La Fontaine - biographie

Publié le par Bégnana

Jean de La Fontaine a été baptisé le 8 juillet 1621 à Château-Thierry en Champagne (actuellement dans le département de l’Aisne qui appartient à la région Picardie). Son père, Charles de La Fontaine est conseiller du roi et maître des eaux et forêts de la duché de Chaûry, abréviation alors courante de Château-Thierry. Sa mère, de bonne famille bourgeoise, se nomme Françoise Pidoux. Son frère cadet, Claude, est baptisé le 26 septembre 1623.

Vers 1635-1636, il part poursuivre ses études à Paris. Il est possible qu’il ait eu Furetière (1619-1688) comme condisciple. Quoique l’aîné, qui, à cette époque, n’était pas destiné à la vie religieuse, il est admis à l’Oratoire le 27 avril 1641. Il renonce plus d’un an après en octobre 1642 à sa vocation religieuse et regagne Château-Thierry.

C’est vers 1643 qu’il découvre et apprécie la poésie de Malherbe (1555-1628). Peut-être a-t-il alors connu Pierre Gassendi (1592-1655), le philosophe épicurien, l’adversaire de Descartes (1596-1650), l’auteur des septièmes objections aux Méditations métaphysiques (1642).

De 1645 à 1647, il fait son droit à Paris. Il participe à la constitution d’une petite académie littéraire, dite l’Académie des Jeudis dont les membres s’appelaient les Palatins ou encore les chevaliers de la Table ronde. Cette académie placée sous le patronage réel ou d’inspiration du poète Jean Chapelain (1595-1674), de l’érudit François Conrart et d’Olivier Patru dont les membres sont François de Pellisson, Maucroix, Furetière, Tallemant des Réaux, le savant François Cassandre, François Charpentier et Antoine Rambouillet de La Sablière (1624-1679) le futur mari de Marguerite Hessein. Il s’inscrit comme avocat en la cour du Parlement de Paris.

Le 10 novembre 1647, il épouse une parente de Jean Racine (1639-1699) Marie Héricart, baptisée le 26 avril 1633, âgée de 14 ans col(les jeunes filles alors se mariaient à partir de 13 ans) et originaire de la Ferté-Milon près de Château-Thierry. Le 20 mars 1652, il obtient par achat, comme toutes les fonctions publiques sous l’Ancien Régime, la charge de maître particulier triennal des eaux et forêts du duché de Chaûry. Charles de La Fontaine, son premier fils, est baptisé le 30 octobre 1653 à Château-Thierry. La Fontaine connaît des difficultés financières que montre la vente d’une de ses fermes et d’une métairie.

La même année, Nicolas Foucquet, vicomte de Vaux (1615-1680), procureur général au Parlement de Paris depuis 1650, est nommé surintendant des finances, c’est-à-dire ministre des finances, sous le règne de Mazarin (1602-1661). Le 17 août 1654 paraît sans nom d’auteur L’Eunuque, comédie, une pièce du poète latin Térence que La Fontainea traduite en vers et adaptée. Il commence à écrire des vers pour Nicolas Foucquet en 1657. Celui-ci faisait travailler pour lui Le Nôtre et Lebrun et recevait les deux Corneille, Pierre (1606-1684) et Thomas (1625-1709), Molière (1622-1673) et Quinault, Charles Perrault, Scarron.

En avril 1658, son père meurt. Il hérite de ses charges et de ses dettes. Peut-être a-t-il fréquenté à cette époque Olivier Patru. Il offre à Foucquet vers juillet 1658 le manuscrit du poème d’Adonis, imité des Métamorphoses d’Ovide. Foucquet et son entourage apprécient son Epître à l’abbesse de Monzon. La Fontaine est présenté au surintendant. Début 1659, il se sépare de biens avec sa femme. Il devient membre de la “cour” de Foucquet à Saint-Mandé (dans l’actuel Val-de-Marne, 94, au sud-est de Paris). Il y retrouve Paul Pellisson et François de Maucroix. Il rencontre un disciple de Gassendi, Samuel Sorbière. Il se lie avec Saint-Evremond, Brienne, de Charles Perrault et Madeleine de Scudéry. Foucquet le pensionne en échange d’une production poétique trimestrielle. Il entreprend pour lui Le Songe de Vaux, qui décrit par avance les splendeurs du château alors en construction. À Paris, il retrouve La Rochefoucauld (1613-1680) et le Cardinal de Retz dans le salon de la comtesse de Lafayette.

