudrait-il dire, Histoire universelle de la nature et théorie du ciel paru en 1755.

En 1770, il soutient une thèse rédigée en latin, De la forme et des principes du monde sensible et intelligible. Il devient professeur titulaire.

En 1781, après un silence relatif, il publie la première version de son premier ouvrage fondamental : la Critique de la raison pure. Ce gros livre écrit pour des philosophes professionnels constitue une critique de la philosophie ou plutôt de la métaphysique, c’est-à-dire de la prétention de connaître par la raison les principes de la réalité, à savoir l’âme, le monde et Dieu. Il en propose une version abrégée en 1783 dans ses Prolégomènes à toute métaphysique future qui se présentera comme science. L’année suivante il publie deux articles de philosophie de l’histoire dans la Revue mensuelle berlinoise : l’Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique et Réponse à la question : qu’est-ce que les Lumières ?.

Il publie en 1785 un premier livre sur la morale, Fondements de la métaphysique des mœurs, dont l’idée est là encore révolutionnaire. C’est sur l’idée du devoir et non sur celle du bien (y compris Dieu) ou de bonheur que la morale peut être fondée. Kant ne prétend pas d’ailleurs fonder une morale mais rendre compte de la morale de tous les hommes.

Un article de philosophie de l’histoire, Conjectures sur les commencements de l’histoire humaine, est publié en 1786. La même année, Kant donne ses Premiers principes de la métaphysique de la nature qui sont une fondation de la physique newtonienne.

En 1788, c’est la deuxième critique, la Critique de la raison pratique. Kant y montre que la raison, facteur d’illusion lorsqu’elle veut connaître, est le seul principe légitime, lorsqu’il s’agit d’agir. Il réintroduit les idées d’immortalité de l’âme, de liberté et de Dieu comme des postulats qui découlent du devoir moral. Un article intitulé De l’usage des principes téléologiques en philosophie complète ses réflexions de philosophie de l’histoire.

Il trouve deux ans plus tard à s’exprimer dans la troisième critique de Kant, la Critique de la faculté de juger. Le philosophe y examine dans une première partie le jugement esthétique et dans la seconde partie le jugement téléologique. Cette critique a pour fonction explicite d’unifier les deux précédentes et de donner à la philosophie critique son unité.

Il publie en 1793 un ouvrage sur la religion, La religion dans les limites de la simple raison, qui paraît être une tentative de rationalisation du christianisme, seule religion conforme à la raison selon Kant, mais un christianisme où la révélation et le sacrifice du Christ ne jouent aucun rôle. La défense de sa morale, de sa politique et de sa philosophie de l’histoire l’occupe dans un long article intitulé Sur un lieu commun : il se peut que ce soit juste en théorie, mais, en pratique, cela ne vaut rien, en abrégé Théorie et pratique.

Il intervient de nouveau dans le champ de la philosophie de l’histoire avec son Projet de paix perpétuelle en 1795, qui sera son premier ouvrage traduit en français par un prussien enthousiaste de la révolution française.

Il quitte l’enseignement en 1796.

En 1797, il publie la Métaphysique des mœurs en deux parties, la Doctrine du droit et la Doctrine de la vertu. Ce sont les parties positives de sa « critique de la raison pratique ».

En 1798, il publie le Conflit des facultés. Dans cet ouvrage, il montre comment la philosophie résout son conflit avec les facultés de théologie sur la religion, avec celle de droit sur l’histoire et celle de médecine dans le régime de vie. Kant y analyse la révolution française comme un événement capital pour la compréhension du destin de l’humanité. On lui attribue d’avoir interrompu sa célèbre promenade de l’après-midi pour attendre des nouvelles de la révolution française.

Avant sa mort, ses disciples feront paraître un certain nombre d’ouvrages. La Logique par J. B. Jäsche en 1800, sa Géographie physique par Rink en 1802-1803 et les Propos de Pédagogie en 1803.

Kant meurt le 12 février 1804.

 

 

Publié dans Auteurs

Commenter cet article