Vers 1660, La Fontaine écrit la farce des Rieurs de Beau Richard. Peut-être a-t-il déjà écrit ses premières fables. On peut l’inférer des premiers mots de la Préface du premier recueil :

« L’indulgence que l’on a eue pour quelques-unes de mes fables me donne lieu d’espérer la même grâce pour ce recueil » La Fontaine, Fables, éd. de Marc Fumaroli, Imprimerie nationale, 1985, réédition Le livre de poche, « Pochothèque », 1995, p.5.

Le 9 mars 1661, Mazarin (1602-1661) meurt. Louis xiv (1638-1643-1715) exercera désormais seul le pouvoir. Le 17 août, Foucquet donne à Vaux-le-Vicomte une grande fête en l’honneur du roi. Molière y donnera la première représentation des Fâcheux avec un prologue de Pellisson. La Fontaine en donne une relation le 22 à Maucroix sous forme d’une lettre. Le 5 septembre, Foucquet est arrêté à Nantes par d’Artagnan et emprisonné en compagnie de Pellisson (ce dernier sera libéré cinq ans plus tard). Jugé et condamné pour malversations financières, il mourra en prison.

Pour sa part, La Fontaine est poursuivi pour usurpation du titre d’écuyer, titre de petite noblesse qu’il a pris dans divers contrats. Il est condamné à une forte amende en 1662. Peut-être a-t-il alors publié clandestinement l’Elégie aux Nymphes de Vaux, écrites en faveur de Foucquet. Toujours est-il qu’il lui écrit le 30 janvier pour répondre aux apostilles que le surintendant a mises à son Ode au roi. Le 23 août 1663, il accompagne l’oncle de sa femme Jannart, substitut de Foucquet dans sa charge de procureur général au Parlement, en exil à Limoges où ils arrivent le 8 septembre. Il adresse en chemin six lettres à son épouse qui constituent La Relation d’un voyage de Paris en Limousin, six lettres non publiées de son vivant, une septième projetée n’a pas été retrouvée même à l’état d’ébauche.

Il revient au plus tard en juillet 1664 à Paris car, le 8 juillet, il entre au service de Marguerite de Lorraine, duchesse douairière d’Orléans (1613-1672), veuve de Gaston le frère de Louis xiii, au palais du Luxembourg dont il est l’un des neuf « gentilshommes servants ». Sa femme se retire à Château-Thierry. La Fontainefréquentera les salons parisiens, celui de l’Hôtel de Nevers, favorable au jansénisme et à Foucquet où il rencontre La Rochefoucauld(1613-1680), la comtesse de Lafayette (1634-1693) et la marquise de Sévigné (1626-1696) et celui de la duchesse de Bouillon.

En décembre 1664, sont publiées les Nouvelles en vers tirée[s] de Boccace et de l’Arioste par M. de L.F. Le conte, Joconde, est imité du poète Italie, Arioste (1474-1533) et le Cocu battu et content de l’écrivain italien Boccace (1313-1375). En janvier 1665, il publie les Contes et nouvelles en vers. Il collabore dans le même temps à la traduction de La Cité de Dieu de (Saint) Augustin (354-430). Il est plus particulièrement chargé de la traduction des vers latins. En janvier de l’année suivante, la deuxième partie des Contes et Nouvelles en vers paraît.

Le 7 août, Colbert (1619-1683) lui écrit pour enquêter sur des malversations commises par des officiers des eaux et forêts de Château-Thierry.

Le 6 juin 1667, le privilège pour le premier recueil des Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine est pris. Trois nouveaux contes licencieux mais surtout utilisant des personnages ecclésiastiques sont publiés à Cologne puis à Amsterdam.

Le 31 mars 1668, les Fableschoisies mises en vers par M. de La Fontaine paraissent, grâce notamment à Boileau (1636-1711) avec des illustrations de François Chauveau. Elles correspondent à nos actuels livres I à VI des Fables de La Fontaine. Une deuxième édition en deux volumes suit le 19 octobre.

L’année suivante paraissent le 31 janvier les Amours de Psyché et de Cupidon, avec le poème d’Adonis.

Le 20 décembre 1670, paraît le Recueil de poésies chrétiennes et diverses, dédié à Monseigneur le Prince de Conti [François Louis de Bourbon] auquel La Fontaine a collaboré et qui contient seize fables déjà publiées.

Le 21 janvier 1671, le duc de Bouillon, dont le salon de sa femme, née Marie-Anne Mancini et surtout nièce de Mazarin, est fréquenté par La Fontaine, lui rachète ses charges, achetées ou héritées, de maître des eaux et forêts.

La troisième partie des Contes et Nouvelles en vers paraît le même mois. Le 12 mars paraissent les Fables nouvelles et autres poésies de M. de La Fontaine avec quatre élégies et huit fables originales qui paraîtront dans le second recueil, à savoir : Le Lion (XI, i) ; Le Loup et le Renard (XI, vi ou XII, ix) ; Le Coche et la Mouche (VII, viii) ; Le Trésor et les deux Hommes (IX, xvi), Le Rat et l’Huître (VIII, ix) ; Le Singe et le Chat (IX, xviii), Du Gland et de la Citrouille (IX, iv) ; Le Milan et le Rossignol (IX, xviii) ; L’Huître et les Plaideurs (IX, ix). En 1672, entre le 17 février et le 9 mars, deux fables séparées sont publiées. Le Curé et le Mort – le 9 mars, Madame de Sévigné l’envoie à sa fille – qui apparaîtra dans le deuxième recueil (VII, x) sans lieu, date ni nom d’auteur et Le Soleil et les Grenouilles, imitation de la fable latine signée D.L.F. qui ne sera pas recueillie (cf. La Fontaine, Fables, GF-Flammarion, pp.407-408).

Le 3 avril, La Fontaine perd son emploi chez la duchesse douairière d’Orléans qui meurt. Madame de La Sablière, séparée de son mari et de ses trois enfants, le recueille au début de 1673 puis le loge pendant plus de vingt ans. Elle disait :

« J’ai congédié tout mon monde ; je n’ai gardé que mon chien, mon chat et mon La Fontaine. »

C’est dans son salon qu’il rencontre ou retrouve Tallemant des Réaux, Barillon ; Charles Perrault, les mathématiciens Roberval et Sauveur, le médecin Menjot et surtout François Bernier (1620-1688). Il a pu expliquer à La Fontaine la philosophie de son maître Gassendi, pour qui les animaux ont une âme matérielle semblable à celle de l’homme dont l’opération principale est l’imagination ou fantaisie. L’homme a en plus, selon cet épicurisme chrétien, une âme immatérielle. Il a pu lui raconter l’anecdote d’un moine qui vit un hibou sortant d’un tronc creux. S’approchant, il constata que l’arbre avait deux trous, celui du haut par lequel est sorti le hibou et l’un en bas qui est bouché. Il creusa ce dernier et découvrit dans l’arbre

« soixante et dix, ou quatre-vingts souris toutes vives, et des épis de blé pour remplir deux ou trois chapeaux, mais que toutes ces souris avaient les cuisses rompues. Ces souris devaient apparemment être la provision du hibou qui leur aurait rompu les cuisses de peur qu’elles ne s’enfuissent et qui leur aurait apporté des épis de lé pour les nourrir quelques temps, cependant qu’il les mangeait l’une après l’autre. » Abrégé de la philosophie de Gassendi, Paris, Fayard, « Corpus des œuvres de philosophie en langue française », 1992, 7 volumes, VI, p.374.

L’influence de François Bernier est apparente dans le Discours à Madame de La Sablière (Fables, IX) et dans Les Souris et le chat-huant (Fables, XI, ix).

Toujours en 1673, il publie le Poème de la Captivité de Saint Malc. En 1674, il travaille grâce à Madame de Montespan, la maîtresse du roi, avec Lulli (1632-1687) pour le livret d’opéra Daphné sans succès. Fâché, il écrit contre le musicien de Louis xiv la satire acerbe du Florentin. Paraissent la même année des Nouveaux Contes, de M. de La Fontaine. Selon toute vraisemblance, c’est l’année de la composition de L’épître à Huet.

Le 5 avril 1675, le lieutenant de police La Reynie (1625-1709) ordonne l’interdiction du volume.

Des difficultés financières accrues amènent La Fontaine à vendre sa maison natale de Château-Thierry le 2 janvier 1676. Cette année-là meurt François Chauveau, illustrateur des Fables.

Le 29 juillet 1677, La Fontaine prend un privilège pour une nouvelle édition des Fables choisies mises en vers. Le 3 mai 1678 paraissent les deux premiers volumes de la nouvelle édition, à savoir nos actuels livres I à VI qu’on nomme le premier recueil, ultérieurement le 3ème volume, c’est-à-dire nos actuels livres VII et VIII alors numéroté I et II de la troisième partie. Dans le même temps, La Fontaine écrit divers poèmes, notamment pour célébrer la paix de Nimègue. Le 15 juin 1679 paraît le 4ème volume des Fables choisies mises en vers qui contient nos actuels livres IX à XI, alors numérotés III, IV et V, qui, avec les livres VII et VIII constituent ce qu’on nomme le second recueil. Les illustrations sont de François Chauveau et d’élèves de son atelier comme Nicolas Guérard.

Le 23 mars 1680, Foucquet meurt. Le 29 mai, Monsieur de Mondin adresse une lettre à Condé accompagné d’un dialogue de Platon (428-347 av. J.-C.) traduit par La Fontaine, mais on ne sait lequel. C’est cette année que Madame de La Sablière se tourne vers le Dieu catholique tout en continuant de loger La Fontaine.

Les Epîtres de Sénèque (1-65) traduites de Pinterel revue par La Fontaine paraissent le 1er août 1681. Le 24 janvier 1682, c’est le Poème du Quinquina et autres ouvrages en vers de M. de La Fontaine. Il cherche depuis un moment à entrer à l’Académie française. Le 6 mai 1683, c’est la première d’une pièce aujourd’hui disparue qui connaîtra seulement trois autres représentations (les 7, 9 et 11) à la Comédie française. La rédaction d’Achille commence mais restera inachevée.

Le 15 novembre, La Fontaine est élu à l’Académie française en remplacement de Colbert, l’ennemi de Foucquet, mort le 6 septembre, contre Boileau, le candidat du roi. Aussi, le 20 novembre, Louis xiv refuse-t-il d’entériner la proposition de l’Académie. Tout rentre dans l’ordre l’année suivante. En janvier 1684, le Mercure Galant (journal fondé en 1672, organe des Modernes) publie la Ballade adressée par La Fontaine au roi en faveur de son entrée à l’Académie française. Boileau est élu le 17 avril et le 24 l’élection définitive de La Fontaine est acquise. Le 2 mai, jour de la réception, il prononce son second Discours à Madame de La Sablière où on peut lire notamment les célèbres vers :

« Je m’avoue, il est vrai, s’il faut parler ainsi,

Papillon du Parnasse, et semblable aux abeilles

À qui le bon Platon compare nos merveilles :

Je suis chose légère, et vole à tout sujet ;

Je vais de fleur en fleur, et d’objet en objet ;

À beaucoup de plaisir je mêle un peu de gloire.

J’irais plus haut peut-être au temple de Mémoire,

Si dans un genre seul j’avais usé mes jours ;

Mais quoi ! je suis volage en vers comme en amours. »

À la réception de Boileau, le premier juillet, La Fontaine lit la fable Le Renard, le Loup et le Cheval.

Au début de 1685, La Fontaine se brouille avec Furetière. Le 22 janvier ce dernier est exclu de l’Académie française. En effet, peu satisfait du travail pour le dictionnaire de l’Académie française, Furetière a obtenu du roi qu’il puisse publier son propre dictionnaire, ce que le règlement de l’Académie interdit.

Le 28 juillet, paraissent les Ouvrages de prose et de poésie des Sieurs de Maucroix et de La Fontaine. Maucroix donne la traduction de trois dialogues de Platon, l’Euthyphron, l’Hippias majeur et l’Euthydème. Le premier volume est tout entier de La Fontaine, il contient : des vers anciens ; le remerciement à l’Académie ; le “second” Discours à Madame de La Sablière ; la Ballade au roi ; cinq nouveaux contes et onze fables qui apparaissent dans le dernier recueil, notre actuel livre XII.

1687 : c’est la querelle des Anciens et des Modernes déclenché par le poème, Le siècle de Louis le Grand, lu par Charles Perrault en séance à l’Académie. Boileau défend les Anciens, Perrault les Modernes. La Fontaine publie prudemment le 5 février l’Epître à Monseigneur l’Evêque de Soissons diteÉpître à Huet avec une lettre à Monsieur de Bonrepaux. On peut y lire notamment un certain penchant pour les Anciens :

« Térence est dans mes mains ; je m’instruis dans Horace ;

Homère et son rival sont mes dieux du Parnasse …

Je chéris l’Arioste et j’estime le Tasse ;

Plein de Machiavel, entêté de Boccace,

J’en parle si souvent qu’on en est étourdi ;

J’en lis qui sont du Nord, et qui sont du Midi.

Non qu’il me faille un choix dans leurs plus beaux ouvrages :

Quand notre siècle aurait ses savants et ses sages,

En trouverais-je un seul approchant de Platon ?

La Grèce en fourmillait dans son moindre canton. »

Madame de La Sablière se retire aux Incurables en 1688 où elle accueille encore La Fontaine. À l’occasion du mariage du Prince de Conti et de Marie-Thérèse de Bourbon, il dédie au Prince la fable du Milan, le Roi et le Chasseur (XII, xii). Le suédois Ulrich lui demande d’être le chaperon de sa jeune et jolie femme mais il devient son amant. Elle sera sa compagne des derniers jours et publia après sa mort un dernier conte, les Quiproquo.

En décembre 1690, il publie dans Le Mercure galant la fable, Les compagnons d’Ulysse (Fables, XII, i). En février 1691 paraît dans le même journal Les deux Chèvres (XII, iv) et en mars Du Thésauriseur et du Singe (Fables, XII, iii). Le 28 novembre 1691, Astrée, tragédie lyrique dont le livret est de La Fontaine et la musique de Colasse, le gendre de Lulli, échoue. C’est en 1692 qu’est pris le privilège pour l’édition du dernier recueil des Fables.

Sa protectrice, Madame de La Sablière, meurt le 6 janvier 1693. Il trouve alors refuge auprès d’Anne d’Hervart et de sa femme.

En décembre 1692, Le Mercure galant publie, anonyme, une fable, La Liguedes Rats, non reprise en recueil.

Le 12 février 1693, La Fontaine, prêché et confessé par l’abbé Pouget, vicaire de Saint-Roch, reçoit l’extrême onction. Devant une délégation de l’Académie française il répudie publiquement ses Contes. Il commence une paraphrase du Dies irae. Le 1er juin, paraît le Recueil de vers choisis par le père Bonhours et on y trouve Le Juge arbitre, l’Hospitalier le Solitaire (Fables, XII, xxix). Le premier septembre, le dernier recueil des Fables paraît avec deux contes déjà publiées en 1682, à savoir la Matrone d’Ephèse et Belphégor.

Moins de deux ans après, le 13 avril 1695, La Fontaine meurt. Boileau, dans une lettre à Maucroix du 29 avril, évoque les haires, les cilices et les disciplines dont La Fontaine aurait usé. Quoique le caractère de La Fontaine ne lui ait pas paru aux mortifications, la grâce de Dieu peut rendre compte de cette métamorphose. Quant à l’abbé d’Olivert, il prétendit avoir vu le cilice (chemise de crin portée sur la peau pour meurtrir la chair en pénitence) retrouvé sur le cadavre de La Fontaine.

 

 

 

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